Le Canada présidera le Conseil circumpolaire des inuits de 4 pays de 2014 à 2018

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Le Canada, qui est déjà appelé à prendre la présidence du Conseil de l’Arctique en 2013, présidera en outre la Conférence circumpolaire inuit (CPI) de 2014 à 2018. Le CPI représente les peuples autochtones de nombreux pays du Nord et il est également l’un des participants permanents au Conseil de l’Arctique.

Cette année, le Canada succédera à la Suède en mai et présidera pour les deux prochaines années le Conseil de l’Arctique. C’est la ministre de la Santé et du Nunavut Leona Aglukkaq qui assumera donc la présidence du Conseil de l’Arctique de 2013 à 2015, à un moment particulièrement important pour ce le forum intergouvernemental, qui se comprend huit États de l’Arctique: le Canada, le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège, la Fédération de Russie, la Suède et les Etats-Unis.

En effet, à moins que la question ne soit résolue avant que la Suède ne lui cède la présidence, le Canada devra, avec les autres États-membres, définir la position du Conseil quant à l’opportunité que des États non arctiques comme la Chine soit autorisés à devenir des observateurs permanents. L’avenir de l’Arctique est lié à cette question: l’Arctique appartient-il à tous les pays ou simplement aux pays riverains comme les membres actuels du Conseil.

Puis, en 2014, avec encore un an à faire à la présidence du Conseil de l’Arctique, le Canada entamera sa présidence de la Conférence circumpolaire inuit.

À sa création en 1977,  la Conférence représentait les peuples autochtones du Canada, de l’Alaska et du Groenland. Aujourd’hui, la CPI est une organisation multinationale organisation non gouvernementale (ONG) et et une organisation des peuples autochtones (IPO), qui représente les 160 000 Inuits vivant en Alaska (États-Unis), au Canada, au Groenland (Danemark), et en Tchoukotka (Russie).

Les objectifs de la Conférence, qui tient une Assemblée générale tous les 4 ans, sont de renforcer les liens entre les peuples de l’Arctique et de promouvoir les droits humains, culturels, politiques et environnementaux.

Présidant tout à la fois le Conseil de l’Arctique et la Conférence circumpolaire, le Canada sera encore plus à même de promouvoir le développement de l’Arctique tout en défendant les politiques canadiennes en la matière.

Les enjeux

Par ailleurs, les enjeux dans l’Arctique pour les années qui viennent sont nombreux et importants.

Recherche et sauvetage

Le leadership du Canada au Conseil de l’Arctique sera également l’occasion pour le pays de mener une discussion de plus en plus importante sur les capacités de recherche et sauvetage dans l’Arctique.

Comme les changement climatiques provoque le dégel de la glace de l’Arctique et ouvre le passage du Nord Ouest, les experts s’accordent pour dire que l’augmentation de la fr.quence des voyages commerciaux et touristiques dans la région sera inévitable. Et, avec l’augmentation des voyages dans une telle région reculée et dangereuse du monde, le risque d’accident augmente lui aussi.

Revendication sur le plateau continental

Les chercheurs canadiens qui travaillent sur la question du plateau continental ont jusqu’à décembre 2013 pour déposer la revendication canadienne sur les fonds marins au large du littoral arctique à la Commission des Nations Unies sur les limites du plateau continental.

Conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, le Canada a des droits exclusifs sur le plateau continental jusqu’à 200 miles nautiques de ses côtes. Dans son mémoire à la Commission, le Canada demande une extension au-delà de cette limite de 200 miles nautiques.

Certes, il faudra un certain nombre d’années avant la conclusion de ce dossier, mais 2013 sera une année importante pour le Canada car il dépose ainsi sa première revendication sur des fonds marins de l’Arctique potentiellement très riches en ressources.

Le code de navigation polaire

La navigation dans l’Arctique est à la hausse, en particulier le long de la route maritime du Nord, le corridor qui mène de l’Europe à l’Asie orientale en longeant la côte nord de la Russie.

Les risques ne sont pas difficiles à imaginer. Les icebergs peuvent percer la coque d’un navire, l’acier dont sont faits les navires pourraient réagir de façon inattendue à des températures extrêmement basses et on peut craindre les impacts environnementaux imprévus.

L’Organisation maritime internationale et les organismes de protection de l’environnement, est en train de créer un ensemble de règles pour la navigation dans l’Arctique, qui seront regroupé en une « code polaire » de la navigation.

La coopération canado-américaine

On sait que les États-Unis et le Canada ont un différend sur le statut du passage du Nord-Ouest. Les Américains prétendent que les eaux de l’Arctique canadien sont une voie navigable internationale, comme l’océan, et doivent être accessibles sans entrave au transport maritime.

Mais une querelle canado-américaine pourrait être l’occasion pour la Russie de dicter ses règles, comme elle le fait déjà le long de sa route maritime du Nord.

Des règles pour les combustibles fossiles gelés

Le Conseil de l’Arctique devra rapidement établir des règles pour l’exploration et la production pétrolière.

Un groupe de travail a été mis en place en 2011 pour savoir comment gérer le problème de déversement d’hydrocarbures et proposer un projet d’accord intergouvernementale juridiquement contraignant. Le projet d’accord est prêt et sera l’objet de discussions à la réunion de mai à Kiruna, en Suède, où le Canada prendra la présidence du Conseil.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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