Sans traitement pour lui au Québec, le vétéran Pascal Lacoste songe à déménager

Pascal Lacoste se bat encore pour avoir les soins qu'il réclame.

Pascal Lacoste se bat encore pour avoir les soins qu’il réclame.

Le vétéran Pascal Lacoste, intoxiqué par de l’uranium appauvri, poursuit son combat pour obtenir un traitement au Québec. Sans aide du ministère des Anciens combattants et incapable d’obtenir ce traitement dans sa province, il doit, pour être traité, se rendre à ses frais en Nouvelle-Écosse où il songe même à déménager.

Ce vétéran avait commencé, le 5 novembre 2011, une grève de la faim devant le bureau du ministre des Anciens Combattants Steven Blaney, sur la rive-sud de Québec, pour que le ministère accepte de reconnaître et de traiter les militaires intoxiqués par de l’uranium appauvri. Il continue, depuis, de se battre pour obtenir un traitement chez lui, au Québec.

Incapable d’obtenir ce traitement au Québec et sans aide du ministère des Anciens combattants, Pascal Lacoste a dû se résoudre à se rendre en Nouvelle-Écosse à ses frais pour être traité et il en est rendu à se demander s’il ne devrait pas déménager là où il peut être traité.

45eNord.ca s’est entretenu avec lui le 29 décembre pour faire le point sur sa situation.

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C’est à un Pascal Lacoste qui semble reprendre des forces que 45eNord.ca a parlé le 29 décembre en soirée. «Lorsque j’ai eu ma première injection au magnésium, et que le lendemain je me suis réveillé, je me sentais reposé et (je) ne m’étais pas senti comme ça depuis longtemps», a déclaré Pascal Lacoste.

M. Lacoste, qui essayait d’avoir des soins auprès du ministère des Anciens combattants, est revenu à la fin du mois de novembre dernier de la Nouvelle-Écosse où son médecin, la Dr. Irwin, lui avait trouvé une place pour obtenir des traitements.

Son principal problème depuis qu’il est revenu au Québec, c’est que son plan de traitement requiert une injection au magnésium toutes les deux semaines. Le CLSC au Québec où il devait se rendre pour recevoir cette intraveineuse l’a appelé le matin de son premier rendez-vous et lui a annoncé qu’il n’était pas possible pour eux de l’aider.

Se tournant sur un dix cents, le vétéran s’est donc rendu à l’hôpital. Il n’était pas question pour lui de manquer cette injection. «Je me suis présenté dans une clinique au CHUL pour l’avoir et ils m’ont refusé, a-t-il dit. Ils m’ont dit d’aller me faire soigner sur la base militaire de Valcartier. J’ai eu beau leur expliquer que je n’étais pas militaire et que je n’avais pas accès à l’hôpital sur la base militaire. On m’a dit qu’on ne pouvait rien pour moi», précise le vétéran qui n’est maintenant plus considéré comme un militaire puisqu’il a quitté les Forces canadiennes.

L’intraveineuse maison

Pourtant, le magnésium n’est pas un produit controversé. On fait parfois des intraveineuses à des femmes enceintes ou dans d’autres cas particuliers. Pascal Lacoste se fait donc ses intraveineuses à la maison avec le matériel qu’il a pu trouvé grâce à ses contacts. Par contre, aux dires du vétéran, de se faire soit même ses intraveineuses est dangereux, il peut y avoir des complications à tout moment alors qu’il ne se trouve pas dans un CLSC ou un hôpital, mais chez lui. Il trouve déplorable qu’on laisse les anciens militaires intoxiqués à l’uranium sans aide. Il ne veut pas des millions, simplement les soins pour se sentir mieux, précise-t-il.

La jurisprudence

Le cas de Pascal Lacoste pourrait créer un précédent. Si Pascal Lacoste est reconnu pour avoir été intoxiqué à l’uranium, c’est que le Canada l’a utilisé dans certains conflits. Cela donnerait des munitions aux militaires qui se battent depuis longtemps pour que leur soins soit reconnus et cela pourrait sans doute coûter plusieurs millions au ministère. Les fonctionnaires d’Anciens Combattants Canada disent que les soins sont offerts en province, mais la réalité en toute autre.

Pascal Lacoste a consulté des listes et des listes de professionnels. La seule qui a véritablement voulu l’aider, c’est le Dr. Irwin et c’est elle qui a trouvé la clinique en Nouvelle-Écosse.

Pascal Lacoste souligne s’être fait dire lors de sa recherche d’un traitement que les soins sont disponibles au Québec, mais, lorsqu’il demande où ces soins sont disponibles, plus personne ne peut lui répondre.

La RAMQ

La RAMQ a un programme d’accord interprovincial. Cet accord permet à un citoyen québécois d’aller dans certaines provinces et de recourir aux services de santé de la province qu’il visite. Après le rendez-vous, la clinique facturera directement la RAMQ. Il n’y donc rien à débourser. Ainsi, Pascal Lacoste a pu obtenir le paiement de ses soins par la RAMQ.

Mais les dépenses pour le déplacement, la nourriture et l’hébergement ne sont pas couverts, alors que, si ce traitement avait été reconnu par le Ministère des Anciens combattants, tout aurait été payé.

Des questions encore en suspens

Qu’en est-il de la commission d’enquête que le ministre Blaney avait promise le 8 novembre 2011?

La Charte des droits des vétérans, adoptée en avril 2007, et qui exige que le ministère des Anciens Combattants accorde aux vétérans le bénéfice du doute lors de leurs demandes pour obtenir des avantages ou de l’aide, devrait-elle s’appliquer dans ce cas?

Pascal Lacoste, lui, en est arrivé à se dire «Je suis en train d’y penser là, mais je vais peut-être devoir déménager en Nouvelle-Écosse, là où je pourrai avoir mes soins.»

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3 réponses à Sans traitement pour lui au Québec, le vétéran Pascal Lacoste songe à déménager

  1. Louis Dufour 1 janvier 2013 at 03:56

    En ce qui me concerne la réponse que Pascal Lacoste a obtenue est inapcetable de la part du CHUL. Le système de santé est de compétence provincial. Alors que le CHUL le renvoie vers la base militaire pour obtenir des soins. Ca revient a refusé leur responsabilité et l’envoyer mourir ailleurs. Il semble que les vétérans on pas le droit au services de santé provincial au Québec.

    Répondre

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