Morsi inflexible, l’Égypte dans l’impasse, la tension monte

0
Le président égyptien Mohamed Morsi (Photo: Forcalgeria, WikiCommons)
Le président égyptien Mohamed Morsi (Photo: Forcalgeria, WikiCommons)

Mise à jour 12/12/07 à 20h

Alors que se poursuivent les manifestations aux abords du palais présidentiel et à la Place Tahrir, au centre du Caire, la présidence égyptienne a fait savoir, rapporte l’AFP, citant le vice-président Mahmoud Mekki, qu’elle pourrait reporter le référendum sur le projet de Constitution qui divise profondément les Égyptiens à condition que l’opposition ne se serve pas de ce report, contestable au vu du calendrier légal, pour saisir la justice.

Quant à l’abrogation du décret du 22 novembre par lequel le président Morsi s’arrogeait des pouvoirs exorbitants aux yeux de l’opposition, pas de nouvelles, alors que l’opposition avait fait de cette abrogation une condition à la reprise du dialogue.

Malgré la tourmente dans laquelle est plongée son pays et les démissions de pluisurs proches collaborateurs, le président égyptien, Mohamed Morsi, a finalement annoncé dans une allocution télévisée ce jeudi 6 décembre qu’il n’abandonnait pas le projet de Constitution adopté par ses alliés islamistes et qu’il n’annulerait pas non plus les décrets qui lui accordent des pouvoirs quasi absolus.

L’influente institution égyptienne d’Al-Azhar avait pourtant demandé jeudi au président Mohamed Morsi de suspendre les pouvoirs exceptionnels qu’il s’est accordés. M. Morsi « doit suspendre le dernier décret et cesser de l’utiliser », avait déclaré l’institution théologique dans un communiqué, en référence à la décision du chef de l’Etat à l’origine de la grave crise politique et des affrontements meurtriers dan le pays.

Même Mohamed Badie, le Guide suprême des Frères musulmans, avait appelé à l’union, estimant que les divisions « ne servent que les ennemis de la nation.  »

Le bilan des affrontements aux abords du palais présidentiel est maintenant de six morts et près de 700 blessés. Dans son discours, le président Morsi, outré, a assimilé certains manifestants de l’opposition à des vestiges de l’ancien régime et a juré qu’il ne permettrait pas qu’on tente ainsi de renverser son gouvernement «légitime».

Des milliers de manifestants anti-Morsi s’étaient assemblés près du palais présidentiel. Ils ont brandi leurs chaussures en signe et commencé à scandé le slogan du Printemps arabe, « le peuple veut renverser le régime».

Mohamed Morsi, tout en invitant l’opposition au dialogue, n’offert aucune concesion pour apaisr la crise. pour sa part, affirmant que le référendum sur le projet de Constitution aurait bel et bien lieu comme prévu le 15 décembre, malgré les demandes de l’opposition, qui réclame son abandon, et il a également refusé d’abroger les décrets du 22 novembre qui le placent au-dessus de la loi et du système judiciaire

Rafik Habib, le seul membre copte du comité de 17 conseillers de Morsi a démissionné jeudi pour protester contre sa gestion de la crise, ajoutant sa démision à celles de plusieurs autres collaorateurs du présidenent; l’opposition a déjà déclaré qu’elle ne participerait à aucun dialogue avec le président tant qu’il n’annulera pas les décrets qui lui accordent des pouvoirs presque sans limites et n’abandonnera pas le projet de Constitution, et des milliers de manifestants anti-Morsi s’étaient assemblés près du palais présidentiel. Ils ont brandi leurs chaussures en signe et commencé à scandé le slogan du Printemps arabe, « le peuple veut renverser le régime».

Sur sa page Facebook,un important mouvement pro-démocratie égyptien, le mouvement « 6 avril », a rejeté l’appel du président Mohammed Morsi au dialogue, le jeudi et a dit qu’il prendrait part à une manifestation contre le chef de l’Etat.Ce mouvement, avait joué un rôle de premier plan dans le déclenchement de la révolte contre Hosni Moubarak. Il a dit que la manifestion de vendredi serait le «carton rouge» pour Morsi.

Le Parti de la Liberté et de la Justice, branche politique des Frères musulmans, a déclaré que le siège des Frères musulmans dans le district de Mukattam avait été attaqué dans «une agression terroriste » par des voyous. En outre, l’agence de nouvelles d’État a indiqué que le bureau utilisé par le parti dans la banlieue du Caire de Maadi a été incendié, tandis qu’un autre bureau a été cambriolé à proximité du centre-ville.

L’armée pour sa part a sécurisé les abords du palais présidentiel du Caire jeudi, mais des milliers de manifestants sont maintenant de retour malgré l’interdiction.Les violences qui font rage depuis mercredi sont les plus graves depuis l’élection de Mohamed Morsi, en juin. La situation avait semblé ce calmer après l’intervention de l’armée jeudi matin mais la situation est redevenue tendue et l’intensité de l’affrontement devant le palais présidentiel fait craindre une aggravation de la crise.

À lire aussi:

L’armée égyptienne rétablit l’ordre après les manifestations violentes de clans rivaux >>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.