Difficile de faire reconnaître les maladies liées au service militaire

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L’uranium appauvri

Le 5 mars 2012, le ministre des anciens Combattants, l’honorable Steven Blaney, demandait aux anciens combattants à travers un communiqué leurs aides. Les anciens combattants ou militaires actifs qui ont ou ont eu des problèmes de santé due à l’uranium appauvri étaient priés de contacter le comité consultatif scientifique du ministère des anciens Combattants.

Également toute autre personne ayant des preuves pertinentes à partager pour évaluation scientifique pouvait également contacter le comité. Cette annonce était dans le but de calmer les évènements qui s’était déroulés la semaine d’avant, devant son bureau de député à Lévis.

Pascal Lacoste, un ancien militaire canadien qui a servi en Bosnie et au Timor Oriental réclamait des soins depuis qu’il est revenu en sol canadien.

Ce militaire qui dit avoir été intoxiqué à l’uranium appauvri lors de son déploiement en Bosnie-Herzégovine mentionne qu’il a déjà été testé à plusieurs reprises et toutes les fois, le résultat revenait positif. Il dit lui-même être 61 fois plus intoxiqué aux radiations que la limite permise.

Jusqu’à ce jour, le gouvernement fédéral disait croire improbable que des soldats canadiens aient été contaminés à l’uranium appauvri, soutenant qu’un très petit nombre d’entre eux ont été en contact avec la substance lors de missions, si contact il y a eu.

Par contre, l’ONU, l’OTAN et les autres pays qui ont participé dans le conflit de la Bosnie ne soutiennent que l’utilisation de munitions à l’uranium ait été utilisée durant plusieurs conflits.

Pascal Lacoste a également mentionné à la radio 93.3 FM qu’il avait, avant sa grève de la faim, témoignés plusieurs fois à Ottawa et eu plusieurs rencontres avec le ministre Blaney au sujet de l’uranium appauvri, mais que personne ne voulait rien entendre et c’est ce qui l’a mené à sa grève de la faim de quatre jours le 5 novembre 2011.

Cette grève de la faim s’est terminée par un accord entre le ministre Blaney et Pascal Lacoste. Le ministre acceptait de créer un comité consultatif sur l’utilisation de l’uranium de la part du Canada dans différents conflits. Pascal Lacoste quant à lui obtenait des soins de la part du ministère des anciens combattants.

Un an et quelques mois après que le ministre lui est promis des soins, Pascal Lacoste attend toujours des nouvelles du Ministère des Anciens Combattants qui refuse toujours de l’aider dans ses démarches d’obtenir des soins ou de payer pour ses soins.

Cependant, il existe la Charte des droits des vétérans, adoptée en avril 2007, qui elle, exige bel et bien d’Anciens Combattants Canada d’accorder aux plaignants le bénéfice du doute lors de leurs demandes pour obtenir des avantages ou de l’aide.

Également le 4 novembre 2011, une journée avant que Pascal Lacoste ne tente de faire la grève de la faim, Annick Papillon, député au fédéral avait posé la question en Chambre au ministre Blaney, sur l’absence de soins pour Pascal Lacoste.

Le ministre disait prendre en considération toutes les recherches scientifiques à jour pour prendre des décisions. Pourtant, il ne manque rien au dossier de Pascal Lacoste, peut être juste du bon vouloir.

Comme cet ancien militaire me mentionnait, les fonctionnaires du ministère de l’ACC disent une chose et le ministre dit une autre. C’est comme si le ministère renvoyait la balle au politique et vice versa.

L’Ombudsman

Simplement, mentionnons la présence d’un ombudsman au sein du Ministère des Anciens Combattants.

La création du poste d’ombudsman des vétérans fut annoncée le 3 avril 2007. L’ombudsman des vétérans est un agent impartial et indépendant dont le mandat consiste à aider les anciens combattants à faire entendre leurs préoccupations et à faire avancer leurs dossiers.

Mais en réalité, le Ministère des anciens Combattants est un organisme fédéral qui a pour but d’aider les militaires ou anciens combattants à avoir les soins dont ils ont besoin. Donc pourquoi aurait-on besoin d’un autre organisme pour venir nous aider d’avoir les soins que l’on a besoin qu’un autre organisme ne veuille pas nous donner!?

Comme mentionné au début de cet article, il doit y avoir déjà une jurisprudence pour le militaire qui demande de l’aide au Ministère des ACC. Si cette jurisprudence n’existe pas comme le cas de Pascal Lacoste, cette dernière est difficile à avoir.

L’image de l’organisme n’est pas que d’or, on a beau vouloir aider les vétérans, mais si l’organisme n’est pas en mesure d’utiliser sa propre charte des droits de vétérans, pourquoi l’organisme est-il là?

La jurisprudence
L’ancien ministre responsable des Anciens Combattants, l’honorable Ronald J. Duhamel, lors de son allocution en Chambre mentionnait:

«Je tiens à souligner que le ministère des Anciens Combattants n’exige pas que l’on connaissance la cause précise d’une maladie pour indemniser et traiter les clients. Il suffit que l’incapacité soit liée au service militaire. Lorsqu’une personne fait savoir au Ministère qu’elle croit souffrir de troubles de santé découlant de son service militaire, le Ministère l’aide à identifier l’affection susceptible d’ouvrir droit à une pension et à préparer une demande de pension. En outre, la personne admissible reçoit tous les soins de santé à l’égard de l’affection aura droit à une pension.»

Pourtant, une personne qui ne demande pas d’argent, mais qui veut seulement se faire soigner semble pourtant logique. Mais pas pour le ministère qui tient à ne pas trop dépenser.

Reconnaître l’état d’un et lui payer ses soins sera vu comme une jurisprudence. Ensuite, tous ceux qui auront eu peur de parler viendront demander des soins. Il est difficile de concevoir qu’un ministère n’ose pas admettre avoir fait des erreurs dans le passé.

Le dossier de la Guerre du Golfe abordé dans la première partie de cette analyse est pourtant simple à comprendre: si un pays des 34 États qui étaient sur les lieux reconnait le syndrome, les autres États n’auront d’autre choix que d’étudier la question à leur tour et même de l’accepter.

La question de la jurisprudence jouerait donc un rôle très important lorsqu’il est le temps d’analyser les dossiers au Ministère des Anciens Combattants, mais surtout lorsqu’il est temps de reconnaître les enjeux qui existent aux travers des différents États.

L’exemple le plus concret est celui du syndrome de la guerre du Golfe, lorsqu’une juge britannique indépendante a donné raison aux militaires. Tour à tour, les pays ont par la suite reconnu ou accepté de traiter les militaires infectés.

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Fille de deux parents militaires, Raymonde Thériault grandit sur différentes bases militaires. À l’université, elle est directrice du journal étudiant. En novembre 2010, elle est déployée avec la Roto 10 en Afghanistan.

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