Jour 9 de l’intervention au Mali: Diabali abandonnée et, en Algérie, assaut final contre les djihadistes

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Le site gazier d'In Amenas, en Algérie (Photo: BP Petroleum)
Le site gazier d’In Amenas, en Algérie (Photo: BP Petroleum)

Alors que les pays de la Cédéao se réunissaient ce samedi 19 janvier en Côte-d’Ivoire pour accélérer la mise en place d’une force africaine, au Mali, les rebelles ont quitté précipitamment la ville de Diabali et, en Algérie, l’assaut final contre les preneurs d’otages à In Amenas a été lancé, mettant fin à l’opération sur ce site gazier.

Les dirigeants ouest-africains réunis samedi à Abidjan ont appelé à une mobilisation internationale « plus large » dans les opérations militaires au Mali, où soldats français et maliens combattent les groupes islamistes armés, dans l’attente du déploiement d’une force africaine.

Le ministre français des Affaires étrangères, présent à la réunion d’Abidjan, et qui souhaite accélérer le processus pour permettre aux soldats africains de prendre la relève des troupes françaises sur le terrain le plus rapidement possible, a lui aussi lancé un appel pour que la communauté internationale fournisse un appui logistique et financier à cette mission africaine au Mali.

Au même moment, sur le terrain au Mali, la ville de Diabali était abandonnée sans combat par les islamistes et, à Gao, le commissaire de la police islamique de la ville a été tué par des jeunes, en riposte, semble-t-il, à  l’assassinat par les islamistes du journaliste de la radio, Annia Kader Touré.

Pendant ce temps, en Algérie, l’armée, malgré les avertissements des États-Unis et du Japon qui lui demandaient de tout faire pour préserver la vie des otages, a donné l’assaut final contre les preneurs d’otages.

Les autorité algériennes se défendent face aux critiques étrangères sur la façon dont a été mené l’assaut, mais même la presse algérienne privée critiquait vivement les autorités ce samedi 19 janvier, l’accusant de communication limitée, sinon contradictoire, dans cette affaire.

Selon l’agence d’information mauritanienne Nouakchot,  qui était en contact avec les preneurs d’otages, le chef des ravisseurs, Belmokhtar, proposait «à la France et à l’Algérie de négocier pour l’arrêt de la guerre livrée par la France» dans le nord du Mali.

Il voulait aussi «échanger les otages américains détenus par son groupe» contre un Égyptien, Omar Abdel-Rahman, et une Pakistanaise, Aafia Siddiqui, emprisonnés aux États-Unis pour des accusations liées au terrorisme, ce à quoi Washington avait opposé un refus ferme.

Alors que Londres, Washington et Tokyo se souciaient beaucoup du sort de leurs ressortissants pris en otages par les terroristes, l’armée algérienne faisait quant à elle une autre lecture de l’évènement: s’attaquer à In Amenas, c’était s’attaquer au gaz, aux joyaux de la couronne de l’Algérie, et donc à l’État algérien lui-même, qu’elle a pour mission de défendre. Cela expliquerait pourquoi elle a a relevé le défi qui lui était lancé en frappant si fort.

Interrogé lors d’un déplacement à Tulles (Corrèze), le président français, François Hollande, a déclaré pour sa part qu’ « il ne pouvait y avoir de négociation » avec les ravisseurs lors de la prise d’otages sur le site gazier d’In Amenas en Algérie. Il a estimé que l’Algérie avait eu « les réponses » les « plus adaptées » lors de la prise d’otages.

Le déroulement des évènements:

(En heure de Montréal et, entre parenthèses, en heure de Paris, pour l’heure de Bamako, retranchez 1 heure de l’heure de Paris)

15h00 (21h00)

Le ministère algérien de l’Intérieur vient de publier un bilan provisoire de la prise d’otages d’In Amenas:

32 militants islamistes et 23 otages ont été tués pendant l’opération qui a duré trois jours.

Le bilan du ministère algérien de l’Intérieur souligne aussi que 685 Algériens et 107 travailleurs étrangers ont été libérés au cours de l’opération.

13h30 (19h21)

L’Afrique de l’Ouest demande à l’ONU un appui logistique « immédiat », rapporte Reuters.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius,  a  lui aussi lancé un appel pour que la communauté internationale fournisse un appui logistique et financier à cette mission africaine au Mali.

« Nous devons, aussi vite que possible, fournir les moyens logistiques et financiers requis par l’armée malienne et la mission africaine », a-t-il dit, et il a  engagé les pays donateurs à présenter leurs propositions lors d’une conférence internationale prévue le 29 janvier en Ethiopie.

Le chef de la diplomatie française souhaite accélérer le processus pour permettre aux soldats africains de prendre la relève des troupes françaises sur le terrain le plus rapidement possible.

13h29 (19h20)

Au Mali, explosion de violence à Gao.

Aliou Mahamar Touré, commissaire de la police islamique de Gao a été tué par des jeunes, rapporte l’AFP.

Les troubles font suite à l’assassinat du journaliste de la radio, Annia Kader Touré, par les islamistes.

Les islamistes auraient riposté en tirant sur les jeunes.

