Le rapport d’enquête sur l’accident en 2010 d’un CF-18 de démonstration est publié

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Un point saillant du spectacle donné à Ville de la Baie (Québec) : le vol effectué au crépuscule, alors que les effets complets des tuyères de postcombustion sont parfaitement visibles, à la grande joie des spectateurs... et des photographes (Photo: Section d’imagerie de la 3e Escadre)
Un point saillant du spectacle donné à Ville de la Baie (Québec) : le vol effectué au crépuscule, alors que les effets complets des tuyères de postcombustion sont parfaitement visibles, à la grande joie des spectateurs… et des photographes (Photo: Section d’imagerie de la 3e Escadre)

La Défense nationale a publié le rapport d’enquête sur l’accident en 2010 d’un CF-18 de démonstration lors du spectacle aérien international de l’Alberta, à Lethbridge.

Le pilote du CF-18 de démonstration s'éjecte (Photo: ARC)
Le pilote du CF-18 de démonstration s’éjecte (Photo: ARC)

Durant les répétitions d’un spectacle aérien, à l’aéroport du comté de Lethbridge, le Hornet de démonstration avait subi une perte de poussée du moteur droit, alors qu’il effectuait un passage à angle d’attaque élevé, à 300 pieds (environ 91 mètres) au dessus du sol. Le pilote, le capitaine Brian Bews du 425e Escadron, 3e Escadre Bagotville (Québec), a réussi alors à s’éjecter de l’avion. Toutefois, il s’est blessé à la suite d’un atterrissage dur sous une voilure complètement ouverte. L’avion quant à lui s’est écrasé au sol dans un piqué prononcé et a été complètement détruit.

L’enquête, dit le rapport, a révélé un certain nombre de facteurs qui ont contribué à l’accident, dont, notamment, le coincement d’un piston de suralimentation situé dans le régulateur de carburant principal du moteur droit, ce qui a empêché le moteur d’aller au-delà du régime de ralenti de vol lorsque le pilote a appliqué la pleine postcombustion. L’important déséquilibre de poussée entre les moteurs droit et gauche, précise le rapport d’enquête, a causé une perte de maîtrise alors que le pilote ne disposait pas d’une altitude suffisante pour redresser l’appareil. Le pilote n’avait pas décelé la panne lorsqu’il a tenté une remise des gaz.

L’enquête a aussi permis de dégager plusieurs recommandations touchant les mesures préventives, dont la plupart ont maintenant déjà été mises en œuvre. L’Aviation royale canadienne (ARC) a rapidement mis en œuvre un programme visant à améliorer les régulateurs de carburant principaux de tous les CF18. L’ARC a aussi modifié certains enchaînements de manœuvres exécutés dans le cadre des spectacles aériens des CF-18 en augmentant notamment de 300 à 500 pieds (de 91 à 152 mètres) l’altitude AGL (above ground level, au dessus de la surface) des passages à angle d’attaque élevé, et elle a également amélioré le programme d’instruction des spectacles aériens et s’est assurée que tous les moteurs des CF-18 qui participent à un spectacle aérien sont dotés de régulateurs carburant principaux améliorés.

Pour terminer, le directeur de la sécurité des vols, le colonel Choinière, souligne à la fin du rapport que « l’origine d’un accident est attribuable à de nombreux facteurs réunis et, bien qu’il ne soit pas possible de déterminer tous ces facteurs, les systèmes tactiques et opérationnels ont su s,adapter aux besoins en matière de changement et, en conséquence, nos opérations sont maintenant beaucoup plus sécuritaires. »

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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