Les Russes pourraient lâcher le régime al-Assad qui vacille

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Le président syrien veut vivre et mourir dans son pays (Photo: capture CNN)

Les efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre civile en Syrie ont progressé le jeudi 6 décembre alors que la secrétaire d’État américaine, Hillary Rodham Clinton, se réunissait avec le ministre des Affaires étrangères de la Russie, Sergeï Lavrov, et l’émissaire des Nations Unies, Lakhmar Brahimi, pour des discussions qui laissent croire que Washington et Moscou pourraient enfin s’entendre sur une stratégie de sortie de crise au moment où le régime d’al-Assad est de plus en plus affaibli.

En Syrie, les forces gouvernementales ont bombardé le 6 décembre les banlieues rebelles autour de Damas et ont affrontés les rebelles dans la capitale elle-même et à Alep, la plus grande ville de la Syrie. Robert Ford, l’ambassadeur américain à Damas jusqu’à son rappel plus tôt cette année, a souligné que la fermeture de l’aéroport principal de Syrie et la capture par les rebelles de sites statégiques dans la périphérie de Damas sont des signes de la fin du régime.

Washington et Moscou n’étaient pas parvenus jusqu’à maintenant à s’entendre sur une stratégie internationale pour la Syrie. Les États-Unis reprochaient à la Russie de protéger son allié arabe et les Russes accusaient les États-Unis d’ingérence parce que les Américains demandaient le départ d’Assad et recherchaient, selon les Russes, une solution militaire, comme l’année dernière contre le régime de Mouammar Kadhafi en Libye.

Les anciens ennemis du temps de la Guerre froide se sont querellés âprement sur la façon de régler le conflit, mais Hillary Clinton a souligné avant la réunion qu’ils avaient dorénavant un objectif commun. «Nous avons fait beaucoup d’efforts pour travailler avec la Russie pour tenter d’arrêter l’effusion de sang en Syrie et démarrer une transition politique pour un futur post-Assad en Syrie,  » a-t-elle déclaré.  « Les évènements sur le terrain en Syrie s’accélèrent (…) et la pression contre le régime dans et autour de Damas augmente. »

Avec la possibilité bien réelle de la chute du régime syrien, les responsables américains espèrent que la Russie sera prête à cesser de soutenir al-Assad. Avec la réunion de ces trois importantes personnalités internationales, un compromis semble maintenant possible. Une agence de presse américaine, citant un haut responsable américain s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, rapporte que la réunion a porté sur la façon de faciliter la transition politique en Syrie. Clinton et Lavrov ont appuyé les efforts de Brahimi et les trois participants à la réunion ont convenu de se rencontrer de nouveau la semaine prochaine pour discuter des prochaines étapes.

La peur des armes chimiques

On ignore si Assad pourrait utiliser des armes chimiques contre les rebelles en Syrie ou dans les pays limitrophes, mais l’inquiétude croissante suscitée par un tel scénario rend encore plus urgente une solution au conflit.

L’emploi d’armes chimiques par le régime syrien est tout aussi inacceptable pour Moscou que pour Washington.

A Washington, le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a dit que des rapports des services de renseignement font craindre que le président syrien Bachar al-Assad, désespéré, envisage d’utiliser son arsenal d’armes chimiques. « Je pense qu’il ne fait aucun doute que nous restons très inquiets, très inquiets», a déclaré Panetta, «qu’avec les progrès de l’opposition, en particulier à Damas, le régime pourrait très bien envisager l’utilisation d’armes chimiques. »

Le monde commence à se préparer à toute éventualité

Par ailleurs, le jeudi 6 décembre, l’OTAN a mis à exécution son plan d’installer des missiles Patriot et des troupes le long de la frontière séparant la Syrie et la Turquie pour protéger cette dernière contre d’éventuelles attaques.

Pendant ce temps, au Congrès américain, certains sénateurs ont même suggéré une action militaire contre Assad. Le sénateur John McCain a déclaré les États-Unis devraient « être prêts à faire tout ce qui est nécessaire pour empêcher l’utilisation d’armes chimiques, y compris la possibilité d’une intervention militaire. »

Au Canada

Au Canada, le gouvernement Harper appelle la Chine et la Russie à faire pression sur le gouvernement syrien pour éviter que celui-ci recoure à des armes chimiques pour contrer l’avancée des rebelles.  Le Canada ne ferme pas non plus la porte à une participation de sa part à une éventuelle action militaire internationale en Syrie.

Selon le chef libéral Bob Rae, le Canada doit être prêt à intervenir en Syrie, à condition qu’il y ait un consensus international sur la question.«Il faut que le gouvernement soit prêt à agir mais au côté de beaucoup d’autres», a-t-il déclaré.

Le Nouveau Parti démocratique estime pour sa part que le Canada doit déployer tous ses efforts pour prévenir le recours aux armes chimiques en Syrie et souhaite que l’Organisation des Nations unies (ONU) se mobilise pour pour éviter que ce conflit interne ne se transforme en action militaire internationale.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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