Nouvelle étude de l’ICAD sur les coût du F-35: un exercice de prospective difficile

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Un F-35A effectue une sortie de nuit (Photo: Lockheed Martin)
Un F-35A effectue une sortie de nuit (Photo: Lockheed Martin)

L’Institut de la Conférence des associations de défense, a publié le 12 décembre une étude …sur les études sur le coût des F-35. Dans l’étude comparative des différents coûts du programme du chasseur, l’Institut analyse les chiffres présentés par le ministère de la Défense nationale, le directeur parlementaire du budget, le vérificateur général, et, plus récemment, le rapport de KPMG.

L’Institut de la Conférence des associations de la défense, l’ICAD, est un organisme non partisan qui a pour mandat d’offrir un soutien de recherche à la Conférence des associations de la défense (CAD) et de promouvoir un débat public éclairé sur les enjeux de sécurité et de défense nationales.

Dans l’étude de l’ICAD, sont abordés cinq questions clés:

– Le gouvernement s’est-il engagé à acquérir le F-35?
– La Défense nationale avait-elle fait une analyse juste des divers choix d’avions de combat?
– Le gouvernement connaissait-il de façon certaine le coût d’acquisition du F-35?
– Quel est le cycle de vie de l’avion?
– Quels sont les coûts d’opération et de soutien?

Cette étude l »ICAD, qui aborde la question controversée du coût total par rapport au cycle de vie, semble dire que toutes les méthodes de calcul avaient leur mérite. Le ministère de la Défense a suivi la pratique établie de longue date d’estimer les coûts sur un cycle de vie de 20 ans. Par contre, lors de l’examen des acquisitions, le Directeur parlementaire du budget a utilisé pour sa part un cycle de vie de 30 ans et le vérificateur général, quant à lui, un cycle de vie de…36 ans. Et voilà maintenant qu’avec KPMG, on parle d’un cycle de vie de 42 ans.

Vingt ans, 30 ans, 36 ans, 42 ans, et il semble que tout le monde ait raison!

La Défense nationale s’est toujours, dans l’achat d’appareils de ce type, basée sans problème sur cycle de vie de 20 ans. L’étude souligne aussi que, plus on se projette sur une période longue, moins les estimations de coûts peuvent être fiables, une myriade de facteurs difficilement prévisibles entrant en ligne de compte. Par exemple, quel sera le prix du carburant dans 20 ans, 30 ans, 40 ans?

Mais le Directeur parlementaire du budget, le vérificateur général et KPMG, auraient eux aussi raison. Les cycles de vie plus longs qui sont à la base de leur estimations refléteraient mieux l’espérance-vie de l’appareil. Après tout, nos vieux CF-18 auront volé plus de 40 ans quand ils prendront enfin leur retraite.

Donc, finalement, la question qui tue: « Ça vit combien de temps ces bêtes là? »

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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