Jour 10 de l’intervention au Mali: les forces françaises se déploient vers le Nord

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Jour 10 de l'intervention au Mali: les forces françaises se déploient vers le Nord
les forces françaises remontent vers le Nord (Photo:ECPAD)

En ce 10e jour de l’intervention militaire française au Mali, les forces françaises se déploient vers le Nord, la Russie propose son aide militaire à la France et, certains, dont les touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad, tentent  déjà de se positionner pour l’après-crise.

Les avions de chasse et les hélicoptères français ont poursuivi leurs opérations aériennes consistant à détruire des objectifs militaires. « Ces dernières 24 heures ont notamment été marquées par une dizaine de sorties, dont la moitié pour réaliser des frappes sur des véhicules terroristes. », indique le ministère français de la Défense.

Mais, surtout, militaires français intensifient maintenant leur offensive terrestre: « Le déploiement vers le Nord des forces de l’opération ‘Serval’, entamé il y a vingt-quatre heures, est en cours, vers les villes de Niono et de Sévaré, où elles sont arrivées », a déclaré le lieutenant-colonel  français Emmanuel Dosseur, conseiller communication et porte-parole à Bamako de l’opération Serval.

Niono (350 km au nord-est de Bamako) se situe à 60 km au sud de Diabali, localité, prise lundi par les islamistes qui, selon l’armée malienne, l’ont abandonnée après des bombardements français.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a encore  rappelé ce dimanche 20 janvier  que Diabali n’avait « pas encore » été reprise par les forces maliennes, mais « Tout laisse à penser  que l’évolution de Diabali va être positive dans les heures qui viennent », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, des sources concordantes font état d’un repli des islamistes vers Kidal, dans l’extrême nord-est, à 1 500 km de Bamako. En mars 2012, Kidal avait été la première ville conquise par les rebelles touareg avant qu’ils  en soient évincés par les islamistes.

Quant aux aux demandes d’aide logistique et financière de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest pour Mission internationale de soutien au Mali, la MISMA, elles ont reçu une réponse favorable de plusieurs pays.

Berlin, qui avait déjà annoncé l’envoi de deux avions de transport, a promis une aide financière supplémentaire aux pays, Moscou a proposé à la France d’acheminer des troupes ou matériels français tandis que le Canada a offert de convoyer des troupes  la force africaine au Mali.

Environ 2 000 soldats africains doivent être déployés d’ici au 26 janvier, plusieurs centaines sont déjà arrivés et d’autres continuent à affluer.

« Aujourd’hui », indique le ministère français de la Défense, » ce sont plus de 250 nigérians, une centaine de togolais et une cinquantaine de béninois qui ont rejoint Bamako pour former les contingents de la mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA). D’autres contingents doivent encore arriver les prochains jours. »

Pendant ce temps, à  Bamako, des représentants des communautés arabe et touareg du Mali ont dénoncé ce dimanche des exactions à leur encontre, après la libération de villes et de villages de l’emprise des djihadistes et le mouvement touareg  MNLA, pour sa part, a offert son soutien dans la lutte aux islamistes, tentant de regagner sa pertinence et de se mieux se positionner pour l’après-crise.

Le déroulement du Jour 10:

(En heure de Montréal et, entre parenthèses, en heure de Paris; pour Bamako, retranchez 1 heure à l’heure de Paris)

16h00 (22h00)

Le Bénin va envoyer 650 soldats au Mali, au lieu des 300 annoncés dans un premier temps, pour participer à la force africaine chargée de combattre les islamistes qui occupent le nord du territoire, rapporte l’AFP, citant a déclaré dimanche un haut responsable militaire.

« Le président de la République Thomas Boni Yayi a décidé que nous ajoutions 350 soldats aux 300 prévus pour composer un bataillon organique de 650 hommes », a déclaré en effet  le chef d’état major général de l’armée béninoise, le contre amiral Dénis Gbessemehlan à l’agence de presse au téléphone.

13h49 (19H49)

Le bilan des morts de l’attaque terroriste sur le site gazier d’In Amenas, en Algérie, est monté à 81, alors les forces algériennes qui fouillaient le complexe à la recherche d’explosifs ont trouvé des dizaines d’autres corps, dont beaucoup étaient tellement défigurés qu’ils ne pouvaient pas être immédiatement identifiés, rapporte l’Associated Press.

13h38 (19h38)

Soixante soldats sénégalais sont arrivés à l’aéroport international de Bamako pour participer à la Mission internationale de soutien au Mali, sous conduite africaine (Misma), qui, finalement,  comprendra à terme quelque 5 800 soldats appelés à prendre le relais des troupes françaises.

En tout, on attend 500 soldats sénégalais.

13h00 (19h00)

Toujours sur les ondes de France 5, le ministre français de la Défense déclare, à propos de l’intervention militaire française au Mali de la Défense: « L’objectif, c’est la reconquête totale du Mal. On ne va pas laisser des poches de résistance ».

Rappel: deux colonnes de soldats ont entamé ce dimanche leur progression vers les régions occupées par des combattants islamistes et, dans le même temps, plusieurs pays ont répondu à l’appel à une aide internationale accrue lancé la veille par la France et les dirigeants ouest-africains.

13h00 (19h00)

Sur un autre front dans la guerre que se livrent islamistes et puissances occidentales, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a affirmé  ce dimanche 20 janvier sur les ondes de France 5, à l’émission « CPolitique », que les otages français au Sahel, enlevés en septembre et novembre dernier,  étaient « vivants ». « Ils sont vivants », a-t-il dit lors de l’émission « C’Politique » sur France 5.

