Mali: les rebelles Touaregs et Ansar Dine tentent d’éviter une intervention militaire

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Le coup d'état militaire du printemps dernier au Mali aura déstabilisé la région nord toute entière (Photo: archives, 45nord.ca)
Le coup d’état militaire du printemps dernier au Mali aura déstabilisé la région nord toute entière (Photo: archives, 45nord.ca)

Les rebelles Touaregs disent avoir renoncé pour l’instant à l’indépendance du nord du Mali, alors que l’un des groupes extrémistes islamistes dans la région, Ansar Dine, a promis pour sa par de renoncer à la violence, à l’extrémisme et au terrorisme, selon un communiqué publié par ces groupes ce mardi 4 décembre.

Les concessions, faites par le NMLA Touareg et Ansar Dine lors de pourparlers avec le gouvernement du Mali, semblent avoir pour but d’éviter une intervention militaire soutenu par l’Occident, mais il est difficile de savoir si toutes les factions rebelles dans le nord Mali, Touaregs et islamistes, les respecteront.

Lors de la conquête du nord du pays au dépens du gouvernement malien, le Mouvement séparatiste national pour la libération de l’Azawad, ou NMLA,  avait d’abord eu le dessus et ses membres avaient alors  planté leur drapeau sur les édifices du gouvernement, annonçant la création d’un nouveau pays touareg. Mais, en juin, quelques mois après la prise du nord, le NMLA a été chassé par trois groupes islamistes liés à Al-Qaïda qui contrôlent maintenant cette région, y compris Ansar Dine, ou «Défenseurs de la Foi. »

Al-Qaida au Magheb Isalmique, l’AQMI, très présent au Mali, n’était même pas à la table de négociations, pas plus que le Mouvement pour l’Unité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (le MUJAO). Ces deux groupes, MUJAO et AQMI, sont maintenant plus puissants qu’Ansar Dine ou que NMLA et des négociations sans eux n’ont pas le même impact.

La réunion, organisée et tenue au Burkina Faso, a réussi à mettre en place un cadre pour les négociations futures. Le communiqué publié par la suite n’a pas précisé si le gouvernement du Mali a fait des promesses ou des concessions de son côté.

La crise au Mali a suscité des appels à une intervention menée par l’Afrique de l’Ouest avec le soutien de pays comme la France et les États-Unis, mais sans troupes occidentales déployées sur le terrain. L’Union africaine a approuvé un plan militaire qui prévoit le déploiement de 3 300 soldats africains pour reconquérir le nord du Mali.

L’Organisation des Nations Unies fait maintenant un examen approfondi du plan de l’Union africaine, mais, dans un rapport au début du mois, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon a déclaré qu’avant qu’une action militaire ne soit lancée, l’accent doit être mis sur le dialogue politique et la réponse aux griefs des Touaregs. «Le besoin urgent de progrès sur le plan politique ne peut pas être surestimée», a déclaré Ban Ki-moon.

Par ailleurs, le commandant des Forces américaines en Afrique, le général d’armée Carter Ham, a mis en garde le lundi 3 décembre contre toute action militaire prématurée au Mali, même si, comme il l’a souligné lui-même, les extrémistes liés à Al-Qaïda ont renforcé leur emprise sur la partie nord du pays. Le commandant du United States Africa Command a été jusqu’à dire que toute intervention militaire lancée maintenant serait vouée à l’échec et empirerait la situation déjà fragile.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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