Mali: l’étau se resserre sur les islamistes

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Gao reprise, bientôt Tombouctou, et le dernier fief des islamistes, Kidal, bombardé par l’aviation française, l’étau se resserre sur les islamistes au Mali.

Gao, reprise samedi 26 janvier par les forces françaises et maliennes, était le bastion des islamistes du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et maintenant, soldats français et maliens progressent par voie terrestre en direction de la ville historique de Tombouctou, à 900 km au nord-est de Bamako, alors que l’aviation française bombarde des positions islamistes dans leur fief de Kidal, à 1 500 km de Bamako, dans l’extrême nord-est du Mali.

Les opérations conduites dans la profondeur du dispositif ennemi se poursuivent avec notamment le renforcement de la position de Gao, en particulier par un escadron blindé du GTIA 21e RIMa, par les forces armées maliennes et par plusieurs unités africaines (Niger, Tchad), dit le ministère français de la Défense dans le point qu’il fait de la situation pour la période du 26 janvier ;a 12h au 27 janvier ;a 18h (heure de Paris).

Actuellement, les forces armées maliennes ont pris pied dans Gao. Le maire de la ville, qui avait été contraint de la quitter lors de l’arrivée des terroristes en mars 2012, a également pu rentrer dans Gao. Lors de la prise de l’aéroport et du pont sur le Niger, plusieurs groupes terroristes ont été détruits ou chassés vers le nord, poursuit le comuniqué de la Défense française.

Sur la partie ouest du dispositif, le détachement constitué du GTIA 21e RIMa et d’unités maliennes poursuit sa progression en direction de Tombouctou après 48h de reconnaissance offensive depuis Léré.
Les opérations aériennes menées depuis hier apportent un appui direct aux opérations dans Gao et sur l’axe ouest. Près d’une vingtaine de sorties aériennes ont été réalisées ces dernières 36 heures dans les régions de Tombouctou et Gao.

A Bamako, sur les dernières 36 heures, indique encore le document officiel, une quinzaine de gros porteurs ont délivré matériels et véhicules pour l’opération Serval, permettant notamment à la composante logistique de monter en puissance et de consolider ainsi le dispositif d’approvisionnement sur le théâtre. Les effectifs engagés sur le sol malien atteignent désormais 2900 hommes tandis que les contingents africains de la MISMA et du Tchad totalisent plus de 2700 militaires.

Des éléments précurseurs de l’armée malienne ont pu s’infiltrer dimanche dans la périphérie de Tombouctou, rapportait pour sa part l’AFP ce dimanche 27 janvier, s’appuyant sur le témoignage d’un haut-gradé de l’armée malienne.

Selon cette source la principale préoccupation serait la sécurisation des biens et des personnes de façon à éviter des cas de pillages et d’exactions contre de présumés sympathisants islamistes comme ceux qui on eu lieu lors de la libération de Gao samedi et, quelques jours auparavant, à Sévaré.


La revanche de l’armée malienne humiliée (source: BFM-TV)

Alors que l’aviation française bombardait leur positions dans leur fief de Kidal, les combattants islamistes, y compris leurs principaux chefs, Iyad Ag Ghaly, le chef d’Ansar Dine (Défenseurs de l’islam), et l’Algérien Abou Zeid, l’un des émirs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), se seraient quant à eux repliés dans les montagnes de la région de Kidal,, dans l’extrême nord-est malien.

Pendant ce temps, le président béninois et président sortant de l’Union africaine Thomas Boni Yayi, qui s’exprimait ce dimanche 27 janvier à l’ouverture du 20e sommet de l’Union africaine dans la capitale éthiopienne, Addis Abeba, a salué l’intervention française mais déploré la lenteur du continent africain à agir pour défendre le Mali.

En effet, si plus de 6 000 soldats ouest-africains et tchadiens doivent à terme être déployés au Mali pour prendre le relais de l’armée française, ils n’arrivent qu’au compte-goutte et leur déploiement est sérieusement ralenti par de sérieux problèmes de financement et de logistique.

Par ailleurs, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, présent au sommet d’ Addis Abeba, a appelé Bamako à dresser une feuille de route devant mener au rétablissement complet de l’ordre constitutionnel.

Le Mali, faut-il le rappeler, est dirigé par des autorités de transition mises en place après le coup d’Etat militaire du 22 mars 2012 qui avait renversé le régime du président Amadou Toumani Touré.C’est ce chaos provoqué par ce pustch qui avait permis aux rebelles indépendantistes touregs de s,emparer du nord dum pays pour en être presque aussitôt évincés par les groupes djihadistes plus radicaux comme Ansar Dine, le MUJAO et AQMI.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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