Mali: les Français progressent vers le Nord, Tombouctou bombardée

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Ce mardi 22 janvier, l’armée française a mené une attaque aérienne contre un centre de commandement djihadiste basé dans la ville historique de Tombouctou (900 km au nord-est de Bamako). L’aviation a visé un camp d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), l’un des plus importants groupes islamistes actifs au Mali.

Les célèbres mausolées classés au patrimoine mondial de l’Unesco avaient récemment été détruits par les islamistes à coups de pioches au nom de la charia. Tombouctou représente, avec Gao (1200 km au nord-est de Bamako), un point stratégique dans la reconquête du nord malien.

Le point dans l’ensemble du pays

Par ailleurs, le ministère français de la Défense a fait le point de la situation de l’opération Serval visant à chasser les islamistes du Mali et à restaurer l’autorité du gouvernement Malien. Ce mardi 22 janvier a été marqué par la poursuite de la montée en puissance, le déploiement des unités logistiques et de commandement et la consolidation du dispositif de couverture à partir de Diabali et Mopti-Sévaré.

Tandis que les opérations de frappe aérienne se poursuivent sur les objectifs militaires avec une dizaine de sorties, les soldats français ont été relevés par les forces armées maliennes (FAMA) à Markala afin de poursuivre leur action plus au nord à partir de la ville de Diabali, dit le ministère. A l’est, à Sévaré, le deuxième sous-groupement tactique poursuit son appui aux patrouilles de l’armée malienne et les unités de Serval déployées consolident ainsi le dispositif d’interdiction face au Nord afin de prévenir toute action offensive des groupes terroristes en direction du sud du pays.

La force poursuit aussi sa montée en puissance à Bamako, l’effort consistant désormais à mettre sur pied les unités de soutien et de logistique indispensables à la manœuvre ainsi que la structure de commandement chargée de commander les forces engagées dans cette opération. Une compagnie armée par le 3e régiment d’infanterie de marine de Vannes (3e RIMa), arrivée de France le 21 janvier, assure désormais la sécurité de la base-arrière de l’opération Serval.

Par ailleurs, poursuit la mise au point de la Défense française, le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Dixmude a appareillé le lundi 21 janvier de Toulon avec à son bord les éléments d’un groupement tactique inter-armes (GTIA) de l’armée de Terre qui sera engagé dans l’opération Serval.

Les effectifs français ont atteint 2 300

Les effectifs militaires français actuellement déployés Mali s’élèvent maintenant à 2 300.

Le ministère français de la Défense précise aussi que, jusqu’à maintenant, la mise en place de l’opération Serval a nécessité une quinzaine de liaisons pour acheminer les troupes françaises en provenance de France ou du Tchad, une trentaine de rotations d’avions de transport de fret (médical, logistique, technique, nourriture, eau) et une soixantaine de vols d’avions gros porteurs pour les véhicules tactiques (du véhicule de liaison au véhicule blindé lourd). Ces rotations, précise la Défense française, ont été réalisées grâce au soutien d’une dizaine de nos partenaires européens, canadiens et désormais américains qui engagent 3 gros porteurs C17 (ce sont 7 C17 au total qui sont maintenant à pied d’œuvre pour le soutien du déploiement de l’opération).

Pendant ce temps les contingents africains continuent d’affluer: Près de 1600 soldats africains sont maintenant arrivés. Près de 1000 nigériens, nigérians, togolais et béninois sont désormais engagés au sein de la Mission internationale de soutien au Mali, la MISMA, et on attend incessamment plus de 500 soldats tchadiens, qui ont rejoint Niamey où ils poursuivent leur montée en puissance.

Sur le front humanitaire

Et sur le front humanitaire, l’Union européenne a annoncé mardi le déblocage de 20 millions d’euros supplémentaires d’aide pour le Mali, destinés aux personnes victimes de malnutrition au Mali et aux réfugiés dans les pays voisins, «pour faire face», dit la Commission européenne dans un communiqué, «à l’escalade de la crise qui frappe ce pays, où de nombreux habitants fuient le conflit et des milliers d’enfants souffrent de malnutrition grave.»

Le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) estime à 150 000 personnes le nombre de réfugiés chassés du Mali, et à 230 000 celui des déplacés

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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