Les combats font rage dans la périphérie de Damas et le reste de la Syrie

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En novembre dernier, une bombe explosait dans une quartier de la capitale syrienne, tuant 5 perosnnes et en blessant 30 (Photo: OSDH)
En novembre dernier, une bombe explosait dans un quartier de la capitale syrienne, tuant 5 perosnnes et en blessant 30 (Photo: OSDH)

 L’aviation syrienne poursuit ses raids sur la périphérie de la capitale, tandis que des affrontements opposent soldats et rebelles dans la banlieue même de Damas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) et que des combats font rage dans le reste du pays.

Le bilan des victimes pour le lundi 10 décembre s’établit à 65 personnes, dont 26 soldats, 15 civils (dont 4 enfants), 13 personnes non-identifiées, et 11 rebelles, toujours selon un bilan provisoire de l’OSDH publié lundi.

Bilan des morts depuis le début du conflit en mars 2011: 42 000!

Au sud-ouest de la capitale, «un chasseur-bombardier a mené un raid sur Daraya, où des combats opposaient rebelles et soldats au sol, tandis que l’artillerie bombardait Mouadamiya al-Cham», a aussi affirmé l’OSDH, qui s’appuie pour suivre les combats sur un réseau d’informateurs, militants et médecins civils et militaires présents sur le terrain.

Les appareils de l’armée de l’air survolaient la Ghouta orientale, des zones de vergers où les rebelles ont établi leurs bases arrière autour de la capitale. La périphérie de Damas se trouve donc désormais au coeur des combats alors que le régime cherchant à reconquérir un rayon de huit kilomètres autour de la capitale.

Il y a aussi des combats dans la province d’Idlib (nord-ouest), où 22 soldats ont été tués ces derniers jours, notamment au sud de Maaret al-Noomane, une ville stratégique située sur la route entre Damas et Alep. Au cours de ces affrontements, les rebelles ont fait prisonniers 20 soldats et ont mis la main sur six batteries anti-aériennes, de même source.

On assiste également à des combats et à des bombardements dans les provinces d’Alep (nord), de Homs (centre) et de Deir Ezzor (est), également survolées par l’aviation gouvernmentale.

Détails sur la prise de Cheikh Souleimane par les islamistes

Ce sont principalement les jihadistes du groupe Djabhat al Nousra qui se sont emparés le dimanche 9 décembre de la base Cheikh Souleimane, près d’Alep, dernière base de l’armée dans cette région, renforçant ainsi leur emprise sur le Nord syrien, au détriment des rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL). Selon des sources concordantes, une seule brigade de l’ASL aurait participé à l’aussaut

Les rebelles islamistes qui ont pris cette base de l’armée gouvernementale syrienne sont exclus du commandement unifié dont les groupes d’insurgés syriens s’étaient justement dotés le vendredi 7 décembre dans le but, non seulement de renforcer leur capacité d’action contre le régime de Bachar el-Assad, mais aussi de marginaliser l’influence des djihadistes comme le groupe Djabhat al-Nousra.

Ce groupe islamiste radical proche d’al-Qaida et qui refuse catégoriquement de passer sous un contrôle autre que djihadiste, a percé de façon fulgurante en Syrie, se déployant sur la quasi-totalité des fronts.
Un journaliste de l’AFP qui a assisté à une partie de l’assaut, affirme même que plusieurs des combattants islamistes qui ont participent aux combats viendrait de pays arabes ou du Caucase.

On voit ici le Djabhat al-Nousra s’emparer lors de cette bataille d’un tank du 111th regiment de l’Armée gouvernementale syrienne:

Pendant ce temps, la communauté internationale s’inquiète d’une possible utilisation d’armes chimiques par le régime de Bashar al-Assad ou, pire, que ces armes chimiques ne tombent aux mains d’extrémistes.

La secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton devait s’envoler quant à elle le 11 décembre pour Marrakech, au Maroc pour participer à une réunion des Amis du peuple syrien. Cette dernière réunion est l’occasion de consulter les gouvernements aux vues similaires de la région et d’ailleurs le monde sur la meilleure façon de continuer à soutenir l’opposition syrienne et sur les efforts pour mettre fin à l’effusion de sang. Elle devait aussi profiter de sa visite au Maroc, pour s’entretenir également avec le Roi Mohammed VI, ainsi que des hauts responsables du gouvernement marocain, pour discuter de questions bilatérales et régionales.

En raison d’un «virus gastrique», elle a annulé son voyage et c’est le secrétaire d’État adjoint William Burns qui se rendra au Maroc pour la réunion des «Amis du peuple syrien».

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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