Jour 5 de l’intervention au Mali: François Hollande précise les objectifs

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Le président français, François Hollande, en visite à Abou Dhabi, dans les Émirats, précise les objectifs de l'intervention au mali (Photo: Défense)
Le président français, François Hollande, en visite à Abou Dhabi, dans les Émirats, précise les objectifs de l’intervention au mali (Photo: Défense

 

Pendant que les bombardements se poursuivent, en ce 5e jour de l’intervention militaire au Mali, on commence tout de suite à penser à l’après-crise, le président français François Hollande précisant que la «France n’a pas vocation de rester au Mali.»

19h30

Les combats continuent. Les djihadistes ont coupé les télécommunications dans la ville de Gao (nord du Mali), afin d’éviter que les habitants ne donnent des informations aux militaires maliens et français, alors que les positions des combattants islamistes sont pilonnées, rapporte l’AFP.

 

15h15

  • C’est plutôt 900 (et non 600) hommes que le Nigéria devrait fournir à la Misma, la force internationale de soutien au Mali de 3 300 hommes de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, la CEDAO. La Misma, quand elle sera prête, est appelée à prendre le relis des forces françaises
  • Le nombre de réfugiés chassés par le conflit approche les 150 000 personnes dans les pays voisins et le nombre de personnes déplacées dans le pays est proche de 230 000, selon l’ONU

15h

  • Plusieurs centaines de militaires maliens et français ont quitté Niono (environ 50 km au sud de Diabali), rapporte l’AFP.
  • La France a donc, pour la première fois engagé ce mardi des troupes au sol pour reprendre la ville, tombée la veille aux mains des islamistes.
  • Par ailleurs, une trentaine de véhicules blindés français a quitté en fin d’après-midi la capitale, Bamako, en direction du Nord.
  • Résistance inattendue des islamistes dans la ville de Konna (centre), à 700 km de la capitale, dont ils s‘étaient emparé jeudi (et qui n’a pas encore été reprise par l’armée malienne, contrairement à ce qu’avait déclaré samedi le gouvernement malien).

Note: C’est la chute de Konna, la semaine dernière,  qui avait déclenché l’intervention militaire en cours.

 

Les forces françaises ont bombardé mardi matin la localité de Diabali, dans l’ouest du Mali, prise la veille par les combattants islamistes, tandis que la France annonçait le déploiement à terme de 2500 soldats dans le cadre de son offensive pour chasser les djihadistes du pays.

Une colonne d’une quarantaine de véhicules blindés français venus de Côte d’Ivoire est arrivée dans la nuit de lundi à mardi à Bamako, rapportait par ailleurs l’AFP, citant le conseiller médias du détachement français dans la capitale malienne.

Selon le conseiller, ces blindés vont, dans un premier temps, être cantonnés dans la capitale avant d’être engagés dans les combats qui opposent depuis le vendredi 11 janvier ce qui reste de l’armée malienne, appuyée par des soldats français des forces spéciales, des hélicoptères et des avions français, aux forces rebelles islamistes.

Pendant ce temps, le président François Hollande, en visite à Abou Dhabi, a déclaré que le nombre de militaires français engagés dans l’opération au Mali, où de nouvelles frappes dans la nuit ont «atteint leur objectif», était désormais de 750 et que leur nombre allait continuer à augmenter.

Le président de la République a énoncé les trois objectifs de l’intervention française : «arrêter l’agression terroriste », «sécuriser Bamako» et «permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale.» Quant aux islamistes, a-t-il dit, il s’agit de « les détruire,» «les faire prisonniers quand c’est possible » et de «faire en sorte qu’il ne puissent plus nuire.»

Hollande a par ailleurs précisé que la France devait faire en sorte qu’à son départ il y ait « des autorités légitimes, un processus électoral et plus de terroristes ».

