Hillary Clinton défend avec force sa gestion de l’attaque de Benghazi

0
Hillary Clinton en mai 2012 devant la commission des Affaires étrangères du Sénat (Photo: U.S. Navy Petty Officer 1st Class Chad J. McNeeley, DoD)
Hillary Clinton en mai 2012 devant la commission des Affaires étrangères du Sénat (Photo: U.S. Navy Petty Officer 1st Class Chad J. McNeeley, DoD)

La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, qui cédera prochainement son poste au sénateur démocrate John Kerry, a comparu mercredi 23 devant la commission sénatoriale des Affaires étrangères du Sénat et celle de la Chambre des représentants, pour y témoigner de sa gestion de l’attaque du 11 septembre contre la mission diplomatique américaine à Benghazi, où avaient été tués quatre Américains, dont l’ambassadeur Chris Stevens.

Hillary Clinton a nié avec véhémence que, contrairement à ce dont les républicains l’ont accusé, l’administration américaine dont elle fait partie ait tenté d’étouffer l’affaire de l’attentat de Benghazi en Libye.

Dans un premier temps, l’admninistration américaine avait attribué l’attaque à des manifestants en colère, qui auraient agi spontanément, avant de changer sa version et de révéler qu’il s’agissait plutôt d’une attaque délibérée et planifiée menée par un groupe islamiste sans doute lié à Al-Qaïda..

Cette histoire aura plombé la nomination à la tête du Département d’État de l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Susan Rice, qui devait succéder à Hillary Clinton mais a dû retirer sa candidature que menaçait de bloquer les élus républicains qui la soupçonnaient d’avoir donner une version fausse de l’attaque terroriste pour ne pas ternir le bilan du président Obama, alors en campagne pour sa réélection à la Maison Blanche.

«[…] des gens ont accusé l’ambassadrice Rice et le gouvernement d’avoir trompé les Américains. Je peux dire que […] rien ne peut être plus éloigné de la vérité», a déclaré avec force la secrétaire d’État, en tapant du poing sur la table. «Pour moi, ce n’est pas qu’une question politique, c’est personnel», a-t-elle affirmé, en laissant même échapper un sanglot. «J’ai pris dans mes bras les mères et les pères, les frères et les soeurs, les fils, les filles et les épouses qui se sont retrouvées seules pour élever leurs enfants.»

«Les demandes en matière de sécurité liées à Benghazi étaient gérées par les professionnels de la question au sein du Département», a expliqué la secrétaire américaine. «Je n’ai pas vu ces demandes, elles ne sont pas arrivées jusqu’à moi, je ne les ai pas approuvées, je ne les ai pas rejetées», a-t-elle précisé, tout en disant «assumer la responsabilité des conséquences de cette attaque.»

Elle a rappelé qu’elle avait tout de suite publiquement accepté l’ensemble des recommandations formulées par les cinq membres de la commission d’enquête indépendante, l’Accountability Review Board, parmi lesquels on retrouvait l’ex-ambassadeur Thomas Pickering et l’ex-chef d’État-major interarmées américain, l’amiral à la retraite Mike Mullen. Le rapport avait conclu que le dispositif de sécurité du consulat était extrêmement inadapté et avait entraîné le départ de plusieurs responsables de la sécurité au Département d’État, dont celui d’Eric Boswell, le secrétaire d’État adjoint pour la sécurité diplomatique.

Dans son témoignage, Hillary Clinton a rappelé aussi que «les révolutions arabes ont bouleversé l’équilibre des forces dans toute la région et que l’instabilité au Mali a créé un refuge pour des terroristes qui cherchent à étendre leur influence et à perpétrer davantage d’attaques du genre de celle de la semaine dernière en Algérie». Elle a souligné que les Américains ont pris conscience de la montée en puissance d’Aqmi, renforcée par les prises d’otages et des stocks d’armes libyens détournés après la chute de Kadhafi en octobre 2011.

La secrétaire américaine a donc plaidé aussi à cette occasion pour le renforcement du soutien de Washington à la lutte contre les groupes islamistes armés au Mali, comparant la menace d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) à celle d’Oussama ben Laden et du 11 septembre.

À lire aussi:

Hillary Clinton témoignera le 23 janvier au Congrès sur l’attaque de Benghazi >>

Attentat du 11 septembre à Benghazi, le chef de la sécurité du Département d’État démissionne>>

Succession d’Hillary Clinton: Rice tire sa révérence et laisse la place à Kerry >>

Petraeus : «On a su rapidement que l’attaque de Benghazi était liée à Al Qaïda» >>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.