Les Forces canadiennes craignent de ne pouvoir maintenir leurs capacités de renseignement

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Comité sénatorial de la sécurité nationale et de la défense a reçu le lieutenant-général Peter Devlin, commandant de l'Armée canadienne (Photo: ParlVU)
Comité sénatorial de la sécurité nationale et de la défense a reçu le lieutenant-général Peter Devlin, commandant de l’Armée canadienne (Photo: ParlVU)

Les Forces armées canadiennes ont beaucoup de difficulté, en cette période de restrictions budgétaires, à garder intactes ses capacités de récoltes de renseignements et de contre-espionnage acquises en temps de guerre, rapporte la Presse canadienne, citant des documents de la Défense nationale.

La mission militaire en Afghanistan terminée, et le budget de la Défense réduit de 22%, on craint une «dégradation» de la qualité de ces services.

Au cours d’une audience devant le comité sénatorial sur la sécurité et la défense, le commandant en chef de l’Armée canadienne, le lieutenant-général Peter Devlin, a déclaré vouloir acquérir des outils comme des hélicoptères et des drones et mener des recherches sur les engins explosifs improvisés.

Il n’a pas mentionné jusqu’à quel point cela impliquait du renseignement sophistiqué, mais les documents indiquent que c’est une préoccupation grandissante.

Une note de synthèse de la Défense,datée du 8 avril, remise au lieutenant-général Devlin, datée du 8 avril, souligne que l’expérience opérationnelle récente des Forces a renforcé la conviction des responsables militaires que les forces terrestres dépendaient de plus en plus d’un réseau de renseignements sophistiqués se basant sur toutes les sources possibles.

La note de synthèse à l’intention du commandant des orces terrestres souligne aussi que d’autres armées du monde avaient appris de leur expérience dans les Balkans, en Irlande du Nord, au Kosovo, en Irak et en Afghanistan et ont pu ainsi développer leur habiletés de renseignement.

L’importance du renseignement militaire

La Direction générale du renseignement militaire a pour mission de fournir des informations pertinentes et correctes pour permettre aux commandants des forces canadiennes de prendre des décisions.
La Direction travaille au pays et à l’étranger, répondant aux besoins des commandants et planificateurs opérationnels des Forces canadiennes à tous les niveaux et dans tous les environnements, que ce soit sur des missions à l’étranger ou au Canada comme les tempêtes de verglas au Québec, les inondations à Winnipeg ou en Montérégie, et les incendies en Colombie-Britannique.

Déjà, il y plusieurs années, alors directeur du Centre d’études sur les conflit de l’unicersité du Nouveau-Brunswick et qui devint plus tard président de la Canadian Association for Security and Intelligence Studies, soulignait dans un article paru dans le journal « Les Forces » l’importance et les exigences du renseignement militaire.

« Les exigences en renseignement stratégique pour la planification et la prise de décisions aux niveaux national et international visent surtout à donner une connaissance de la situation d’ensemble : origines du conflit, questions en jeu, contextes socioculturels et économiques (démographie, ethnicité, religion), identification des acteurs (factions et forces), état actuel du conflit et tendances de la situation. Cette information orientera les objectifs stratégiques de la mission de maintien de la paix et es objectifs de mission de la force elle-même. », écrivait-il.

« Au niveau opérationnel, (sur le théâtre des opérations ou au quartier général de la force), le commandant du contingent et l’état-major auront besoin d’une connaissance de la situation et devront disposer de renseignements opérationnels. Deux catégories d’information sont importantes à ce niveau : premièrement, l’information opérationnelle courante (les ordres de combat des belligérants, un aperçu général de leurs intentions et de leurs capacités, leurs déploiements, leurs alliés et autres sources d’appui internes et étrangères); deuxièmement, l’information d’appui opérationnel pour faciliter le déploiement sur le terrain et y soutenir les opérations. », ajoutait David Charters.

Le renseignement doit donc accorder une grande importance aux sources humains mais exige aussi des ressources matérielles, de conclure le professeur, donnant pour exemple des détecteurs (acoustiques ou sismiques), des radars terrestres, des systèmes d’observation nocturne, des appareils photo et des caméras vidéo, des systèmes spatiaux ou aériens d’imagerie seraient des plus pour l’appui géomatique (cartographie et photos numériques), rappelant, par la même occasion que les Forces ne font pas que mener des guerre et ont aussi des missions de recherche d’armes, de poursuite des contrebandiers, de surveillance et supervision, de capture de criminels de guerre, etc.

La guerre au coupes budgétaires du général Devlin

Le commandant de l’Armée canadienne, le lieutenant-général Peter Devlin, dans son témoignage le lundi 3 décembre devant le coomité de la défense, avait en outre affirmé que l’on ne pouvait plus couper au niveau administratif dans son secteur.

Peter Devlin avait alors précisé que si d’autres coupures devaient être faites, elles l’obligeraient à entraîner des soldats selon des standards de qualité moins élevés que durant la guerre afghane. «Nous nous entraînons à un niveau inférieur à celui auparavant, quand nous nous entraînions pour des opérations de combat», a-t-il dit.

Au cours de son intervention, le lieutenant-général a rappelé que 22% du budget des forces armées canadiennes a déjà été retranché, et que lorsque l’on combine cette part avec le retrait de l’allocation pour la mission à Kandahar, le déficit budgétaire cumulatif est encore plus impressionnant.

Au plus fort de la guerre en Afghanistan, le ministère de la défense a attribué un maximum de 123 millions $ pour l’entrainement dont 79 millions $ uniquement pour l’Afghanistan. En 2011, alors que le Canada terminait sa mission de combat au profit d’une mission de formation, cette somme est passé à 57 millions $, et devrait s’élever à près de 46 millions $ en 2012.

Difficiles ajusements et arbitrages douloureux en vue!

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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