Jour 8 de l’intervention au Mali: Konna reprise aux rebelles et assaut contre les preneurs d’otages en Algérie

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Le sous-groupement tactique interarmes motorisé ayant quitté Bamako le 15 janvier s’est installé à Markala afin d’y déployer un dispositif permettant d’interdire la progression des groupes djihadistes vers la capitale malienne (Photo: ECPAD)
Le sous-groupement tactique interarmes motorisé français ayant quitté Bamako le 15 janvier s’est installé à Markala afin d’y déployer un dispositif permettant d’interdire la progression des groupes djihadistes vers la capitale malienne (Photo: ECPAD)

Alors qu’au Mali même, la ville de Konna, dont la chute avait précipité l’intervention militaire française en Afrique, a été reprise au rebelles, en Algérie, sur le site gazier d’In Amenas, l’assaut se poursuivi contre les rebelles islamistes liés à Al-Qaïda, qui avaient pris en otages des dizaines d’étrangers et des centaines d’Algériens en représailles à l’intervention au Mali. La situation là bas, est encore confuse et il n’y a pas encore de bilan officiel.

Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des pays de la Cédéao, la Communauté économique des pays d’Afrique de l’Ouest,  se sont réunis à Abidjan, en Côte d’Ivoire, afin de préparer le sommet extraordinaire qui aura lieu demain, samedi 19 janvier.

Ils ont affiché leur volonté d’accélérer le déploiement de la Misma (la mission de soutien au Mali) et Laurent Fabius,  le ministre français des Affaires étrangères y sera présent lui aussi pour « accélérer la mise en place » de la force africaine.

Des diplomates onusiens  indiquent, sous le couvert de l’anonymat, que les forces françaises ont rencontré une résistance plus forte que prévue, rapportait aussi l’AFP.

Selon le Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés, le conflit  pourrait faire 400 000 réfugiés et au moins 700 000 déplacés. Le Haut Commissariat s’attend à voir un afflux important de Malien dans les pays voisins lors les prochains mois.

Actuellement, 147 000 Maliens sont réfugiés  dans les pays voisins, en Mauritanie, au Niger, au Burkina Faso et en Algérie.

Le déroulement de la journée:

(En heure de Montréal et, entre parenthèses, l’heure de Paris. Pour l’heure de Bamako, retranchez 1 heure à l’heure de Paris)

16h07 (22h07)

Un Américain mort dans la prise d’otages, rapporte  l’Associated Press, sans préciser la source de l’information.

16h00 (22h00)

Le groupe rebelle Ansar Dine a prévenu que l’intervention française au Mali aurait des conséquences pour les ressortissants français « à travers le monde musulman » et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) pour sa part  a déclaré que la France creusait « la tombe de propres enfants », rapporte RFI.

16h00 (22h00)

Un Français se trouve parmi les personnes tuée lors l’assaut des forces algériennes contre les preneurs d’otages sur le site gazier d’In Amenas, confirme le minsitre français des Affaires étrangères Laurent Fbius, ce vendredi 18 janvier

« Les autorités algériennes viennent de nous informer que l’un de nos compatriotes, M. Yann Desjeux, a malheureusement perdu la vie lors de l’opération pour libérer les otages, » a-t-il déclaré dans un communiqué. « Les vies de trois autres de nos compatriotes qui se trouvaient sur le site lors de l’attaque terroriste ont été sauvées. »

15h00 (21h00)

Beaucoup de morts dans les affrontements à In Amenas, a dit un otage algérien qui s’est échappé au Guardian:

« Il y avait tellement de morts, j’ai été choqué, je ne peux pas dire le nombre exact d’otages étrangers morts, des otages algériens sont morts et il y avait des morts parmi les terroristes. Un des leaders des militants était parmi les victimes…. Les autres preneurs d’otages étaient retranchés dans l’aire de travail du site. Il est très difficile pour l’armée de passer à l’attaque parce que tout peut exploser. »

14h45 (20H45)

La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a déclaré que les États-Unis vont intensifier leurs opérations de contre-terrorisme au Maghreb, où ils effectuent déjà des vols de surveillance.

14h30 (20h30)

Hillary Clinton, en visite à Tokyo, s’est dite « profondément préoccupé par ceux (les otages sur le site gazier) qui restent en danger », lors d’une apparition à Tokyo aux côtés du ministre japonais des Affaires étrangères japonais.

