La situation en Syrie se dégrade rapidement

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Des canons de l’armée syrienne en action (Photo: mil.cankaoxiaoxi.com)

La situation en Syrie se détériore rapidement. L’ONU retire son personnel en raison des violences, les vols commerciaux vers Damas sont annulés et on craint que le régime de Bashar al-Assad, désespéré, fasse usage de ses armes chimiques ou que celles-ci tombent aux mains de terroristes.

En outre, au même moment, sur un autre front, le secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies accuse la Syrie de violer l’accord de cessez-le-feu à la frontière du Golan.

L’ONU retire son personnel de Syrie

Alors que les combats entre les rebelles et les forces gouvernementales faisaient rage près de la capitale syrienne, l’ONU a annoncé ce lundi 3 décembre qu’elle retirait son personnel en raison de la détérioration des conditions de sécurité.

Les combats au cours des dernières semaines dans et autour de Damas sont les plus violents depuis juillet, quand les rebelles avaient capturé plusieurs quartiers de la capitale avant qu’une contre-offensive gouvernementale ne les en déloge. La récente flambée de violence, elle, fait surtout rage dans les banlieues pauvres de la périphérie de Damas, mais pourrait toucher le centre si les forces gouvernementales n’arrivent plus à repousser les forces rebelles. « La situation sécuritaire est devenu extrêmement difficile, y compris à Damas », a déclaré Radhouane Nouicer, coordinateur humanitaire régional de l’ONU pour la Syrie.

Nouicer a indiqué que l’ONU retirait la plupart de son personnel international en raison de problèmes de sécurité en Syrie, ajoutant que jusqu’à un quart du personnel international de 100 employés travaillant pour plusieurs agences de l’ONU pourrait quitter la Syrie d’ici le week-end. En outre, le personnel restant de l’ONU ne se déplacera plus hors de la capitale.

Vols commerciaux vers Damas suspendus

Dans un autre signe de détérioration de la sécurité, un jet commercial égyptien a interrompu un voyage à Damas en plein vol à cause de la violence près de l’aéroport. Un vol EgyptAir du Caire a été redirigé vers une autre destination environ 30 minutes après le décollage parce que les fonctionnaires égyptiens ont appris de leurs homologues à Damas que la zone près de l’aéroport n’était pas sûre, ont afirmé les autorités aéroportuaires égyptiennes.

EgyptAir a de plus annulé tous ses vols vers la Syrie pour lundi et mardi et décidera plus tard s’il ya lieu de reprendre les vols plus tard dans la semaine, rapporte l’Associated Press, citant des rsponsables égyptiens parlant sous le couvert de l’anonymat.

EgyptAir venait tout juste de reprendre ses vols suite à une suspension de trois jours en raison des violences près de l’aéroport.

Emirates Airlines a annoncé pour sa part sur son site Internet que tous les vols à destination de la Syrie sont suspendus « jusqu’à nouvel ordre ».

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme a déclaré que les affrontements faisaient rage à moins de trois kilomètres de l’aéroport, situé à environ 25 kilomètres au sud du centre-ville.

Les armes chimiques inquiètent les USA et leurs alliés

Les services de renseignement américains et alliés ont repéré ces derniers jours des déplacements syriens de composants d’armes chimiques, alors que l’administration Obama a prévenu le régime de Bachar al-Assad encore une fois qu’il ne tolérerait pas l’utilisation d’armes chimiques contre les rebelles syriens.

La secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton, à Prague pour des réunions avec des responsables de l’administration tchèque, a rappelé pour sa part la déclaration du président Barack Obama à l’effet que l’utilisation syrienne d’armes chimiques était une «ligne rouge» et que, si cette ligne était franchie, cela entraînerait une intervention de la part des États-Unis.

En réponse à cet avertissement, le ministère des Affaires étrangères du pays a déclaré ne pas vouloir faire usage d’armes chimiques contre sa propre population, «quelles que soient les circonstances, car [la Syrie]est en train de défendre son peuple».

Mais la Syrie est soupçonnée d’avoir plusieurs centaines de missiles balistiques sol-sol capables de transporter des ogives chimiques ainsi que plusieurs tonnes de matériel entreposées. La Maison Blanche et ses alliés soupèsent donc maintenant les options militaires pour sécuriser les armes chimiques et biologiques de la Syrie. Des rapports des services de renseignement des États-Unis montrent que le régime syrien pourrait être assez désespéré pour les utiliser.

Les responsables israéliens ont quant à eux plusieurs fois exprimé leur crainte que des armes chimiques syriennes tombent aux mains du Hezbollah ou d’autres groupes anti-Israël, ou même soit tirées vers Israël dans un acte de désespoir de la Syrie.

La Syrie a environ 75 sites où des armes sont stockées, mais les responsables américains ne sont pas sûrs d’avoir repéré tous les endroits, et craignent aussi que des stocks d’armes aient peut-être déjà été déplacé. « En Syrie, ils ont tout, de l’ypérite, du gaz neurotoxique sarin, et une variante de l’agent neurotoxique VX», selon les propos de James Quinlivan, un analyste Rand Corp spécialisé dans l’élimination des armes de destruction massive, que rapportait une agence de presse américaine aujourd’hui.

Le secrétaire général de l’ONU accuse la Syrie d’avoir violé l’Accord du Golan

Par ailleurs, le Secrétaire général Ban Ki-moon accuse le gouvernement syrien de graves violations de la convention de 1974 qui a séparé les forces israéliennes et syriennes dans le Golan et instauré un cessez-le-feu entre Israël et la Syrie mettant fin à la guerre de 1967 lors de laquelle Israël a conquis le Golan que les Syriens veulent depuis lors récupérer.

Ban Ki-moon a exhorté la Syrie à cesser de déployer des troupes et du matériel militaire dans la zone frontalière qui sépare la Syrie d’Israël. Dans un rapport au Conseil de sécurité de l’ONU, publié ce lundi 3 décembre, Ban Ki-moon affirme que les récents incidents sur la ligne de cessez-le-feu font grimper la tension dans les relations israélo-syriennes, et risquent de dégénérer, mettant ainsi en péril l’accord et la stabilité de la région.

Le rapport recommande une prolongation de six mois, jusqu’en juin 2013, de la force de maintien de la paix de 1 036 hommes des Nations Unies sur le plateau du Golan, mais, au même moment, l’Organisation des  Nations-Unies doit retirer son personnel de Syrie en raison des violences près de Damas.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. Article très intéressant mais malheureusement bourré de fautes et d’erreurs de ponctuation qui entravent à la lecture.