Reprise du contrôle de la Boucle du Niger: la reconquête du Mali bientôt achevée

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Sur le terrain, appuyée par plusieurs patrouilles de chasse et les hélicoptères du groupe aéromobile (GAM) et des moyens de surveillance (ATL 2, drone), la force Serval s’est emparée simultanément ce lundi 28 janvier de l’aéroport de Tombouctou avec le GTIA 21e RIMa et des abords nord de la ville par le largage des parachutistes du 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP), pour ensuite entrer dans Tombouctou, dont les forces françaises et maliennes s’assurent maintenant le contrôle.

On assistait à des scènes de liesse dans toute la ville à l’entrée des soldats français et maliens dans Tombouctou, abandonnée par les islamistes qui y faisaient régner la loi islamique depuis qu’il s’en était emparés au printemps 2012.

En ce dix-huitième jour de l’intervention militaire française, Français et Maliens contrôlent donc désormais la Boucle du Niger, cet ensemble des régions du sud du fleuve Niger, entre les deux principales villes du Nord du Mali, Tombouctou mais aussi Gao.


Guerre au Mali : Les forces franco-maliennes reprennent Tombouctou (source: francetvinfo)

Par contre, avant de quitter Tombouctou,, les islamistes ont incendié le centre culturel Ahmed Baba, où étaient conservés des milliers de manuscrits anciens, certains datant du XIIIe siècle, et plusieurs édifices publics, dont la mairie, la Direction régionale du Génie rural et la radio communale.

Plus au Nord, les rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et des dissidents d’un groupe armé islamiste ont affirmé contrôler Kidal, la dernière ville du Nord du Mali qui n’a pas encore été reprise par les soldats français et maliens. «Nous assurons ensemble la sécurité de la ville de Kidal», a déclaré Mohamed Ag Aharib, ancien porte-parole du groupe islamiste armé Ansar ed-Dine, passé à un groupe dissident, le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), lorsque Ansar Dine s’est scindé en deux la semaine dernière, au 14e jour du conflit.

Kidal, près de la frontière algérienne, à 1 500 km de la capitale malienne, Bamako, est la troisième grande ville du Nord du Mali et elle était le fief des islamistes d’Ansar Dine (« Défenseurs de l’islam »).

Les principaux responsables des groupes islamistes armés, Iyad Ag Ghaly, chef d’Ansar Dine et l’Algérien Abou Zeid, l’un des émirs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), se seraient maintenant réfugiés dans les montagnes de Kidal, à 1500 km de Bamako, où des positions

La reconquête du Mali sera donc bientôt achevée

Le président français,  François Hollande, en conférence de presse en fin d’après-midi ( à 18h heure de Paris, 12h heure de Montréal), a déclaré que la France et ses partenaires africains étaient en train de gagner la bataille au Mali. précisant toutefois mais qu’il appartiendrait aux forces africaines de poursuivre les terroristes » dans le nord du pays.

Il a rappelé que «La France n’a pas vocation à rester au Mali. En revanche, notre devoir c’est de faire en sorte que nous puissions permettre aux forces africaines de donner au Mali une stabilité durable.»

Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, à la télévision française ce matin, a jugé qu’il n’y aura pas d’enlisement au Mali et assuré que le gouvernement malien avançait sur la recherche de solutions politiques au conflit.

Laurent Fabius sur France2, les 4 vérités (28 janvier 2013) (source France 2)

Par ailleurs, le premier ministre britannique David Cameron a confirmé, dans un entretien avec le président français, que le Royaume-Uni était disposé à davantage aider la France au Mali, mais Londres reste opposé à l’envoi de forces britanniques de combat en Afrique.

Par contre, les Italiens ont renoncé à envoyer trois avions en soutien logistique à l’opération en cours au Mali. Prévu pour une durée de deux à trois mois, ce soutien s’est heurté à l’absence d’un accord des principaux partis, a annoncé le chef du gouvernement Mario Monti, à la télévision italienne.

Pour sa part, l’Union africaine, en réunion à Addis Abeba pour son 20e Sommet, a annoncé qu’elle contribuera à hauteur de 50 millions de dollars pour financer la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) et restructurer l’armée malienne.

Pendant ce temps, sur le front humanitaire, on craint toujours des actes de vengeance et de représailles, tout particulièrement à Tombouctou et à Gao, où les islamistes ont commis de nombreux crimes au nom de la charia: amputations, lapidations, exécutions, etc. , en plus de détruire, à Tombouctou, de nombreux mausolées de saints musulmans, considérés par ses habitants comme des protecteurs de la ville qui fût la capitale intellectuelle et spirituelle de l’islam en Afrique aux XVe et XVIe siècles.

À Konna, plus d’une semaine après que les armées française et malienne eurent chassé les djihadistes, une trentaine de journalistes ont pu visiter la ville lors d’un voyage organisé par les militaires maliens mais, rapportent les journalistes ayant participé à la visite, beaucoup de questions restent sans réponse quant au sort des islamistes soi-disant disparus.

Martin Forgues, sur le terrain au Mali pour 45enord.ca, va jusqu’à parler, à propos du conflit malien, « d’une guerre couverte…de brouillard.»

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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