14h00 (20h00)

Le ministre algérien de l’Énergie, Youcef Yousfi, se félicite de ce que les ingénieurs algériens  aient fermé l’usine et mis l’équipement en état de décompression de sorte qu’il ne présente pas un danger immédiat pour les personnes à l’intérieur et pour le site lui-même, rapporte le site Algérie360.

Rappelons que les autorités algériennes ont, dans cette affaire, adopté la ligne dure: ici, un texte de Geoff Porter dans  Foreign Policy, explique la ligne de conduite des autorités algériennes.

12h40 (18h40)

Retour a la crise des otages: les États-Unis  ne négocieront pas avec des terroristes dans la crise des otages en Algérie, a déclaré la porte-parole du Département d’État à propos  l’offre faite par les preneurs d’otages de libérer des Américains en échange d’islamistes détenus aux États-Unis,  a déclaré la porte-parole du département d’Etat, Victoria Nuland.

12h00 (18h)

Les forces maliennes occupent bel et bien Konna, a confirmé  un porte-parole du ministère français de la Défense.

Par ailleurs, le même porte-parole a indiqué que, contrairement à ce que les médias rapportaient un peu plus tôt,  aucune action n’a été conduite dans le secteur de Diabali où les combattants islamistes sont imbriqués avec la population. Il n’y a pas, a-t-il dit, de forces françaises plus au nord que Konna.

11h40 (17h40 )

Aucun combat à Diabali à cette heure, affirme le ministère français de la Défense.

11h00 (17h00) 

Crise des otages en Algérie: Les forces spéciales algériennes auraient libéré quelque 100 otages étrangers détenus par le groupe armé islamiste qui agit en représailles à l’intervention au Mali, mais 30 autres sont toujours portés disparus, rapporte l’agence officielle algérienne APS.

11h00 (17h00)

Les troupes françaises au Mali ont atteint maintenant le nombre de 1 800 soldats, rapporte le Nouvel Observateur, citant  le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian,  soit 400 de plus que le dernier décompte.

Les troupes françaises doivent atteindre à terme un total de 2.500 soldats.

Par ailleurs, la guerre au Mali et la prise d’otages en Algérie, en représailles à l’intervention au Mali, inquiètent les pays voisins:

10h10 (16h10) 

Les militaires maliens et français ont repris le contrôle de Diabali. Joint par Reuters, le maire de la ville explique que l’entrée des forces françaises et maliennes dans l’agglomération fait suite à un raid aérien de l’aviation française dans la matinée.

10h00 (16h )

Les insurgés ont quitté ce matin à l’aube la commune de Diabali pour prendre la direction du Nord, rapporte le Nouvel Obs, qui a un journaliste sur place. Les réfugiés continuent d’affluer vers Niono, située à une soixantaine de kilomètres de Diabali.

9h11 (15h11) 

Selon l’agence de presse mauritanienne ANI, les ravisseurs proposent d’échanger les otages américains détenus par son groupe les Signataires par le Sang » contre un Égyptien et une Pakistanaise emprisonnés aux États-Unis.

L’Égyptien, Omar Abdel-Rahman (le cheikh aveugle) a été condamné à la prison à vie en 1995 pour complot en vue d’attaquer des cibles new-yorkaises et d’assassiner l’ancien président égyptien Hosni Moubarak.

La pakistanaise, Aafia Siddiqui » est une scientifique  emprisonnée pour avoir tenté de tirer sur des soldats américains en 2008 en Afghanistan, alors qu’elle était détenue pour ses liens présumés avec Al-Qaïda.

Belmokhtar, le chef des preneurs d’otages, a fait cette offre dans une vidéo qu’il a enregistrée et qui sera distribuée aux médias, rapporte Nouakchott Information, l’agence mauritanienne qui est en contact avec les rebelles.

8h23 (14h23)

Dans l’affaire de la prise d’otages à In Amenas, dans l’est de l’Algérie, par un groupe islamiste réclamant la fin de l’intervention au Mali, l’armée algérienne poursuit son opération visant à déloger un groupe retranché dans le complexe gazier d’In Amenas, rapporte l’agence officielle algérienne APS ( qui avait rapporté le contraire hier, puis s’était démenti).

Toujours selon le bilan provisoire de cette agence très officielle, annoncé en fin de matinée, près de 650 otages auraient été libérées, dont 573 Algériens et « plus de la moitié des 132 otages de nationalité étrangère», soit plus de 66 personnes, rapporte l’agence de presse officielle APS en donnant un bilan provisoire établi en fin de matinée.