Rappel: les sept Français détenus au Sahel sont : Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret, enlevés le 16 septembre 2010 par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans le nord du Niger à Arlit, un site d’extraction d’uranium; Serge Lazarevic et Philippe Verdon, des géologues travaillant pour une société malienne, enlevés le 24 novembre 2011 dans leur hôtel d’Hombori au nord-est du Mali, enlèvement également revendiqué par Aqmi ; et Gilberto Rodriguez Leal, enlevé le 20 novembre 2012 dans l’ouest du Mali, rapt revendiqué dans ce cas par le groupe islamiste Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Le ministre français de la Défense a dit qu’il y avait des « contacts avec les preneurs d’otages » qui ne sont pas les mêmes pour tous les Français retenus. Le ministre a aussi souligné que la France avait « d’ores et déjà renforcé la sécurité sur certains sites » industriel dans la région du Sahel.

12h00 (18h00)

Au Mali, tout le personnel canadien  non-essentiel a été évacué.

Le Canada a  évacué le personnel de l’ambassade Mali et encourage les Canadiens à quitter le Mali. Le gouvernement fédéral a évacué la plupart des membres de son personnel et leurs familles de l’ambassade au Mali, et exhorte tous les Canadiens encore dans le pays à partir maintenant.

Voici la dernière mise à jour du ministère canadien des Affaires étrangères, au 20 janvier à 12h15, heure d’Ottawa:

Mali – ÉVITEZ TOUT VOYAGE

Affaires étrangères et Commerce international Canada recommande d’éviter tout voyage au Mali en raison de l’instabilité politique et des affrontements militaires, ainsi que le risque élevé de terrorisme, d’enlèvement et de banditisme au nord du pays. Si vous êtes encore au Mali, vous devriez quitter le plus rapidement possible.

10h45 (16h45)

Selon certaines sources, un djihadiste français installé à Tombouctou, Gilles Le Guen, se serait trouvé parmi les preneurs d’otages, rapporte  encore aujourd’hui la presse française. Un passeport français aurait été retrouvé.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait déjà déclaré sur France 3 le samedi 19 janvier ne pas pouvoir « assurer que ce jihadiste français, qui s’appellerait Le Guen, (ait été) présent sur le site », précisant que ce jihadiste « était au Mali depuis plusieurs semaines ».

10h45 (16h45)

Mokhtar Belmokhtar revendique au nom d’Al-Qaïda la responsabilité de la prise d’otages du site gazier d’In Amenas, au Sahara algérien, rapporte dimanche 20 janvier le site internet d’information mauritanien Sahara Médias.

10h45 (16h45)

Un groupe islamiste du nom d’Ansaru, accusé d’avoir enlevé des Occidentaux, a revendiqué la responsabilité d’une attaque meurtrière contre les troupes nigérianes en route pour le Mali ce dimanche 20 janvier, rapporte Reuters, citant le Desert Herald, un journal local nigérian

Les islamistes armés ont ouvert le feu sur un convoi de troupes alors qu’il quittait le nord du Nigeria pour joindre les forces ouest-africaines au Mali, tuant deux militaires et en blessant huit autres, dans l’Etat de Kogi, au centre du Nigeria.

La mission des attaquants, dit le journal nigérian, était d’empêcher les forces nigérianes de s’unir aux les puissances occidentales dans leur « but de démolir l’empire islamique du Mali. »

10h20 (16h20)

Des villageois autour de Diabali auraient pris fait et cause pour les djihadistes et que la zone ne serait finalement pas sécurisée, indique en France la télévision de BFMTV.

8h32 (14h32)

Le ministre algérien de la Communication Mohamed Said avait prévenu dimanche 20 janvier que le bilan des victimes de l’attaque contre le site gazier d’In Amenas, dans le Sahara algérien, par un groupe terroriste qui réclamait la fin de l’intervention militaire au Mali,  risquait d’être « revu à la hausse », après un premier bilan provisoire officiel de 23 morts et 32 assaillants tués ( voir le Premier bilan provisoire de l’attaque du site gazier d’In Amenas, en Algérie sur 45eNord.ca)

Par ailleurs, évoquant l’autorisation accordée par Alger au survol de son territoire par des avions de chasse français en route pour le Mali, le ministre algérien a cependant remis l’accent sur une solution politique dans ce pays.

8h30 (14h30)

Les communautés arabe et touareg au Mali sont victimes d’exactions et d’actes de vengeance après la libération de villes et de villages qui avaient été pris par les djihadistes, ont assuré dimanche à Bamako leurs représentants, en appelant à la concorde et la réconciliation nationale, rapporte l’AFP.

« Il y a eu des exactions, des violations de domicile. Combien? Je n’ai pas les chiffres précis. Ce n’est pas la peine de les citer, ils ne doivent pas se répéter », a déclaré à la presse Mohamed Oumrani, président d’Al-Carama, « Alliance de la communauté arabe du Mali ».

7h45 (13h45)

Les forces régulières françaises au Mali se sont déployées vers le Nord, prenant position dans les villes de Niono et Sévaré, a indiqué dimanche 20 janvier le lieutenant-colonel Emmanuel Dosseur, porte-parole à Bamako de l’opération Serval.

6h07 (12h07)

Eclipsé jusqu’ici par son concurrent Ansar Eddine, mieux armé et plus puissant, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) tente de revenir dans le jeu des négociations pour trouver une issue à la crise au Mali.

Une délégation de ce mouvement laïque de rebelles touareg devait se rendre à Ouagadougou, lundi 21 janvier, pour rencontrer des émissaires maliens sous l’égide du président burkinabé Blaise Compaoré, désigné médiateur du conflit par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

6h05 (12h05)

La Russie a proposé à la France d’acheminer des troupes ou matériels français au Mali, a révélé dimanche 20 janvier le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en évoquant aussi une proposition du Canada, qui convoie déjà du matériel, de transporter des forces africaines.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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