Le général américain Carter Ham contre une intervention militaire au Mali

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Touaregs et islamistes au Mali (Photo: Lareleve.ma)

Le commandant des Forces américaines en Afrique, le général d’armée Carter Ham, a mis en garde lundi contre toute action militaire prématurée militaire au Mali, même si, comme il l’a souligné lui-même, les extrémistes liés à Al-Qaïda liés renforcé leur emprise sur la partie nord du pays.

Le commandant du United States Africa Command a déclaré que toute intervention militaire lancée maintenant serait vouée à l’échec et empirerait la situation déjà fragile.

«La négociation est la meilleure façon, a dit Ham lors d’une allocution au Homeland Security Policy Institute de l’Université George Washington. L’intervention militaire peut être une composante nécessaire. Mais si l’on veut une intervention militaire, elle doit être couronnée de succès, elle ne peut être faite prématurément.»

L’Union africaine presse quant à elle l’ONU d’intervenir militairement pour reconquérir le nord du Mali, et Carter Ham a admis que l’intervention militaire peut être nécessaire mais a rappelé que, si le renseignement, l’appui logistique, le financement et la formation des troupes peuvent être fournis par les États-Unis, le combat devra quant à lui être mené par les pays africains et qu’il n’est pas question d’envoyer des troupes américaines sur le terrain.

L’Union africaine et les Nations Unies sont d’ailleurs en train de discuter en ce moment des moyens financiers, militaires et logistiques nécessaires pour reprendre le contrôle du Nord malien, aux mains de groupes extrémistes depuis le mois d’avril dernier.

L’allocution du général américain portait sur la coopération entre al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), dont les opérations sont basées au Mali, et la secte islamiste radical Boko Haram, qui est basée au Nigeria. Le coopération croissante entre les groupes terroristes, a dit le général, constitue la plus grande menace pour la région.

Le général Ham a aussi noté que les mercenaires libyens qui ont quitté le pays après l’éviction de Kadhafi ont envoyé des armes lourdes au Mali. Avec cela, dit-il, il n’est pas surprenant de voir des camps d’entraînement de rebelles se mettre en place et les extrémistes augmenter leurs efforts de recrutement.

Boko Haram, pour sa part, a fait savoir que les groupes extrémistes veulent étendre leurs activités dans toute la région et en Europe. Selon l’agence américaine Associated Press, ce groupe serait responsable de plus de 760 meurtres cette année. Le nom du groupe signifie «l’éducation occidentale est un sacrilège» en langue haoussa du nord du Nigeria, et il plaide pour la mise en œuvre stricte de la charia dans tout le pays.

On peut trouver la transcription de l’intervention du général, qui avait lieu à l’Université George Washington, sur le site du US Africa Command.

Pendant que les puissances occidentales discutent, les groupes liés à al-Quaïda se font de plus en plus présents dans les médias, comme en fait foi cette vidéo:


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Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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