8h14 (14h14)

Même si la France s’est abstenu de critiquer la façon dont les autorités algériennes gère cette crise, Tokyo, Londres, Oslo et Washington ont dit regretter ne pas avoir été mis au courant des intentions algériennes. Il n’y a pas encore de bilan officiel sur ce qui s’est passé et la situation est encore très confuse, déplorent-ils tous.

7h11 (13h11)

Il y aurait encore entre sept et dix terroristes retranchés sur le site de BP et un second site du complexe est toujours cerné vendredi à la mi-journée par les forces de l’ordre, rapporte l’AFP.

6h 30 (12h32)

Dix-huit insurgés islamistes qui avaient attaqué le site gazier d’In Aménas, dans le Sahara algérien, auraient été tués par les forces spéciales algériennes lors de leur assaut lancé le jeudi 17 janvier pour libérer les otages et il y aurait eu lors de l’assaut trente otages tués, dont au moins sept ressortissants étrangers, rapporte Reuters lors de l’assaut.

6h 25 (12h25 )

Le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a confirmé le décès de « plusieurs otages » retenus sur un site gazier en Algérie, dont le « nombre » et la « nationalité » ne sont pas encore connus. « Je viens de m’entretenir avec le Premier ministre algérien qui m’a confirmé que l’opération se poursuit », a ajouté le Jean-Marc Ayrault.

6h12 (12h22)

Le premier ministre britannique David Cameron déclare au parlement « Nous sommes toujours confrontés à une situation mouvante et dangereuse dans laquelle une partie des terroristes a été éliminée dans un secteur du site, mais certains représentent toujours une menace dans une autre zone».

Il souligne encore une fois sa décption de ne pas avoir été informé au préalable de l’assaut lancé jeudi.

5h04 (11h04)

Un groupe d’assaillants islamistes est encore retranché dans le complexe gazier du Sahara algérien, pris d’assaut par les forces spéciales algériennes la veille après une prise d’otages massive opérée par le groupe, reconnaît Alger.

4h58 (10h58)

Les preneurs d’otages d’In Amenas, dans l’est de l’Algérie, n’ont pas l’intention d’en rester là et promettent d’autres actions, rapporte ce vendredi 18 janvier Nouakchott Information (Ani), citant un porte-parole du groupe avec lequel l’agence de presse mauritanienne est en contact régulier.

3h 27 (9h27)

En France, un nouveau conseil de défense consacré à la prise d’otages en Algérie et à la situation au Mali a réuni vendredi matin plusieurs membres du gouvernement et hauts responsables à l’Elysée autour du président François Hollande. Le premier ministre Jean-Marc Ayrault, les ministres de la Défense Jean-Yves Le Drian, des Affaires étrangères, Laurent Fabius et de l’Intérieur, Manuel Valls, participaient à ce conseil qui se tient presque quotidiennement depuis le déclenchement des opérations militaires françaises au Mali il y a une semaine.

Le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, Francis Delon, et le chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud, étaient aussi à L’Élysée.

2h59 (8h59)

L’intervention française au Mali n’est pas « une guerre coloniale », déclare le ministre italien de la Coopération Andrea Riccardi dans un entretien publié par le quotidien La Repubblica . Il ne s’agit pas d’une « guerre coloniale » parce que « c’est l’Afrique qui en premier lieu a demandé de l’aide (…) pour stopper la menace représentée par Al-Qaïda », explique-t-il.

2h52 (8h52)

L’armée malienne a affirmé avoir repris « le contrôle total » de la localité de Konna (centre), dont la capture le 10 janvier par des combattants islamistes avait été le déclencheur de l’intervention française au Mali. « Nous avons repris le contrôle total de la localité de Konna, après avoir fait subir de lourdes pertes à l’ennemi », a assuré l’armée malienne dans un bref communiqué.

0h17 (6h17)

Les forces françaises de l’opération Serval se sont déployées avec les soldats maliens dans la ville de Konna de laquelle les rebelles islamistes se sont retirés. La ville, située au nord de la ville de garnison de Sévaré, est une localité-clé sur la route menant vers la capitale Bamako.

C’est la chute de Konna aux mains des rebelles le 10 janvier qui avait amené, pour ne pas dire forcé la France à intervenir militairement au Mali sans attendreque soit prête la force ouest-africaine sous mandat de l’Onu.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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