La Russie tend la main à l’opposition syrienne…qui la repousse!

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La Russie tend la main à l'opposition syrienne...qui la repousse!
La Russie tend la main à l’opposition syrienne…qui la repousse! Moaz El-Khatib, le chef de la Coalition de l’opposition syrienne (Photo: Politaïa)

Trop peu, trop tard! Invité par le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov à des pourparlers dans la capitale russe, Moaz El-Khatib, le chef de la Coalition de l’opposition syrienne, que Moscou refusait jusqu’à tout récemment de reconnaître, refuse d’aller à Moscou et veut plutôt des excuses de la Russie.

El-Khatib a déclaré le vendredi 28 décembre qu’il refusait l’invitation de Moscou à participer à des négociations pour trouver une sortie de crise en Syrie, réclamant plutôt des excuses de la Russie, grand allié, pour ne pas dire commanditaire, du régime de Bashar Al-Assad.

Le chef de la coalition a toutefois précisé qu’il pourrait réexaminer sa position si la Russie publiait un communiqué clair demandant le départ du président Bashar al-Assad et que les négociations se déroulaient dans un pays arabe neutre.

« Nous avons dit clairement que nous n’irions pas à Moscou, il est possible que nous participions à des réunions, mais exclusivement dans un pays arabe et s’il y a un ordre du jour clair « , a-t-il déclaré à la chaîne quatari d’information continue Al-Jazeera, ajoutant « Et nous voulons maintenant des excuses du (ministre russe des Affaires étrangères) Sergueï Lavrov qui dit tout le temps que les peuples doivent choisir leur avenir sans ingérence étrangère, (or), la Russie s’ingère et fait comme si tous les massacres dont le peuple syrien a été victime n’étaient qu’une ballade de santé. »

Le chef de la Coalition de l’opposition syrienne a posé comme condition préalable à toute négociation que la Russie publie un communiqué condamnant clairement la sauvagerie du régime syrien et exigeant la démission du président Assad. « Le peuple syrien et nous, ses représentants, nous ne voulons pas (de Bashar Al-Assad), pas un seul jour (de plus), a dit El-Khatib, accusant le régime de chercher à gagner du temps « ce qui est inacceptable. », a-t-il conclu.

Tout au long de la guerre civile de 21 mois en Syrie, où on estime que plus de 45 000 personnes ont perdu la vie, la Russie s’est opposée à une intervention internationale et a appelé à un réglement négocié de la crise. La Russie avait toujours, jusqu’à maintenant, bloqué les tentatives du Conseil de sécurité de l’ONU d’intensifier la pression sur Assad.

Sous la direction de bashar Al-Assad et, auparavant, de son père, Hafez, la Syrie a été un client important de l’industrie russe de l’armement ainsi qu’ un allié de longue date de la Russie, hébergeant la seule base navale russe en dehors de l’ex-Union soviétique.

Mais la Russie semble avoir pris lentement ses distances d’Assad. Poutine a déclaré la semaine dernière que la Russie « ne se préoccupe pas tant du sort du régime Assad» et «sans aucun doute, il y a un appel à des changements. ».

Finalement, la Russie a pressé le vendredi 28 décembre le président syrien Al-Assad de dialoguer avec l’opposition, après avoir envoyé une invitation à Moaz El-Khatib. Elle tend maintenant la main à l’opposition syrienne …qui la repousse.

Lakhdar Brahimi, l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, après des entretiens en Syrie avec Bashar Al-Assad et avec l’opposition syrienne, est quant à lui attendu à Moscou ce samedi 29 décembre. Le médiateur international a appelé à la formation, en Syrie, d’un gouvernement de transition avec les pleins pouvoirs, mais ne s’est pas prononcé sur le sort de de Bashar Al-Assad, alors que des informations circulent depuis quelques semaines déjà sur un éventuel accord russo-américain prévoyant le maintien d’Al-Assad jusqu’au terme de son mandat en 2014, mais sans pouvoirs et sans possibilité de se représenter.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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