Panetta, en visite en Italie, parle de la guerre au Mali et de la prise d’otages en Algérie

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À la troisième étape de sa tournée de 6 jours en Europe, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a salué l’importance de la relation de défense de son pays avec l’Italie, mais a aussi abordé la question de l’intervention militaire française au Mali et de la prise d’otages le mercredi 16 janvier sur le site gazier d’in Ameinas, en Algérie.

L’Italie, un allié important

Le secrétaire à la Défense était arrivé le mardi 15 janvier à Rome, la troisième étape de sa tournée des capitales européennes.«Je suppose que cela va sans dire que cela (cette visite à Rome) a une très grande signification personnelle pour moi, puisque je suis le fils d’immigrants italiens», a-t-il déclaré à son arrivée à Rome.

«La relation de défense italo-américaine est très profonde et très durable », at-il ajouté, « …et je suis très reconnaissant pour l’important soutien que l’Italie a fourni aux troupes américaines qui y sont stationnées.(…) Ces bases renforcent la sécurité collective de l’Alliance et sont essentielles à notre capacité à répondre à toute crise dans la région.»

Panetta a aussi déclaré que l’Italie est un solide partenaire au sein de la Force internationale de sécurité et d’assistance (l’ISAF) en Afghanistan, où les Italiens jouent un rôle de premier plan dans le Commandement régional Ouest: «Ils ont joué un rôle très important dans la transition en cours dans cette région », at-il dit.

«Et je vais avoir à nouveau l’occasion de rendre hommage aux sacrifices que l’Italie a consentis au cours de la dernière décennie avec une visite au monument aux morts (italiens) à Rome.», a aussi déclaré Leon Panetta.

Le secrétaire américain doit rencontrer, au cours de cette visite, plusieurs dirigeants italiens, dont le président Giorgio Napolitano, le premier ministre Mario Monti, le ministre de la Défense Giampaolo di Paola et le ministre des Affaires étrangères Giulio Terzi di Sant ‘ Agata.

L’intervention militaire au Mali

L’Italie est le troisième pays que Leon Panetta a visité cette semaine, s’étant arrêté plus tôt à Lisbonne, au Portugal, et à Madrid, la capitale espagnole; il se rendra ensuite à Londres, un peu plus tard cette semaine.

Il avait précédemment discuté en conférence de presse lors de son passage à Lisbonne et à Madrid de l’assistance américaine à la France au Mali.

«Nous avons félicité les Français de cet effort pour empêcher AQMI … – des terroristes et des membres d’Al-Qaida – d’être en mesure de développer une base d’opérations au Mali; nous avons toujours été préoccupés par les efforts déployés par Al-Qaïda pour mettre en place ce genre de base », a déclaré le secrétaire. «Et notre politique, depuis 9/11, a été de s’en prendre (aux terroristes) d’Al-Qaïda où qu’ils se trouvent et de s’assurer qu’ils n’ont pas d’endroit où se cacher.»

Panetta a également souligné que la communauté internationale et les Nations Unies soutiennent cet effort de la France.Par contre, les États-Unis n’envisagent pas l’envoi de troupes sur le terrain au Mali pour le moment, mais les gouvernements américain et français discutent de plusieurs formes d’assistance que peuvent offrir les États-Unis peut offrir, a-t-il dit. Leon Paneta avait déclaré la veille que la France avait demandé du soutien en matière de renseignement, de logistique et de transport aérien.

Interrogé sur le calendrier de l’action militaire française au Mali, le secrétaire américain à la Défense a répondu «[Nous suivons ] le déroulement des évènements au Mali. Stopper les progrès d’un ennemi dispersé sur une vaste territoire est une tâche nécessaire mais difficile.»

La prise d’otages en Algérie

Par ailleurs, Leon Panetta, a confirmé le mercredi 16 janvier qu’il y a des Américains parmi les personnes prises en otage dans l’attaque, aujourd’hui, du site gazier d’In Ameinas, en Algérie.«Les États-Unis condamnent fermement ce genre d’actes terroristes », a-t-il dit. «C’est une affaire très grave quand des Américains sont pris en otage, avec d’autres.»

Il a indiqué qu’il ne sait pas combien d’Américains sont détenus par les terroristes, mais que les autorités américaines et britanniques (le complexe de gaz naturel est en partie détenue par le consortium British Petroleum) sont en communication constante avec leurs homologues algériens.

Au moment de sa déclaration, Leon Panetta a dit qu’il ne savait pas encore s’il existe un lien entre l’attentat en Algérie et l’opération française au Mali, mais il a souligné que «c’est pour cette raison que nous avons toujours été préoccupés par leur présence au Mali (la présence de terroristes liés à Al-Qaïda), parce qu’ils utilisent une base d’opérations pour faire exactement ce qui s’est passé en Algérie. C’est exactement le genre de chose que font ces terroristes. »

L’intervention française: la bonne «initiative»

Le secrétaire américain à la Défense a souligné aussi, qu’après avoir parlé avec les gouvernements et les responsables de la défense au Portugal, en Espagne et, maintenant, en Italie à propos de la voie à suivre au Mali, il croit «qu’il y a un consensus à l’effet que la France a pris ici la bonne initiative pour dissuader … AQMI d’aller plus loin».

Les ministres de la défense européens se réuniront demain, le jeudi 17 janvier, pour discuter de l’aide au Mali, a rappelé le secrétaire américain à la Défense: «L’objectif, pour nous tous, c’est de faire ce que nous pouvons faire, de sorte que, finalement, les nations africaines … puissent intervenir et jouer un rôle clé dans le maintien de la sécurité au Mali».

Panetta avait répété à plusieurs reprises, lors de ses voyages cette semaine, qu’idéalement, ce sont les forces de la Communauté économique des États de l’Afrique (la CEDEAO) qui devraient intervenir, mais que le terrorisme est une menace à laquelle la communauté internationale dans son ensemble doit faire face.

Le 16 janvier, Leon Panetta rencontre le pape lors de sa visite à Rome

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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