Le président Hollande rend visite aux militaires français à Abou Dhabi

La situation sur le terrain

Le lundi 14 janvier, les rebelles s’étaient emparés de Diabali, dans l’ouest malien. L’attaque a même été dirigée par l’Algérien Abou Zeid, un des chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

«Nous savions qu’il y aurait une contre-offensive vers l’ouest, d’autant plus que (c’est) là (que) se trouvent les éléments déterminés, les plus structurés, les plus fanatiques (…). Ils ont pris Diabali, une petite commune, après des combats importants» face à l’armée malienne, avait déclaré le même jour le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Les djihadistes ont toutefois dû abandonner leurs bastions dans le nord, tel Gao, soumise dimanche à d’intenses bombardements qui, selon des sources concordantes, auraient tué plus d’une soixantaine de combattants.

Aucune frappe aérienne par contre sur la ville historique de Tombouctou, abandonnée par les islamistes qui avaient détruit des mausolées considérés comme des joyaux du patrimoine mondial lorsqu’ils l’occupaient la ville. La directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, a d’ailleurs appelé les forces militaires maliennes et françaises à protéger le patrimoine culturel du Mali, déjà gravement endommagé par les islamistes à Tombouctou.

Hier, lundi, sur les ondes de RFI, un porte-parole du groupe islamiste armé Ansar Dine semblait dire que, dorénavant, la partie ne serait pas si facile pour leurs ennemis, affirmant que les rebelles n’abandonneraient pas si facilement Diabali dont ils venaient de s’emparer.

Si, au lieu de fuir, les islamistes restent dans les villes et se terrent parmi la population, la situation pourrait se compliquer.

Les islamistes, menés par Abiu Zeid, s’emparent de Diabali

Résultats de la réunion du Conseil de sécurité

À la réunion du Conseil de sécurité, hier lundi 14 janvier, la France a obtenu dans la nuit la «compréhension et le soutien» des 14 membres du Conseil de sécurité, a déclaré l’ambassadeur français Gérard Araud lors de son point de presse à New-York.

D’ailleurs, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a réitéré, aujourd’hui mardi, que les États-Unis sont toujours disposés à fournir à la France toute l’aide nécessaire afin de rétablir la sécurité au Mali. « Notre espoir est de pouvoir travailler avec les Français pour fournir toute l’assistance que nous pouvons pour les aider dans leur efforts ».

L’ambassadeur Araud par contre, au sortir de la réunion du Conseil, a insisté pour dire que, si l’intervention militaire prouvait aux extrémistes qu’ils ne pouvaient pas gagner par la force, le gouvernement malien devra, dès après la crise, établir une feuille de route vers la réconciliation. « L’objectif, de déclarer Gérard Araud, c’est la négociation.»

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, exprimant son soutien à l’opération française, a lui aussi souligné la nécessité d’une réconciliation politique dans le pays.

L’ambassadeur français explique ce qui justifie l’intervention française au Mali:

 Et maintenant…

Alors que le président français, François Hollande, précisait les objectifs de l’intervention militaire française au Mali en insistant pour dire que la France n’avait pas vocation de rester au Mali, le secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) Ekmeleddin Ihsanoglu, a appelé à un «cessez-le-feu immédiat» au Mali et à un retour aux négociations entre Bamako et les islamistes.

Et, pendant que l’Union européenne accélère les préparatifs de la mission de formation des forces africaines au Mali (on parle maintenant de mi-février ou début mars), se réunissent à Bamako aujourd’hui les chefs d’état-major des armées ouest-africaines pour accélérer quant à eux les préparatifs en vue de l’envoi d’une force de quelque 3000 hommes devant prendre le relais des forces françaises.

Les premières troupes, envoyées par le Nigeria, seront au Mali «avant la semaine prochaine», avait annoncé lundi le président nigérian Goodluck Jonathan. Le Nigeria doit fournir 600 hommes. Le Niger, le Burkina Faso, le Togo et le Sénégal ont également annoncé l’envoi chacun d’environ 500 hommes, le Bénin 300, la Guinée et le Ghana environ 120 chacun. Enfin, selon le président nigérien Mahamadou Issoufou, 500 soldats maliens, qui s’étaient repliés avec le colonel Alhaji Ag Gamou en 2012 au Niger face à l’avancée des groupes armés islamistes, pourraient reprendre le combat contre les islamistes.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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