L’opposition syrienne veut «500 millions $» et «des armes»

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Riad Seif, vice-président de la coalition syrienne, et Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, lors de la réunion internationale de soutien à la coalition nationale syrienne (Photo: Ministère des Affaires étrangères/Frédéric de La Mure)
Riad Seif, vice-président de la coalition syrienne, et Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, lors de la réunion internationale de soutien à la coalition nationale syrienne (Photo: Ministère des Affaires étrangères/Frédéric de La Mure)

Alors que les combats se poursuivent actuellement au sud de Damas, les opposants au régime de Bachar Al-Assad, réunis à Paris, ce lundi, attendent un soutien des gouvernements occidentaux afin de poursuivre leur lutte en Syrie. Dans le même temps, l’armée aurait «repris l’initiative», à en croire les déclarations du président Al-Assad.

«La Syrie a besoin de milliards de dollars. Mais il nous faut un minimum de 500 millions $ pour avoir la possibilité de mettre sur pied un gouvernement. (…) Nous avons besoin d’armes, d’armes et d’armes.»

Au sortir de la réunion internationale, ce lundi, à Paris, George Sabra, dirigeant du Conseil national syrien (CNS), estime que l’opposition syrienne a besoin d’aide dans sa bataille face au gouvernement Al-Assad.

Après avoir assuré que «le peuple syrien livre actuellement une bataille sans merci», Riad Seif, vice-président de la Coalition syrienne, a, pour sa part, prévenu les chefs d’Etat occidentaux.

«Le temps n’est pas de notre côté et la poursuite de ce conflit ne peut qu’entraîner une catastrophe pour la région et pour le monde. Nous ne voulons plus de promesses qui ne seront pas tenues», a-t-il assuré devant des diplomates et hauts fonctionnaires d’une cinquantaine de pays.

Laurent Fabius : « Donner les moyens à la Coalition nationale syrienne d’agir »

Des déclarations syriennes suivies dans la foulée par la réponse de Laurent Fabius. Pour le ministre français des Affaires étrangères, «cette conférence a un but concret : donner les moyens à la Coalition nationale syrienne d’agir.» Alors que la lutte se poursuit dans l’ensemble du pays, Laurent Fabius voit également surgir la menace islamiste. «Face à l’écroulement d’un État et d’une société, ce sont les groupes islamistes qui risquent de gagner du terrain si nous n’agissons pas comme nous le devons», a-t-il assuré. «Cela passe par des fonds, des aides de toutes sortes. Des promesses ont été faites, certaines ont été honorées, pas toutes, loin de là.»

La Coalition syrienne attend donc des gestes concrets de la part de ses alliés occidentaux.

À l’issue de la réunion des Amis du peuple syrien, le 12 décembre dernier, à Marrakech, près de 145 millions de dollars avaient été promis à l’opposition. Mais son soutien international peine à lui accorder une confiance totale. Pour preuve, aucune arme ne lui a, pour l’heure, été délivrée. Un embargo européen est, en effet, toujours d’actualité avec la crainte de voir ces livraisons tombées entre les mains de djihadistes.

En marge de la conférence, un responsable du Quai d’Orsay a néanmoins assuré que cet embargo serait réexaminé fin février, à Bruxelles.

Des affrontements au sud de Damas

Si ses alliés semblent hésiter à lui accorder une aide financière et militaire, l’opposition syrienne attend des actes imminents. Car, dans le même temps, les combats se poursuivent, ce lundi, au sud de Damas. Les forces du régime syrien affrontent des rebelles, notamment dans le quartier de Qadam, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

De plus, le journal libanais Al-Akhbar rapporte, ce lundi, des propos de Bachar Al-Assad.

Selon des «visiteurs» du palais présidentiel, le chef d’état syrien aurait assuré que «l’armée a largement repris l’initiative (…) parvenant à des résultats importants». Avant d’ajouter que «si, pour lutter contre le trafic d’armes et l’entrée de combattants, la frontière avec la Turquie était fermée, la question serait réglée en deux semaines.»

Ses déclarations interviennent au lendemain de l’annonce par Dimitri Medvedev, premier ministre russe et allié du président, que «les chances qu’il (Bachar Al-Assad, ndlr) se maintienne au pouvoir sont de plus en plus petites».

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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