13h00 (19h00)

Interrogé lors d’un déplacement à Tulles (Corrèze), le chef de l’État a confié qu' »il ne pouvait y avoir de négociation » avec les ravisseurs lors de la prise d’otages sur le site gazier d’In Amenas en Algérie et a estimé que l’Algérie avait eu « les réponses » les « plus adaptées » lors de la prise d’otages.

12h45 (18h45)

Le bureau du premier ministre britannique déclare que le premier ministre David Cameron a parlé au premier ministre algérien Abdelmalek Sellal, qui confirme que l’opération à In Amenas est bel et bien terminée.

12h30 (18h30)

En Algérie, l’agence de presse officielle algérienne , l’APS, confirme à son tour la fin de l’assaut contre les preneurs d’otages sur le site gazier d’In Amenas.

L’agence algérienne rapporte un bilan de « au moins » 19 otages et 29 militants islamistes tués. L’armée, dit l’agence officielle a été forcé d’intervenir après avoir entendu des coups de feu à l’intérieur du site.

(NDLR: on se sait finalement pas qui a tué qui…!)

Sept otages et onze militants islamistes auraient donc été tués, qui s’ajouteraient aux 12 otages et 18 ravisseurs déjà tués précédemment.

12h15 (18H15)

Les dirigeants ouest-africains réunis samedi à Abidjan ont appelé à une mobilisation internationale « plus large » dans les opérations militaires au Mali, où soldats français et maliens combattent des groupes islamistes armés, dans l’attente du déploiement d’une force africaine.

11h00 (17h00)

À Abidjan pour la réunion des leaders d’Afrique de l’Ouest, le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, affirme, rapporte l’Associated Press,  que « nos amis africains prendront bientôt la direction de l’intervention militaire qui est actuellement dirigée par la France ».

« Étape par étape. Je crois, d’après ce j’ai entendu ce matin, que dans quelques jours ou quelques semaines les troupes africaines vont prendre le relais. »

11h00 (17h00)

Le ministre de la Défense britannique,  Philip Hammond,  a déclaré que la crise des otages en Algérie semblait toucher à sa fin, mais que les pertes de vie était horribles et inacceptables.

Philip Hammond  a fait cette déclaration lors d’une conférence de presse en compagnie de son homologue américain, Leon panetta, en visite à Londres dans le cadre de sa tournée européenne.

le secrétaire d’État américain a déclaré pour sa part, qu’il reste encore beaucoup de flou sur ce qui s’est passé mais « nous savons que des vies ont été perdues. »

10h00 (16h00)

À propos du temps que durera l’intervention militaire française au Mali, François Hollande , de passage à à Tulle, où il doit rencontrer des militaires du 126e régiment d’infanterie de Brive en partance pour le Mali, déclare: « Combien de temps cela va-t-il durer? Le temps nécessaire pour que le terrorisme soit vaincu! »

Déplorant que des otages aient été « lâchement assassinés », le président français ajoute: « Ce que je sais, c’est que des otages sont morts, qu’ils ont été lâchement assassinés, et que là encore, s’il y avait besoin de justifier l’action que nous engageons contre le terrorisme, nous aurions là un argument supplémentaire. »

9h20 (15h20)

IN AMENAS, C’EST FINI!

L’opération de libération des otages a pris fin, rapporte le journal algérien El Watan. Sept otages auraient été exécutés par les ravisseurs. et les forces spéciales algériennes auraient éliminé 11 terroristes.

Le journal affirme que les terroristes se préparaient à un acte suicidaire collectif et que l »intervention de l’armée algérienne a permis leur neutralisation mais que,  malheureusement les otages étaient déjà exécutés.

8h25 (14h25)

Selon les forces de sécurité, l’assaut final est donné contre les djihadistes dans l’usine gazière d’In Amenas. Sept otages étrangers sont morts. « L’assaut a été donné en milieu de matinée. Onze terroristes ont été abattus et les otages étrangers ont péri. Nous pensons qu’ils ont été assassinés en représailles », aurait déclaré une source de sécurité algérienne. 16 otages dont 2 Américains, 2 Allemands et 1 Portugais ont été libérés rapporte Reuters.

7h00 (13h)

Les corps brûlés de quinze personnes ont été retrouvés sur le site gazier algérien, sans avoir été identifiés, rapporte Reuters.

5h50 (11h50 )

Il n’y a plus de Français otage en Algérie, sur le site gazier In Amenas attaqué par un commando islamiste, affirme ce samedi 19 janvier sur France 3 Bretagne le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

7h32 (13h22)

La force d’intervention africaine doit se déployer « le plus vite possible » au Mali, a souligné samedi à Abidjan le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. L’opération française engagée le 11 janvier au Mali « n’a pas vocation à se substituer à l’action de la Misma » (Mission internationale de soutien au Mali), a-t-il déclaré à l’ouverture d’un sommet ouest-africain sur la crise malienne.

6h49 (12h49 )

Il y a aujourd’hui 2000 militaires français au sol au Mali, déclare le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian sur France 3. Au total environ 4000 militaires seront « mobilisés pour cette opération », dit-il.

Les 1ers contingents nigérians et togolais sont arrivés au Mali hier, le 18 janvier

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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