Mali: Opération Serval, Jour 3, les bastions islamistes du Nord attaqués

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L'opération française Serval a stoppé la progression des Islamistes vers le Sud du Mali et s,attaque maintenant à leurs bastions dans le Nord (Photo: Farmaroc)
L’opération française Serval a stoppé la progression des Islamistes vers le Sud du Mali et s,attaque maintenant à leurs bastions dans le Nord (Photo: Farmaroc)

Au troisième jour de l’Opération Serval, le dimanche 13 janvier, la France a poursuivi ses bombardements des islamistes au Mali. Des bases jihadistes ont été détruites par une dizaine de frappes aériennes françaises à Gao et dans sa périphérie.

Notamment, quatre avions de combat Rafale ont détruit les camps d’entraînement et des dépôts logistiques près de Gao. Les principales bases des islamistes ont été mises hors d’usage et les islamistes ont évacué la ville.

Gao, à environ 1 200 km au nord-est de Bamako, était le quartier général de la rébellion touareg, laïque et favorable à l’autodétermination du nord du Mali, du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qui avait lancé en janvier 2012 une offensive contre l’armée malienne dans le Nord, avant d’en être évincée peu de temps après, par les groupes islamistes armés Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et Ansar Dine (Défenseurs de l’islam).

Les avions français ont aussi frappé une base importante du groupe islamiste armé Ansar Dine à Aghabo, à 50 km de Kidal, dans l’extrême nord-est du pays. Un camp de combattants djihadistes a également été visé à Léré, près de la Mauritanie, et des cibles ont été touchées près de Douentza (800 km au nord de Bamako).

“Il y a des raids en permanence. Il y en a en ce moment, il y en a eu cette nuit, il y en aura demain”, a expliqué pour sa part le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Gao, Kidal, et la ville historique de Tombouctou, les trois principales villes du Nord malien, étaient devenues des points névralgiques pour les groupes armés qui occupaient le Nord du pays.

Les djihadistes quant à eux crient déjà vengeance, “La France a attaqué l’islam. Nous allons frapper le coeur de la France”, a déclaré ce lundi 14 janvier l’un des responsables du Mujao dans le nord du Mali.

Bientôt, la reconquête du Nord

L’ONU avait déjà autorisé par voie de résolution une intervention au Mali, mais, après avoir occupé le Nord du pays pendant près de neuf mois, les islamistes s’étaient emparés tout récemment de la ville de Konna et menaçaient de progresser vers le Sud, préemptant ainsi l’intervention militaire des pays d’Afrique de l’Ouest avec l’appui des pays occidentaux pour reconquérir le Nord du pays, prévue pour septembre.

Devant l’urgence de la situation, la France a donc décidé de se porter au secours du Mali, avant qu’il n’y ait plus de Mali.

“Bloquer les terroristes, c’est fait. Ce qui a commencé à être fait aujourd’hui, c’est s’occuper des bases arrière des terroristes” dans le Nord, a déclaré dimanche le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Pendant ce temps, les préparatifs s’accélèrent pour le déploiement d’une force ouest-africaine. Les premiers éléments de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) se mettent en place, sous la direction du général nigérian Shehu Abdulkadir, déjà arrivé au Mali.

Le Nigéria fournira “environ 600 hommes”. Le Niger, le Burkina Faso, le Togo, et le Sénégal ont également annoncé l’envoi d’environ 500 hommes chacun et le Bénin, le pays du président de l’Union africaine, Thomas Boni Yayi, va envoyer 300 soldats.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit maintenant se réunir ce lundi 14 janvier en après-midi pour discuter de la situation au Mali.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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