Fonds Boomer’s Legacy: pour aider les soldats à aider les autres

Le caporal-chef Cam Smithers remet une tuque Boomer's legacy (Photo:Boomer's Legacy)

Le caporal-chef Cam Smithers remet une tuque Boomer’s legacy (Photo:Boomer’s Legacy)

S’ils ne combattent plus, les membres des Forces canadiennes aident désormais les forces de sécurités afghanes à s’autogérer. Ils trouvent également le temps pour s’occuper d’une autre cause, loin des combats, loin de leur rôle de militaires. C’est ainsi que le fonds Boomer’s Legacy existe. 

Andrew Eykelenboom, surnommé «Boomer», souhaitait devenir un combattant du feu. Mais à 18 ans, il était trop jeune pour rentrer dans une école spécialisée. Il a alors décidé de rejoindre l’armée en tant que secouriste, un métier qui s’apparentait à son premier choix.

«Je lui ai demandé de changer d’avis», se souvient sa mère, Maureen Eykelenboom. Mais son fils, décidé à suivre l’entraînement, est envoyé en février 2006 à Kandahar en Afghanistan avec la 1ère Ambulance de campagne d’Edmonton (Alberta).

Pendant les six mois passés au front, Boomer relate à sa mère ses expériences.

Étant un infirmier militaire, il est en contact constant avec la population afghane. «Mettre un sourire sur le visage d’un enfant était la chose la plus importante pour lui», se rappelle Maureen.

Boomer lui fait aussi part des horreurs de la guerre et des moments difficiles, comme lorsqu’il a dû rapiécer le corps d’un ami avant de le mettre dans un sac mortuaire.

En juillet de la même année, il confie à sa mère avoir eu de la chance: «Je ne devrais pas être en train de te téléphoner ce soir…».

Le 11 août 2006, le caporal Eykelenboom a terminé son service et se prépare à rentrer au Canada. Il décide toutefois de se porter volontaire pour une dernière mission. Le véhicule blindé G Wagon qui le transportait est attaqué par un kamikaze, près de Spin Boldak, non loin de la frontière pakistanaise. Des trois occupants, il est le seul tué.

Sa mère décide de mettre en place une association qui lèvera des fonds en sa mémoire, puis enverra l’argent là où les soldats jugent qu’il est le plus nécessaire.

Ce fonds tient son originalité au fait qu’il est accessible directement sur le terrain aux soldats qui auront des idées de projets utiles, projets qui risqueraient de passer entre les mailles du filet s’ils étaient confiés à des organismes plus importants. L’argent peut servir à acheter des chaussures pour des enfants, une génératrice ou une pompe à eau, mais le point commun à tous les projets soutenus est qu’ils émanent de soldats en contact avec la population locale et qui veulent lui venir en aide directement.

Le major Bernard Couillard, médecin-chef de la roto 2 de l’Opération Attention explique avoir plusieurs projets en ce moment.

«Là on a un projet qu’on essaie de faire approuver par Ottawa, pour une garderie, explique le médecin-chef. On a 30 000 $ pour des chirurgies cardiaques pédiatriques qui se font en ville par des chirurgiens français  On paye la location d’une école pour des enfants défavorisés. C’est pas notre fonction habituelle, mais le fonds est là pour aider et on le fait avec plaisir.»