Deux autres morts dans les violences en Égypte: l’opposition accepte le dialogue

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Les manifestations ne cessent pas en Égypte (Photo: sherif9282)
Les manifestations ne cessent pas en Égypte (Photo: sherif9282)

Deux personnes ont été tuées par des tirs de chevrotine le mercredi 30 janvier lors d’affrontements entre manifestants et policiers près de la place Tahrir au Caire, rapporte l’AFP, ce qui porte à quatre le nombre des personnes tuées au Caire et à 54 dans le pays depuis le début de la récente vague de violence, alors que, ce même mercredi, l’opposition, après avoir refusé le dialogue dans un premier temps, s’est dit maintenant prête à discuter avec le pouvoir islamiste.

Le président Mohamed Morsi, dont les manifestants réclament la chute, avait décrété dimanche 27 janvier l’état d’urgence et un couvre-feu dans trois provinces longeant le canal de Suez, mais ce couvre-feu a systématiquement été bafoué dans ce provinces, à Port-Saïd, Suez et Ismaïliya.

Il avait aussi le même jour appelé à un dialogue national, rejeté dans un premier temps par le FSN, qui l’avait qualifié de vide de sens” et avait alors appelé à manifester le vendredi 31 janvier.

Le ministre égyptien de la Défense et chef des Forces armées égyptienne, le général Abdul Fattah al-Sisi, avait déclaré pour sa part le 29 janvier que l’actuelle crise politique pourrait conduire à un effondrement de l’État.

Le général avait aussi déclaré que les défis économiques, politiques et sociaux auxquels l’Égypte est confrontée représentaient «une menace réelle pour la sécurité de l’Egypte et la cohésion de l’Etat égyptien.»

Devant la gravité de la situation, les dirigeants de la principale force de l’opposition, le Front du salut national (FSN), ont donc changé de position et Mohamed EL Baradei, chef du FSN et candidat malheureux à la dernière présidentielle, a finalement appelé à une réunion d’urgence avec M. Morsi, sa formation, le Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ, islamiste), les ministres de l’Intérieur et de la Défense, ainsi que le courant salafiste, un mouvement islamiste encore plus radical que les Frères musulmans.


L’opposition appelle à une réunion d’urgence avec le pouvoir (source: Euronews)

«L’arrêt de la violence est la priorité», a écrit Mohamed El Baradei sur son compte Twitter, tout en conditionnant la participation à un «dialogue sérieux» à certaines garanties, dont « la formation d’un gouvernement de salut national et une commission pour amender la Constitution.»

À leur réunion de mercredi, le Front de salut national (FSN), la principale force d’opposition, et le Parti salafiste Nour se sont en effet mis d’accord pour mettre fin à la crise politique sur une proposition en huit points, dont le principal est la formation d’un gouvernement d’union nationale qui doit inclure des représentants des groupes d’opposition.

Les huit points de l’accord entre les partis d’opposition sont:

Point 1: La formation d’un gouvernement d’union

Point 2: La formation d’un comité pour amender les articles controversés de la Constitution

Point 3: L’impartialité de toutes les institutions de l’État

Point 4: La nomination d’un nouveau procureur général

Point 5: La formation d’un comité judiciaire pour enquêter sur les violences récentes

Point 6: La formation d’un consensus entre toutes les parties à la tête du pays, interdisant la domination d’une seule faction sur la vie politique

Point 7: Le refus de toute forme de violence ou de vandalisme de la propriété publique, et respect du droit de manifester pacifiquement

Point 8: La mise en place d’un code de comportement politique convenue par toutes les parties pour mettre fin à la guerre verbale entre les hommes politiques qui terni l’image politique de toute la classe politique.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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