Harry, prince de Galles, est de retour en Angleterre

0
Le Prince Harry à son arrivée en Afghanistan en septembre 2012 (Photo: MoD)
Le Prince Harry à son arrivée en Afghanistan en septembre 2012 (Photo: MoD)

Lundi soir, le ministère britannique de la Défense a annoncé que le prince Harry avait quitté l’Afghanistan au terme de 20 semaines de déploiement.

Interrogé pour savoir s’il avait tué des insurgés depuis son hélicoptère lors de ses missions dans la province du Helmand, le prince de 28 ans a répondu «oui, comme beaucoup d’entre nous».

«Prendre une vie pour en sauver une (…) C’est ce qui était en jeu, je pense», a-t-il dit. «Si il y a des gens qui essaient de faire du mal à nos gars, alors nous allons les mettre hors-jeu», a ajouté le prince Harry, qui a servi en Afghanistan sous le nom de Captain Wales (capitaine du Pays de Galles, pourrait-on traduire, Harry étant prince de Galles).

Depuis 2010, Henry Charles Albert David Mountbatten-Windsor, prince de Galles, ou, pour faire plus court, Wales, est pilote d’hélicoptères de l’Army Air Corps après avoir été officier des Blues and Royals. Il était arrivé en septembre 2012 au Camp Bastion, dans la province de Helmand, pour une affectation opérationnelle en tant que pilote d’hélicoptère Apache.

La flotte d’Apache AH Mk1 se compose de 67 appareils qui ont servi en Afghanistan et en Libye. Ils sont conçus pour chasser et détruire les véhicules blindés et peuvent fonctionner par tous les temps, de jour comme de nuit. Ils peuvent aussi détecter, classifier et hiérarchiser jusqu’à 256 cibles en quelques secondes grâce à leur radar de contrôle de tir, et transporter un mélange de plusieurs armes, dont des roquettes, des missiles Hellfire et un canon de 30mm chaîne.

Le prince Harry a cependant déclaré qu’il n’avait pas choisi d’être pilote d’hélicoptère de combat pour tuer des gens. «Nous sommes un atout extrêmement fiable et nos missions principales sont les escortes». «Si des gars sont blessés, nous venons nous placer au-dessus d’eux pour empêcher toute attaque d’insurgés qui vont nous voir et se dire ok, c’est un combat inégal, on ne va pas s’approcher», a dit le prince.

Le risque bien particulier posé par le déploiement du prince, troisième dans la succession au trône d’Angleterre, pour lui et les autres autour de lui, avait été l’objet d’une évaluation appronfondie et sans cesse remise à jour. Le frère de Harry, le prince William, deuxième dans l’ordre de succession au trône, n’a jamais quant à lui été envoyé en service actif, le risque dans ce cas n’étant pas acceptable.

Le prince Harry était tout de même en permanence accompagné d’agents du SO14 chargés de sa protection, y compris à Camp Bastion, la plus grande base opérationnelle de l’armée britannique dans le monde. Par contre, ses gardes du corps ne l’accompagnaient pas à bord de son hélicoptère.

On se rappelle qu’en septembre 2012, des insurgés afghans avait attaqué le Camp Bastion faisant deux morts chez les Marines américains et blessant plusieurs soldats. Un certain nombre d’avions à la base ont également été touchés par des tirs d’insurgés.Les Talibans s’étaient jurés de tuer le jeune prince, mais l’attaque avait eu lieu du côté américain du camp et non britannique et Harry n’a touché.

Évoquant par ailleurs sa vie dans le camp, le prince Harry l’a qualifiée de «complètement normale. Aussi normale que ça peut l’être. Je suis l’un des gars. Je ne suis pas traité différemment», a-t-il dit, regrettant seulement que «parce que beaucoup de gars ici ne m’ont pas rencontré, ils me voient comme le Prince Harry plutôt que le Capitaine Wales, ce qui est frustrant».

Le prince Harry avait déjà été affecté en Afghanistan pendant dix semaines en 2007-2008. Il avait eu alors  la responsabilité de coordonner au sol les attaques aériennes contre les insurgés talibans.
À lire aussi:

Vendredi sanglant au Camp Bastion en Afghanistan: deux Marines tués >>

Le Prince Harry de retour en Afghanistan >>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.