Versions contradictoires sur le massacre des 150 civils Alaouïtes en Syrie

0
De 125 à 150, certains disent même 200 , civils alaouites massacrés en Syrie (Photo: OSDH)
De 125 à 150, certains disent même 200 , civils alaouites massacrés en Syrie (Photo: OSDH)

Selon l’OSDH, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme,trois versions contradictoires circulent sur la cause du massacre d’Aqrab, près d’Hama, en Syrie, qui a fait  mardi le 11 décembre de 125 à 150 blessés civils, presque tous Alaouïtes, l’ethnie dont est issue le président syrien Bashar al-Assad et sa famille.

Selon la première version, il y avait 10 hommes armés pro-régime retranchés dans des bâtiments résidentiels avec 150 civils qu’ils protégeaient (Alaouites aussi). Une délégation a été envoyée aux bâtiments, composés de 2 cheikhs et 1 officier à la retraite, afin de négocier le déplacement des civils alaouites hors du bâtiment. La délégation n’a pas été autorisé à quitter. Des affrontements ont alors éclatés entre des hommes armés du pro-Assad et des combattants rebelles de la ville voisine de Houla, et des explosions ont provoqué la mort des civils.Deux rebelles auraient aussi été tués, ainsi que la délégation de trois hommes et le chef de la milice pro-gouvernementale.

La deuxième version fait simplement état d’une série d’explosions près des bâtiments habités par des civils syriens alaouites, sans dire s’ils étaient expressément visés.

Le troisième version  quant à elle dit que les miliciens pro-Assad tenaient les civils alaouites prisonniers et que c’est en tentant de les libérer que les rebelles auraient provoqué des explosions qui ont tué les 125 à 150 civils alaouites présents dans les bâtiments.

Quoi qu’il en soit, l’Observatoire syrien des droits de l’homme demande instamment à l’ONU de former une commission d’enquête indépendante, pour examiner et comprendre ce qui s’est passé dans la ville d’Aqrab afin de traduire tous les responsables de ce crime devant la justice.

Djabhat al-Nousra, organisation terroriste

Pendant ce temps, le groupe djihadiste Djabhat al-Nousra, qui s’était emparé le dimanche 9 décembre de la base de Cheikh Souleimane, près d’Alep, renforçant ainsi son emprise sur le Nord syrien au détriment des rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL), a été désigné officiellement « organisation terroriste » par le Département d’État américain.

Ce groupe islamiste radical qui refuse catégoriquement de passer sous un contrôle autre que djihadiste, a percé de façon fulgurante en Syrie, se déployant sur la quasi-totalité des fronts. Un journaliste de l’AFP qui a assisté à une partie de l’assaut de la base de Cheik Souleimane, affirme même que plusieurs des combattants islamistes qui ont participent aux combats viendraient de pays arabes ou du Caucase.

Le communiqué du Département d’État qui annonce la désignation d’al-Nousra comme organisation terroriste mentionne que, depuis novembre 2011, le groupe a commis près de 600 attentats, dont plus de 40 attentats-suicides, dans les grands centres urbains comme Damas, Alep, Hama, Dara, Homs, Idlib et Deir el -Zawr.

Le groupe est aussi connu sous le nom de « Front de la victoire », et « Al-Nusrah pour le peuple du Levant. » Le Département d’État américain avait auparavant désigné AQMI, a-Quaïda au Magheb islamique, comme organisation terroriste. Il appert, selon les Américains, que les deux groupes sont liés: l’émir Abou Dua contrôle à la fois AQMI et al-Nousra, donnant ses instructions à l’émir d’ al-Nusrah, Abu Muhammad al-Jawlani, à qui il aurait confié les « opérations » du groupe en Syrie.

D’un point de vue américain, toute coopération avec al-Nousra est donc dorénavant exclue.

Réunion du groupe des « Amis de la Syrie »

Par ailleurs, alors que les combats continuent de faire rage en Syrie, c’est aujourd’hui mercredi le 12 décembre que se réunissent les gouvernements occidentaux à Marrakech, au Maroc, pour discuter de la meilleure façon de continuer à soutenir l’opposition syrienne et sur les efforts pour mettre fin à l’effusion de sang.

La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a dû annulé sa visite en raison d’un «virus gastrique», et c’est le secrétaire d’État adjoint William Burns qui se représentera au Maroc à la réunion des «Amis du peuple syrien» les États-Unis , qui viennent de reconnaître le mardi 11 décembre mardi la Coalition de l’opposition syrienne comme «représentante légitime» des Syriens.

La France fut le premier pays à reconnaître la Coalition, suivie, notamment, du Royaume-uni, de la Turquie et du Conseil de coopération du Golfe, le président américain Barack Obama a annoncé mardi que les États-Unis reconnaissaient à leur tour la Coalition comme «représentante légitime» des Syriens.

Malgré la reconnaissance américaine, le Canada, pour sa part, a dit à l’opposition syrienne le mardi 11 décembre à Marrakech qu’il lui faudra rejeter l’extrémisme, intégrer les minorités et reconnaître l’importance du rôle des femmes avant qu’Ottawa ne reconnaise sa légitimité en tant que successeur du président Bachar Al-Assad.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a expliqué les conditions préalables du Canada pour la reconnaissance officielle lors d’une réunion avec des représentants de la Coalition nationale de l’opposition syrienne.

À lire aussi:

Les combats font rage dans la périphérie de Damas et le reste de la Syrie >>

Des islamistes parmi les rebelles qui se sont emparés d’une base militaire syrienne >>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.