Plus de 60 personnes tuées d’une balle dans la tête à Alep

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Des dizaines de cadavres repêchés de la rivière Qouweiq à Alep (Photo: YouTube)
Des dizaines de cadavres repêchés de la rivière Qouweiq à Alep (Photo: YouTube)

Alors que le médiateur international Lakhdar Brahimi doit intervenir à l’ONU, plus de 60 cadavres tués d’une balle dans la tête ont été retirés de la rivière Qouweiq, dans un quartier d’Alep, ce mardi.

Pendant que l’opposition syrienne poursuit sa lutte armée face à la répression du régime de Bachar Al-Assad, c’est une nouvelle découverte macabre qui a été faite en Syrie, ce mardi.

Alors que seulement 17 corps ont été identifiés, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) assure que les recherches se poursuivent,  de nombreux cadavres étant encore à l’eau.

«Jusqu’à présent, au moins 65 cadavres ont été retrouvés à Boustane al-Kasr, un quartier d’Alep. Majoritairement habillés en civil et âgés d’une vingtaine d’années, ils ont été exécutés d’une balle dans la tête et avaient les poings liés derrière le dos», a déclaré Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, joint au téléphone par France24.

Il a également ajouté que «la recherche de corps se poursuit, des sources sur le terrain nous indiquent que le bilan pourrait s’élever à 80 morts.»

Boustane al-Kasr est un quartier d’Alep actuellement tenu par les rebelles mais l’opposition et le régime se disputent la responsabilité de tels crimes.

Si, sur place, un capitaine rebelle, Abou Saada, a accusé l’armée syrienne de ces horreurs, un responsable au sein des services de sécurité du régime a affirmé le contraire à l’AFP.

Il évoque en effet des groupes terroristes ayant exécuté les victimes dans la nuit de lundi à mardi pour cause de soutien au régime, avant de jeter leur corps dans la rivière.

Le directeur de l’OSDH accuse, pour sa part, le régime mais aussi la communauté internationale pour son manque d’action, comme il l’a déclaré pour France24.

«Ce massacre est le énième d’une série en cours dont la responsabilité incombe à la communauté internationale, qu’il ait été commis par l’armée syrienne ou les services de renseignements du régime d’Assad. Ce dernier vit sur une autre planète, puisqu’il affirme qu’il contrôle la Syrie, alors que son armée est en train de tuer le peuple et de détruire le pays. Pendant ce temps, la communauté internationale ne cesse de promettre aux Syriens qu’elle va les aider, sans rien faire. Par conséquent sa responsabilité est engagée», affirme ainsi Rami Abdel Rahmane.

ATTENTION, certaines images peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes ainsi que des personnes non averties.

Les rebelles prennent des points stratégiques

Pendant ce temps-là, l’OSDH affirme que l’Armée syrienne libre (ASL) et les djihadistes du Front Al-Nosra poursuivent leur rébellion à travers le pays.

Au cœur de l’offensive intitulée «Aube de la libération», les insurgés sont ainsi parvenus à prendre un poste des renseignements politiques du côté de Deir Ezzor, dans l’est du pays, ainsi que deux ponts enjambant l’Euphrate et servant l’armée pour approvisionner la cité de Hassaké, plus au nord.

«Si les rebelles continuent leur avancée, ils remporteront une victoire stratégique car la ville est la clé de toute la province (éponyme) qui recèle les principaux champs pétroliers et gaziers du pays», a déclaré Rami Abdel Rahmane.

L’OSDH a par ailleurs affirmé que 160 civils syriens ont été tués, ce mardi 29 janvier.

Lakhdar Brahimi à l’ONU pour dresser un bilan de l’intervention en Syrie

De son côté, Lakhdar Brahimi doit intervenir devant l’ONU, ce mardi. L’émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie doit faire état de son travail dans le pays. Depuis mars 2011, le conflit armé se poursuit entre le régime de Bachar al-Assad et les rebelles.

Une conférence de donateurs est prévue ce mercredi au Koweït. Elle aura pour but de débloquer des fonds en vue d’aider les civils syriens.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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