Centrafrique: la rébellion Séléka accepte de négocier et le président limoge son fils

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Carte de la République centrafricaine (Source: DialogueNational)
Carte de la République centrafricaine (Source: DialogueNational)

Les rebelles centrafricains du Séléka ont annoncé le mercredi 2 janvier qu’ils suspendaient leur offensive en direction de la capitale et acceptaient d’envoyer une délégation aux pourparlers organisés au Gabon sous l’égide de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC).

« J’ai demandé à nos forces de ne pas bouger de leurs positions à partir d’aujourd’hui parce que nous voulons participer aux discussions de Libreville pour trouver une solution politique », a déclaré Éric Massi, porte-parole du mouvement Séléka, ajoutant « Je suis en discussion avec nos partenaires pour avancer des propositions afin de mettre fin à la crise, mais une solution pourrait être une transition politique dont le président (François Bozizé) serait exclu. »

François Bozizé, pour sa part, s’était dit prêt dimanche à partager le pouvoir avec les rebelles et avait accepté le principe de pourparlers de paix sans conditions

Mais, mais le Séléka, qui réunit trois anciens mouvements rebelles, non seulement accuse François Bozizé d’être revenu sur un des accords de paix de 2007 qui prévoyaient une indemnisation pour les combattants ayant accepté de déposer les armes, mais disent ne pas pouvoir lui faire confiance et affirme qu’il ne cherche qu’à gagner du temps.

Il semble donc probable que les insurgés exigeront la démission du président centrafricain François Bozizé, sauvé in extremis par ses voisins africains, le Tchad en tête. Les insurgés du Séléka n’ont aucune confiance en Bozizé parce qu’il aurait selon eux trahi dans le passé les accords de paix qui devaient permettre l’intégration dans les forces régulières des rebelles aujourd’hui regroupés au sein du Séléka.

Par contre, les rebelles n’avaient pas vraiment d’autres choix que d’accepter de négocier.

Le président tchadien Idriss Déby, allié le plus proche de François Bozizé, avait parlé le lundi 31 décembre d’une possible intervention du contingent de 5 000 hommes dont disposent les pays de la CEEAC en Centrafrique si les rebelles s’attaquaient à Damara, dernier verrou avant la capitale Bangui.

Le Tchad est en quelque sorte la « puissance tutélaire » de la République Centrafricaine et le président Bozizé était d’ailleurs arrivé au pouvoir en 2003 à la tête d’une insurrection équipée et entraînée au Tchad.

C’est donc le jeudi 19 janvier, en principe, que devraient débuter les pourparlers à Libreville.

Par ailleurs, le président centrafricain, qui avait reproché mardi à sa propre armée de ne pas avoir été à la hauteur et de ne pas avoir pu repousser les rebelles, a démis mercredi son fils Jean-Francis Bozizé de son poste de ministre délégué chargé de la Défense nationale et a limogé le chef d’état-major de l’armée. C’est dorénavant François Bozizé lui-même qui assumera le rôle de ministre de la Défense.

Pendant ce temps, la France, qui avait refusé d’intervenir militairement dans le conflit, a maintenant à Bangui 600 soldats chargés d’assurer la sécurité de ses 1 200 ressortissants.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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