Syrie: plus pour les réfugiés, mais Ottawa ne reconnaît toujours pas l’opposition

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Le ministre des Affaires étrangères John Baird assiste à une réunion des Amis du peuple syrien à Marrakech, au Maroc (Photo: ministère canadien des Affaires étrangères)
Le ministre des Affaires étrangères John Baird assiste à une réunion des Amis du peuple syrien à Marrakech, au Maroc (Photo: ministère canadien des Affaires étrangères)

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, qui assistait le 12 décembre à la réunion des « Amis de la Syrie » à Marrakech, au Maroc, a annoncé que le Canada accorderait plus d’aide aux pays de la région, notamment pour venir en aide aux réfugiés, mais refuse toujours, contrairement aux Américains, de reconnaître la Coalition syrienne de l’opposition comme seule représentante du peuple Syrien.

Le Canada fournira 5 millions de dollars en matériel à la Jordanie pour l’aider à faire face à l’afflux considérable de réfugiés en provenance de la Syrie. Ce montant s’ajoute aux 6,5 millions engagés par le Canada l’été dernier pour venir en aide à la Jordanie.

Par l’entremise de l’ACDI, il s’engage aussi à fournir 10 millions de dollars de plus en aide humanitaire afin de répondre aux besoins des populations touchées par la crise en Syrie et aux personnes qui fuient vers les pays voisins. Cela porte à 22 millions le montant total de l’humanitaire pour la Syrie, souligne un communiqué du ministère canadien des Affaires étrangères.

John Baird s’est dit profondément préoccupé par une éventuelle perte de contrôle sur les stocks d’armes chimiques. « Nous entendons collaborer avec les États-Unis afin de fournir aux forces armées jordaniennes des équipements de protection individuelle d’une valeur de 1,5 million de dollars pour les protéger contre d’éventuels incidents impliquant des armes chimiques ou des substances biologiques venant de la Syrie. », a dit le ministre canadien.

Toutefois, le Canada n’a pas rejoint les États-Unis et l’Europe qui ont reconnu la nouvelle opposition au régime comme seuls représentants légitimes du peuple syrien pour succéder au régime du président al-Assad.

Bien qu’il ait souligné dans l’allocution qu’il a prononcé à Marrakech que le Canada se réjouissait des efforts pour unir l’opposition syrienne et que la formation de la Coalition des forces syriennes révolutionnaires et d’opposition était, à ses yeux, un pas important, le ministre Baird a souligné que « Le Canada est préoccupé par la montée de l’activité terroriste à l’intérieur de la Syrie et par les signes d’un accroissement du sectarisme, qu’attisent ceux qui s’emploient à semer la discorde plutôt qu’à promouvoir l’unité et qui favorisent l’exclusion au détriment de l’inclusion. »

Il a donc encouragé la Coalition à continuer de mobiliser tous les groupes minoritaires en Syrie « afin de créer un mouvement uni et crédible, capable d’instaurer la paix, la stabilité et la démocratie dans le pays » mais a clairement fait savoir aux représentants de la Coalition avec qui il s’est réuni à cette occasion qu’il faudra que l’opposition réponde à deux critères pour obtenir la reconnaissance officielle du Canada: que tous les groupes, comme les Kurdes, les chrétiens, et les musulmans sunnites et chiites aient leur place dans l’avenir de la Syrie, et que soient écartés les djihadistes radicaux au sein des rebelles.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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