Les États-Unis reconnaissent pour la première fois en 20 ans le gouvernement somalien

0
Le nouveau président somalien Hassan Cheikh Mohamoud  (Photo: blogofnations)
Le nouveau président somalien Hassan Cheikh Mohamoud (Photo: blogofnations)

Barack Obama a reçu ce jeudi 17 janvier son homologue somalien, le président Hassan Cheikh Mohamoud, élu le 10 septembre 2012 à l’issue d’un difficile processus parrainé par la communauté internationale visant à reconstruire l’État central somalien qui s’était écroulé avec la chute du dictateur Mohammed Siad Barre en 1991.

C’est la première fois depuis 1991 que les États-Unis reconnaissent un gouvernement à Mogadiscio, geste d’autant plus significatif que les Américains restent profondément marqués par l’échec de leur intervention militaire en Somalie au début des années 1990, symbolisé et immortalisé au cinéma par le film de Ridley Scott, Black Hawk Down, sorti en 2001, et qui relate les combats de Mogadiscio des 3 et 4 octobre 1993 au cours desquels dix-neuf militaires américains et plusieurs centaines de Somaliens trouvèrent la mort.

Le président américain a « pris note des progrès impressionnants en matière politique et de sécurité dans l’année écoulée en Somalie », dit un communiqué de la Maison-Blanche, mais a également « reconnu les nombreuses difficultés auxquelles la Somalie doit faire face ». M. Obama a toutefois « exprimé son optimisme pour l’avenir de la Somalie », exhortant son hôte à « saisir cette opportunité unique de tourner la page de deux décennies de conflit ».

La secrétaire d’État Hillary Clinton s’était pour sa part félicitée que « pour la première fois depuis 1991, ce pays ait un gouvernement représentatif avec un nouveau Parlement, un nouveau Premier ministre et une nouvelle Constitution ».

Le président Hassan Cheikh Mohamoud a expliqué quant à lui que la Somalie « sortait d’une très longue et très difficile période » et comptait passer de « l’instabilité, l’extrémisme et la piraterie (…) au développement et à la paix».

En effet, depuis 2000, la Somalie, peuplée d’environ huit millions d’habitants, a été livrée au chaos et à la guerre civile.

Sa capitale, Mogadiscio, a été sous la coupe de plusieurs maîtres pendant cette période trouble de son histoire, notamment l’Alliance des tribunaux islamiques et, plus tard, les jeunes islamistes shebab.

Fin décembre 2006, l’armée éthiopienne était intervenu en Somalie et les tribunaux islamiques, qui souhaitaient instaurer un État régi intégralement régi par la charia, avaient été écartés. L’armée éthiopienne avait alors pris le contrôle de la majeure partie du pays et s’était déclaré le gouvernement de facto du pays.

Vint ensuite la période où dominaient les islamistes shebab, affiliés à Al-Qaïda, qui finirent par être chassés en 2011 de la capitale somalienne, bien qu’ils contrôlent encore de larges zones rurales du sud et du centre de la Somalie.

« Notre politique ces quatre dernières années en Somalie et dans la région a fait la différence en consolidant (les institutions centrales) à Mogadiscio, en contribuant à se débarrasser d’éléments clés de la cellule d’Al-Qaïda en Afrique de l’Est et en cassant les reins des shebab », avait expliqué le mercredi 15 janvier le secrétaire d’État adjoint pour l’Afrique, Johnnie Carson.

La reconnaissance officielle du gouvernement somalien par les États-Unis devrait lui ouvrir les portes de l’aide de la Banque mondiale et du Fonds monétaire internationale.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.