Le Sud-Soudan dénonce des attaques soudanaises qui auraient fait 5 morts

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Près de la moitié du pétrole du Soudan est pompée à Heglig, une petite ville du Kordofan du Sud où se trouvent des champs pétrolifères et qui est contestée par les états riverains, le Soudan et le Soudan du Sud (Photo: ONU)
Près de la moitié du pétrole du Soudan est pompée à Heglig, une petite ville du Kordofan du Sud où se trouvent des champs pétrolifères et qui est contestée par les états riverains, le Soudan et le Soudan du Sud (Photo: ONU)

Le Sud-Soudan affirme que le Soudan a lancé des attaques à l’intérieur du territoire Sud-Soudanais, tuant au moins cinq personnes, rapporte l’AP, citant le porte-parole militaire sud-soudanais, le colonel Philip Aguer, qui a déclaré le jeudi 27 décembre que ces attaques ont eu lieu le jour de Noël, tuant trois femmes et deux enfants.

Aguer a déclaré que des avions de fabrication russe Antonov ont bombardé le village de Werguet, dans le nord de l’État de Bahr el Ghazal, tandis que les forces terrestres, de concert avec des « miliciens » ont attaqué Adem Kiir à proximité. Le colonel a précisé que ces régions font partie du Sud-Soudan.

Le Soudan du Sud est devenu indépendant en juillet 2011, en vertu d’un accord de paix ayant mis fin à une longue guerre civile (1983-2005, deux millions de morts), mais toutes les questions territoriales irrésolues empoisonnent les relations entre les deux pays, que des combats le printemps derniers avaient amenés au bord de la guerre.

Les zones touchées cette fois, aux dires du porte-parole sud-soudanais, sont situées près de la rivière Kiir, la limite sud d’une bande de 22 km de territoire revendiquée par les deux pays. Le Soudan et le Sud-Soudan était pourtant parvenu à un accord sur le pétrole et la sécurité des frontières en août dernier qui prévoyait qui la démilitarisation de ce territoire jusqu’à ce que son statut final puisse être déterminé mais les différends entre les deux pays ont empêché la mise en vigueur des accords signés en septembre.

Le conflit entre le Soudan musulman et le Sud-Soudan chrétien ne date pas d’aujourd’hui.

En 1972, le Sud-Soudan obtient un statut d’autonomie à l’issue d’une première guerre qui aurait fait environ cinq cent mille morts en dix-sept ans.

En 1983, le Sud-Soudan se révolte à nouveau suite à la suppression du statut d’autonomie. En fait, l’enjeu est dans les importants gisements de pétrole qui viennent d’être découverts. Cette seconde guerre va causer près de 2 millions de morts.
En 1989, une junte militaire dirigée par le général Omar el-Béchir s’empare du pouvoir à Khartoum et mène une guerre sans merci au Sud-Soudan: la Commission d’enquête de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur les violations des droits de l’homme perpétrées au Soudan parlent de crimes contre l’humanité.

En mai 2007, la Cour pénale internationale a lancé deux mandats d’arrêts internationaux contre 2 soudanais, accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité :
Ahmed Haroun l’ancien responsable soudanais de la sécurité au Darfour, et actuel secrétaire d’État aux affaires humanitaires et Ali Kosheib,l’un des principaux chefs des milices janjawids.

Le 14 juillet 2008, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno Ocampo, demande aux juges de la CPI d’émettre un mandat pour crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre au Darfour

En 2011, les Sud-Soudanais se prononcent en faveur de la sécession de la région à l’issue d’un référendum se tenant entre le 9 et le 15 janvier 2011. L’indépendance est formellement déclarée le 9 juillet 2011, mais, comme on vient de le voir, l’histoire ne s’arrête pas là.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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