Le chef de l’armée égyptienne craint l’effondrement de l’État

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La place Tahrir au Caire lors de la manifestation pour célébrer les deux ans de la révolution (Photo: @kikhote, Twitter)
La place Tahrir au Caire lors de la manifestation pour célébrer les deux ans de la révolution (Photo: @kikhote, Twitter)

Le ministre égyptien de la Défense et chef des Forces armées égyptienne, le général Abdul Fattah al-Sisi, a déclaré l’actuelle crise politique pourrait conduire à un effondrement de l’État, rapportent les médias ce mardi 29 janvier.

Le général Abdul Fattah al-Sisi, dans les commentaires affichés sur la page Facebook de l’armée, affirme qu’un tel effondrement pourrait menacer les générations futures.

Il a fait cette déclaration à la suite d’un déploiement militaire de grande envergure dans trois villes le long du canal de Suez où l’état d’urgence a été déclaré, alors que l’Égypte est agitée depuis 6 jours par des violences qui ont fait 52 morts jusqu’à maintenant.

Le président Mohammed Morsi , pour sa part, a écouté un voyage qu’il avait prévu en Europe, réduisant à quelques heures sa visiste en Allemagne, qui devait durer deux jours, et annulant sa visite en France.

Lundi soir, des milliers de personnes à Port-Saïd, Ismaïlia et Suez – foyers des manisfestations ls plus violentes – sont descendues dans les rues, bravant le couvre-feu nocturne imposé par le président Morsi. Et les milliers de nouveau dans les rues ce mardi 29 janvier pour les funérailles des dernières personnes ayant perdu la vie dans manifestations à Port Saïd, ont appelé à la chute du président islamiste.

Les affrontements se sont aussi poursuivis sporadiquement dans la capitale, la Caire. Ce mardi, la police a de nouveau tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants près de la place Tahrir, et le hall d’un grand hôtel près de la place a été attaqué, apparemment par des pillards.

Les affrontements ont également incité le procureur de la République d’Egypte à ordonner l’arrestation des membres du Black Bloc, d’un groupe anarchiste nouvellement formé, opposé uniquement aux Frères musulmans – le puissant groupe islamiste dont le présiden Morsi est issu.

La déclaration du général Sisi, venant de l’armée, la plus grande institution d’Égypte, qui, non seulement assure la sécurité du pays, mais jour aussi un un rôle économique majeur, est un message dont devront tenuir compte tous les acteurs de la crise, l’opposition, mais aussi le président lui-même.

Le général a soiuligné, dans sa déclaration, que les défis économiques, politiques et sociaux auxquels l’Égypte est confrontée représentaient «une menace réelle pour la sécurité de l’Egypte et la cohésion de l’Etat égyptien.»

D’ailleurs, le général n’a pas manqué de souligner que le déploiement militaire le long du canal de Suez visait à protéger cette route maritime clé qui est l’une des principales sources de devises étrangères de l’Égypte.

Le général Sisi a été nommé par le président Morsi l’été dernier au moment de l’accession de Mohamed Morsi à la présidence.

Né en 1954, sorti de l’Académie militaire en 1977, il a été en grande partie formé aux États-Unis et au Royaume-Uni (Basic Infantry Course, USA., British Command and Staff College Course, Kimberly, UK , et Army High War College Course, USA). Il a fait son service dans l’infanterie et fut promu chef des armées en août 2012.

Bien que nommé par Morsi, sa loyauté va sans aucun doute d’abord à l’Armée et ses menaces peuent s’adresser tout aussi bien au président Morsi, incapable d’assurer la cohésion sociale, qu’à l’opposition qui la perturbe.

Malgré ses promesses de former un gouvernement pour tous les Egyptiens, Morsi été accusé par l’opposition d’être autocratique et sa nouvelle constitution, aux dires de ses opposants, ne protège pas suffisamment la liberté d’expression ou de religion.

Le président égyptien avait convié les dirigeants de l’opposition à assister à une réunion au palais présidentiel dimanche 27janvier, dans un effort pour calmer la situation mais son appel a été rejetée par ses adversaires politiques

Le principal parti d’opposition, le Front de salut national (FSN), dirigé par le prix Nobel de la Paix, Mohamed El Baradei, a reusé de participer à ce dialogue national, citant des demandes non satisfaites et déclarant que pareilles négociations seraient inutiles dans le cadre du statu quo.


L’opposition égyptienne rejette l’appel du président Morsi (source: France 24)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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