Les camps d’internement Nord-Coréens sont maintenant visibles sur Google Maps

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Carte de la Corée du Nord (Google Maps)
Carte de la Corée du Nord (Google Maps)

Google a publié une carte actualisée de la Corée du Nord où on peut voir clairement les sinistres camps d’internement du régime totalitaire nord-coréen, ainsi qu’un site de recherche sur le nucléaire au coeur de la récente confrontation entre Pyongyang et la communauté internationale.

On peut voir, sur la carte de Google Maps, composée essentiellement à partir d’images satellite, un aperçu plus détaillé de Pyongyang avec des écoles, des hôtels, des hôpitaux, une cathédrale, un marché et des parcs de part et d’autre du fleuve Taedong, qui traverse la capitale nord-coréenne, ainsi que quelques grandes villes à l’extérieur de Pyongyang, des aéroports, une raffinerie et…un site de recherche nucléaire.

Mais, ce qui est plus troublant encore, ce sont les taches grisâtres: elles représentant des camps d’internement.

Ainsi, à 100 km au nord-est de Pyongyang par exemple, le camp (kwan-li-so) N°18 identifié comme camp d’internement ou, près de la frontière nord avec la Chine, le camp de travail N°22, où peut voir clairement une armurerie et des baraquements des gardes.


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Le camp d’internement(kwan li so)de Bukchang, au sud de la capitale nord-coréenne

Déjà, en mai 2011, Amnesty International avait rendu publics des images satellite et des témoignages illustrant les conditions de détention épouvantables régnant dans le réseau nord-coréen de camps pour prisonniers politiques, où languissent, selon l’organisme international, 200 000 personnes.

Ces images révélaient l’emplacement et la taille de ces camps, ainsi que les conditions qui y prévalaient.

Amnesty International avait en outre parlé à l’époque à un certain nombre de personnes, dont d’anciens détenus du camp de prisonniers politiques de Yodok, ainsi qu’à des gardes d’autres camps, pour en savoir plus sur la vie dans ces camps.

Le rapport d’Amnesty International rapportait notamment, sur la foi des témoignages d’anciens détenus du camp de Yodok, que les prisonniers y sont contraints de travailler dans des conditions proches de l’esclavage et sont fréquemment soumis à la torture et à d’autres traitements cruels, inhumains et dégradants. Tous les détenus de Yodok ont été témoins d’exécutions publiques.

Les dirigeant nord-coréens ne peuvent cacher les camps

La carte actualisée de la Corée du Nord permet maintenant à tous de voir les camps de prisonniers nord-coréens et de mieux mesurer l’ampleur du phénomène.

Les Nord-Coréens n’ont pas accès à l’Internet, à l’exception, bien sûr, des dirigeants, et vivent dans l’un des pays les plus isolés et censurés au monde. Ils n’ont donc aucun moyen de fournir des renseignements à l’étranger sur la topographie, l’urbanisation ou la localisation d’installations stratégiques.

La publication de la carte nord-coréenne par Google vient donc combler ce vide. Il suffit maintenant, par exemple, de taper sur Google Maps « Bukchang Gulag » ou « Hoeryong Gulag » pour voir apparaître les sinistres camps d’internement.

Coincidence, ou pas, le patron du géant de l’internet Eric Schmidt revient tout juste pour une visite de trois jours qu’il a effectué avec un ancien diplomate américain, Bill Richardson en Corée du Nord

Un mois après le lancement d’un missile à longue portée par Pyongyang, la visite d’Éric Schmidt soulève encore bien des questions. Schmidt avait expliqué sa visite par un but « humanitaire privée », sans autres précisions.

Le bruit coure dans la presse américaine, que cette entrevue ne se serait pas très bien passée et que cette divulgation d’informations pourrait être un bras de fer entre le géant de l’Internet et le régime totalitaire le plus secret et le plus fermé au monde.

Quoi qu’il en soit, Éric Schmidt avait déclaré, à son retour, que «la décision (des Nord-Coréens) de demeurer virtuellement isolés ne peut qu’affecter leur univers, leur croissance économique», tandis que «la planète devient de plus en plus connectée».


Au terme sa visite en Corée du Nord, le patron de Google, Éric Schmidt, presse le régime de Pyongyang de permettre l’accès à l’Internet (source: channel4news)

Google avait déjà contribué au déplacement de l’emplacement des camps d’internement nord-coréens grâce à son service d’image par satellite, Google Earth, abondamment utilisés par les ONG de défense des droits de l’Homme, mais voilà qu’aujourd’hui le dévoilement sur son service Google Maps touceh un plus grand public encore.

Les tensions entre Pyongyang et la communauté internationale sont à leur apogée après le tir en décembre d’une fusée, considérée par Washington et ses alliés comme un nouvel essai de missile balistique, la résolution, votée à l’unanimité le Conseil de Sécurité le 22 janvier, visant à renforcer les sanctions contre la Corée du Nord, et la décision par le régime de Pyongyang de faire fi des menaces et des sanctions et de procéder malgré tout à de nouveaux essais nucléaires.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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