L’Iran veut rassurer sur son programme nucléaire par un décret religieux (MàJ)

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Carte des principaux sites du programme nucléaire iranien, juin 2012 (Photo:Sémhur / Wikimedia Commons)
Carte des principaux sites du programme nucléaire iranien, juin 2012 (Photo:Sémhur / Wikimedia Commons)

Mise à jour, 16/01/13

Les experts de l’Agence internationale de l‘énergie atomique (AIEA) et les responsables iraniens ont décidé de poursuivre jeudi leurs négociations jeudi à Téhéran sur la signature d’un “accord global” concernant le dossier nucléaire controversé de l’Iran, rapporte l’AFP.

L’Iran a toutefois déjà écarté une visite à Parchin.

L’agence tente d’obtenir un accès plus large à certains sites, documents ou individus, et notamment à la base militaire de Parchin, où l’AIEA soupçonne l’Iran d’avoir procédé à des tests d’explosions conventionnelles susceptibles d‘être utilisées pour déclencher une bombe atomique.

Alors qu’une délégation de l’Agence internationale de l’énergie atomique est attendue à Téhéran, le régime iranien, pour apaiser les craintes de la communauté internationale à l’égard de son programme nucléaire, offre, non pas un engagement de son gouvernement  ou la signature d’un traité international, mais un décret religieux de son Guide suprême.

Une délégation de l’Agence internationale de l‘énergie atomique est en effet attendue le mercredi 16 janvier en Iran. L’Agence tente depuis un an de parvenir à un accord avec l’Iran pour enquêter librement sur la véritable finalité du programme nucléaire iranien.

Téhéran a refusé jusqu‘à présent un certain nombre de demandes de l’agence, estimant qu’elles allaient au-delà de ses obligations dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). “Nous espérons parvenir à un accord global” mercredi, a affirmé ce mardi un porte-parole de la diplomatie iranienne, Ramin Mehmanparast, ajoutant que l’AIEA doit alors reconnaître “pleinement les droits nucléaires” de l’Iran, dont le droit à l’enrichissement qui est au coeur du conflit entre l’Iran et la communauté internationale.

Le chef de la délégation de l’AIEA, le Belge Herman Nackaerts, a pour sa part dit espérer des discussions “constructives” et souhaiter avoir accès au site militaire de Parchin, où l’Occident soupçonne l’Iran d’avoir procédé à des tests de détonateurs qui pourraient être utilisés pour déclencher une arme atomique.

L’AIEA et la communauté internationale redoutent que l’Iran, en dépit de ses dénégations répétées, ne cherche à se doter de l’arme atomique. Plusieurs réunions, dont la dernière en décembre à Téhéran, s’étaient soldées par des échecs.

Trois rounds infructueux de pourparlers entre, d’une part, Téhéran, et d’autre part un groupe formé des cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne), plus l’Allemagne, ont eu lieu en 2012: à Istanbul en avril, à Bagdad en mai, puis à Moscou en juin. Les parties se sont mis d’accord pour la tenue d’une prochaine réunion mais la date n’a pas encore été arrêtée.

Le programme nucléaire iranien a déjà été condamné par six résolutions du Conseil de sécurité, dont quatre étaient accompagnées de sanctions internationales, renforcées ensuite unilatéralement par les États-Unis et l’Union européenne.

Pour prouver sa bonne foi, Téhéran s’est dit ce mardi prêt à “enregistrer comme un document international” des déclarations présentées comme une “fatwa” (décret religieux) de l’ayatollah Ali Khamenei, où le Guide suprême iranien dit que l’arme atomique est interdite par l’islam.

Le porte-parole iranien affirme que cette fatwa a une valeur très importante, montrant l’engagement des croyants et des musulmans pour empêcher l’utilisation des armes de destruction massive.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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