Le dossier du F-35 repart à zéro

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L'étude sur les coûts d'achat et d'entretien des F-35 ne devait pas être rendu e publique avant le 7 février 2013 (Photo: Lockheed Martin)
L’étude sur les coûts d’achat et d’entretien des F-35 ne devait pas être rendue publique avant le 7 février 2013 (Photo: Lockheed Martin)

C’est confirmé: le dossier des F-35 repart à zéro et toutes les options sont sur la table. L’achat de 65 avions de chasse furtifs F-35 de Lockheed Martin n’est plus qu’une des options envisagées. Par contre, l’achat d’autres appareils sera dorénavant envisagé.

KPMG estime à 45 milliards de dollars les coûts d’achat et d’entretien des F-35 pendant un cycle de vie de 42 ans.

Cette somme est supérieure aux 25 milliards estimés par Le vérificateur général Michael Ferguson avait parlé quant à lui de 25  milliards sur une période de 30 ans et le ministre de la Défense Peter MacKay de 16 milliards de dollars sur une période de 20 ans lors de l’annonce par le gouvernement Harper de son intention d’acquérir 65 chasseurs F-35.

Suite à la publication du rapport de la firme KPMG sur les coûts liés à l’achat et à l’entretien des F-35, Ottawa a annoncé une série de mesures:

  • Avant de prendre une décision sur le type d’appareils qu’il faut acheter, le gouvernement analysera de nouveau en profondeur les besoins de l’Aviation canadienne, les menaces actuelles et à long terme qui pèsent sur le Canada et la nature des missions à l’étranger qui seront confiées aux pilotes de l’Aviation royale canadienne.
  • Pendant que se déroulera ce processus d’examen, le ministère de la Défense évaluera la flotte actuelle de CF-18 afin de déterminer les coûts liés à leur mise à niveau et prolonger leur durée de vie utile au-delà de 2020.

Le général Bouchard se retire

Par ailleurs, le général d’aviation à la retraite Charles Bouchard a informé le gouvernement ce mercredi 12 décembre qu’il était trop occupé pour siéger sur le comité d’évaluation qui étudiera les alternatives au F-35 de Lockheed Martin pour remplacer nos CF-18 vieillissants.

Le lieutenant-général Charles « Charlie » Bouchard est un général à la retraite de l’Aviation royale du Canada. Il a notamment servi en tant que commandant dans la 1re Division aérienne du Canada et commandant adjoint du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord. Le 25 mars 2011, Charles Bouchard avait été nommé commandant de l’intervention militaire de l’OTAN en Libye et, en novembre 2011, il a reçu la Croix du service méritoire des mains du gouverneur général du Canada pour avoir dirigé les opérations de l’OTAN en Libye.

Après que le général Bouchard a tiré sa révérence, le gouvernement conservateur a dû revoir la composition du comité dont la mission sera de s’assurer que le Canada procède à une révision du processus d’acquisition des avions de chasse, les membres du comité mettant en jeu dans l’exercice leur réputation et de leur crédibilité.

Les membres du comité, finalement, seront: James Mitchell du Cercle Sussex consulting group, un ancien haut fonctionnaire qui a servi le gouvernement et le Conseil du Trésor; l’ancien chef de la sécurité des télécommunications Keith Coulter, un ancien pilote de chasse; l’ancien contrôleur général fédéral Rod Monette, qui a également servi en tant que haut fonctionnaire de la Défense nationale; et le professeur d’Ottawa Philippe Lagassé, un expert en matière de défense mais aussi un critique virulent de l’achat du F-35.

Bien connu des médias, qui font souvent appel à son expertise pour mieux comprendre des enjeux complexes, Philippe Lagassé est professeur adjoint d’affaires publiques et internationales à l’Université d’Ottawa. Ses recherches portent sur la politique de défense canadienne.Il travaille occasionnellement à titre d’analyste des questions d’acquisitions et de défense nationale pour le gouvernement, le secteur privé et les partis politiques. Il complète présentement une étude portant sur la défense nationale et les rapports exécutifs-législatifs au Canada.

Interrogé sur sa participation au comité, le professeur Lagassé a tenu à préciser à 45enord.ca que, s’il avait toujours été très critique à l’endroit du processus d’achat du F-35,  il n’avait par contre jamais critiqué l’appareil lui-même d’un point de vue technique.

Les membres du comité ne se sont pas encore vus et une première rencontre devrait avoir lieu très bientôt.

Le processus d’approvisionnement devrait donc recommencer à partir de zéro et les fonctionnaires devront maintenant recueillir des informations auprès des fabricants d’avion autres que Locheed, y compris, aux États-Unis, Boeing, le fabricant du Super Hornet et, en Europe, le consortium derrière l’Eurofighter Typhoon. Ils peuvent également communiquer avec Saab en Suède, fabricant du Gripen, et Dassault, en France, le fabricant du Rafale.

Et c’est aujourd’hui, ce mercredi 12 décembre, que le gouvernement doit publier des nouvelles estimations de coût de la Défense nationale pour l’achat de 65 F-35 combattants, et un de rapport d’examen indépendant indépendant de KPMG sur le prix du F-35.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. IL faut êtres imbécile et stupides de toujours payer des études et analyse pour sois accepter ou contredire des achats qui sont essentielles au Canada nous savons tous que les expertises ont un fond de partisanerie. Prenons le Rafale de Dassauts il a fait ses preuves et nous aurions le transfert de technologie. ou bien le F15 silent et en tous derniers le F18 tous ces avions ont deux moteurs et de l'Armements de pointes. et le prix de tous cela a un prix qui serait transparents et non virtuel comme le F35.