Les protestations de la Syrie contre un raid israélien sur un bâtiment militaire

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Les combats continuent entre les rebelles et le régime d'Al Assad en Syrie
Les combats continuent entre les rebelles et le régime d’Al Assad en Syr
La Syrie protestent auprès de l’ONU contre un raid israélien ayant visé un centre militaire dans la province de Damas et dit se réserver le droit de riposter.

Un appareil israélien a violé mercredi 30 janvier à l’aube l’espace aérien syrien, visant un « centre de recherche sur l’autodéfense » dépendant de l’Armée, dans le secteur de Jomrayah-al-Hameh, à moins de dix kilomètres au nord-ouest de Damas, rapporte l’agence officielle syrienne Sana, citant le commandement militaire syrien. Selon la même source, le bâtiment principal a été partiellement détruit, deux employés étant tués et cinq autres blessés.

Israël n’a pas confirmé officiellement ce raid. Il faut aussi noter que l’agence Sana (Syrian news agency) n’est pas une agence de presse indépendante mais qu’elle est propriété du gouvernement syrien.

Le Général Amir Eshel, commandant de l’armée de l’Air israélienne, avait déclaré le 29 janvier , au sujet de l’évolution géopolitique du Moyen-Orient et des nouvelles menaces qui touchent Israël, que le manque de gouvernance dans les pays voisins expose Israël à des activités hostiles et incontrôlables.

On sait qu’une partie des opérations de Tsahal est menée au-delà des frontières d’Israël et que l’armée de l’Air est souvent la première à être appelée.

Quoiqu’il en soit, il s’agirait, s’il avère exact qu’un appareil israélien ait visé le bâtiment militaire en banlieue de Samas, du premier raid israélien sur la Syrie depuis 2007, et , bien sûr, du premier depuis le début en mars 2011 d’une révolte populaire qui s’est muée en guerre civile, qui a fait plus de 60 000 morts et menace de déborder dans les pays voisins.


L’armée syrienne accuse Israël d’avoir bombardé un site militaire syrien (source: Euronews)

Par ailleurs, dans dans un communiqué publié par l’agence officielle Sana, le ministère des Affaires étrangères a dit «protester officiellement contre la violation par les Israéliens de l’accord de 1974» sur la fin des hostilités entre la Syrie et Israël, qui restent techniquement en état de guerre mais étaient parvenus à un accord de cesse-le-feu.

Et, en Syrie même, les médias officiels accordent beaucoup d’importance à cette histoire qui, faut-il le préciser, leur permet de parler d’autre chose que des morts dans les affrontements entre les rebelles et les forces du régime de Bachar Al Assad.

Pendant ce temps, le carnage continue: le bilan des morts publié par l’ODSDH (l’Observatoire syrien des Droits de l’homme), un organisme indépendant qui se base sur un réseau de citoyens, médecins et militants sur le terrain en Syrie, s’établit, pour le mercredi 30 janvier, à un total de 180 personnes.

Ces morts comprennent 84 civils désarmées, 46 combattants 3 déserteurs de l’Armée d’Assad, les 2 employées du centre de recherche sur l’autodéfense, dans la province de Damas, 5 combattants étrangers venus d’Arabie saoudite, d’Égypte, et de Libye, et au moins 42 soldats du régime syrien.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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