L’armée égyptienne rétablit l’ordre après les manifestations violentes de clans rivaux

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Une manifestation, l'an dernier, des Frères musulmans en Égypte (Photo: Al Jazzera)
Une manifestation, l’an dernier, des Frères musulmans en Égypte (Photo: Al Jazzera)

Mise à jour 06/12/12 à 12h20

Malgré l’interdiction, une manifestation anti-Morsi arrive près du palais présidentiel. Quant à Mohamed Morsi , il devrait bientôt s’exprimer.

D’autres démissions secouent le gouvernement du président Mohamed Morsi ce jeudi 6 décembre, alors que le bilan des affrontements entre manifestants pro et anti-Morsi aux abords du palais présidentiel s’établit maintenant à au moins 6 morts et 450 blessés.

Le directeur de la radiodiffusion d’État a démissionné jeudi, ainsi que Rafik Habib, un chrétien qui était le vice-président du Parti de la justice et de la liberté des Frères musulmans et un partisan de la tolérance et du pluralisme. Leurs départs a suivi l’annonce de la démission de Zaghloul El-Balshi, le nouveau secrétaire général de la commission qui supervise un projet de référendum constitutionnel.

Il a donc eu, jusqu’à maintenant, 8 démissions importantes en signe de protestation ces derniers jours.

Mise à jour 06/12/12 à 10h32

Un calme relatif règne depuis l’intervention de l’armée et  on n’assisterait plus qu’à des échanges d’injures.

Les supporteurs du chef de l’État ont commencé à évacuer les lieux avant même l’ultimatum de la Garde républicaine, fixé à 15h00, heure du Caire, mais quelques dizaines d’opposants sont restés sur place.

Pour sa part, Mohamed Badie, le Guide suprême des Frères musulmans, a appelé à l’union, estimant que les divisions  » ne servent que les ennemis de la nation. »

Mise à jour 06/12/12 à 10h26

Le journal égyptien Al-Youm Al-Sabee fait état d’affrontements violents entre les forces de sécurité égyptiennes et les manifestants, non loin de la maison familiale Morsi dans la ville de Zagazig.. Selon les rapports, la Garde présidentielle a commencé à évacuer la famille Morsi de leur résidence.

L’armée égyptienne a déployé des chars et donné, tant aux opposants qu’aux supporters du président égyptien Mohamed Morsi deux partisans, une heure limite pour quitter la zone du palais présidentiel à la suite des combats de rue acharnés dans la nuit de mercredi à jeudi. Ces combats ont fait cinq morts et plus de 600 blessés dans ce qui s’avère la pire éruption de violence entre les deux parties depuis l’élection en Égypte du leader islamiste.

L’intensité de la violence pendant la nuit, alors que les supporters islamistes du président Morsi et les manifestants laïques se lançaient des cocktails Molotov et des pierres, a marqué un tournant dans la crise déclenchée il y deux semaines par la volonté du président de s’arroger des pouvoirs quasi-absolus et l’adoption précipitée d’un projet de constitution.

L’opposition avait appelé à une autre manifestation devant le palais plus tard ce jeudi 6 décembre, rendant probables de nouvelles effusions de sang puisqu’aucun des deux camps ne semblait vouloir céder.

Mais la Garde républicaine de l’armée, une unité d’élite chargée de protéger le président et ses palais, a donné manifestants des deux côtés jusqu’à 15 heures cet après-midi, heure du Caire ( 20h heure de Montréal) pour se disperser. Le communiqué annonçant cet ultimatum a aussi annoncé l’interdiction de manifester dorénavant àux abords de tous les bâtiments présidentiels du pays.

Six chars et deux véhicules blindés appartenant à la Garde républicaine, une unité d’élite chargée de protéger le président et ses palais, étaient stationnés jeudi matin au carefour des routes menant au palais dans le quartier huppé d’Héliopolis au Caire. Commandant de la garde, le major général Mohammed Zaki, a cherché à rassurer Egyptiens sur l’impartialité des soldats: « Ils ne vont pas être un outil pour écraser les manifestants et aucune force ne sera utilisée contre les Egyptiens », a-t-il déclaré.

La violence s’est déclenché quand la Fraternité des Frères musulams a demandé à ses membres de se diriger vers le palais présidentiel pour «défendre la légitimité» et protéger le président Morsi, issu lui-même des Frèrs musulmans, contre ce que les islamistes ont appelé « les tentatives de l’opposition pour imposer sa volonté par la force ». Des milliers de manifestants pro-Morsi sont alors descendus dans la rue pour chasser les quelques 300 manifestants de l’opposition, qui faisaient un sit-in devant la porte principale du palais. Les deux camps se sont alors affrontés à coup de bâton, se lançant des pierres et des bombes incendiaires.

Le ministère égyptien de la Santé a déclaré que cinq personnes ont été tuées et 644 blessées par les coups, les blessures par balle et par l’inhalation de gaz lacrymogène.

Morsi, quant à lui, semblait déterminé à aller de l’avant avec son projet de référendum constitutionnel le 15 décembre. L’opposition, pour sa part, refuse le dialogue tant que Morsi n’annule pas les décrets lui donnant des pouvoirs presque illimités et ne renonce pas à son projet de constitution.

La violence de mercredi s’était répandu dans d’autres parties du pays. Des manifestants anti-Morsi ont pris d’assaut et incendié les bureaux de la Frères musulmans à Suez et Ismaïlia, à l’est du Caire, et des affrontements ont éclaté dans la ville industrielle de Mahalla et la province de Menoufiyah, dans le delta du Nil, au nord de la capitale.

Des manifestations rivales ont eu lieu également aux abords du siège de la fraternité des Frères musulmans dans la banlieue du Caire et des responsables de la sécurité ont déclaré qi’un des dirigeants des Frères musulmans, Sobhi Saleh a été hospitalisé à Alexandrie après avoir été sévèrement battu par les manifestants pro-Morsi. Saleh, ancien député, a joué un rôle clé dans la rédaction de la Constitution contestée.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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