Syrie: le régime al-Assad déplace des composants d’armes chimiques

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Tirs d’armes en Syrie (Photo: 45eNord.ca)

Les services de renseignement américains et alliés ont repéré ces derniers jours des déplacements syriens de composants d’armes chimiques, alors que l’administration Obama a prévenu le régime de Bachar al-Assad encore une fois qu’il ne tolérerait pas l’utilisation d’armes chimiques contre les rebelles syriens.

Un responsable de la Défense américaine a dit sous le couvert de l’anonymat à l’Associated Press que les services de renseignement ont détecté une activité autour d’un des sites d’armes chimiques de la Syrie la semaine dernière.

La secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton, à Prague pour des réunions avec des responsables de l’administration tchèque, a rappelé pour sa part la déclaration du président Barack Obama à l’effet que l’utilisation syrienne d’armes chimiques était une «ligne rouge» et que, si cette ligne était franchie, cela entraînerait une intervention de la part des États-Unis.

«Nous avons exprimé notre point de vue très clairement: Il s’agit d’une ligne rouge pour les États-Unis», a déclaré Mme Clinton. «Je ne vais pas télégraphier dans les détails ce que nous ferions en cas de preuve crédible que le régime d’Assad a eu recours à des armes chimiques contre son propre peuple. Mais il suffit de dire, nous avons certainement l’intention de prendre des mesures si cette éventualité devait se produire.»
Elle n’a pas parlé directement du mouvement autour du dépôt d’armes chimiques, mais a insisté sur le fait que Washington était prêt à face à toute menace.

Le responsable de la Défense des États-Unis qui s’est confié à l’agence de presse a dit ne pas croire malgré tout que l’utilisation par le régime syrien d’armes chimiques soit imminente.

La Syrie est soupçonnée d’avoir plusieurs centaines de missiles balistiques sol-sol capables de transporter des ogives chimiques. Son arsenal est une menace particulière pour les alliés américains, la Turquie et Israël, et Obama a dit plus tôt cette année que la menace posée par ces armes non conventionnelles pourrait amener l’Amérique à s’impliquer davantage dans la guerre civile en Syrie. Jusqu’à présent, les États-Unis se sont opposés à une intervention militaire ou à la fourniture d’armes aux rebelles, de peur de militariser encore un conflit qui a tué plus de 40 000 personnes depuis mars 2011.

Mme Clinton a ajouté que, bien que les actions du gouvernement du président Bachar al-Assad aient été déplorables, les armes chimiques les amènerait à un nouveau niveau. «Nous adressons une fois de plus un avertissement très fort au régime d’Assad que son comportement est répréhensible, ses actions contre son propre peuple a été tragique, a-t-elle dit. Mais il ne fait aucun doute qu’il y a une ligne de démarcation entre les horreurs qu’ils ont déjà infligées au peuple syrien et passer à ce qui serait une étape, l’utilisation d’armes chimiques, condamnée par toute la communauté internationale.»

En réponse à cet avertissement, le ministère des Affaires étrangères du pays a déclaré ne pas vouloir faire usage d’armes chimiques contre sa propre population, «quelles que soient les circonstances, car [la Syrie]est en train de défendre son peuple».

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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