Syrie: 8 enfants tués dans un raid et situation humanitaire inquiétante

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En Syrie, les forces du régime ont mené  ce samedi  24 janvier de nombreux raids aériens dont l’un a tué huit enfants dans le nord du pays, alors qu’au même moment l’Otan annonçait que ses premiers missiles Patriot déployés à la frontière syro-turque étaient maintenant opérationnels et que la situation humanitaire devenait de plus en plus préoccupante.

Des raids aériens ont visé la province d’Alep, celle de Raqa (nord), de Hama (centre), de Deraa (sud), et le sud et l’est de Damas, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), un organisme indépendant qui se base sur les témoignages que lui font parvenir des militants, des médecins et des citoyens qui sont sur le terrain, en Syrie.

Le raid le plus sanglant, toujours selon l’OSDH, a fait 16 morts, dont huit enfants, à Manjib (nord).

Dans la même province, la province d’Alep, des raids aériens ont fait sept morts à Al-Bab et à Azaz, à sept kilomètres de la frontière turque et neuf insurgés ont par ailleurs péri dans le bombardement par l’aviation de leur bastion de Qousseir (centre).

Bombardements à Al-Bab (source: OSDH)

Selon un bilan provisoire de l’OSDH, les violences ont fait samedi au moins 83 morts à travers le pays: 47 civils, 25 rebelles et 11 soldats. Treize personnes ont notamment été abattues à Daraya, au sud-ouest de la capitale, par les forces du régime qui tentent depuis près d’un mois de récupérer cette ville rebelle.

Pendant ce temps, tel qu’annoncé au point médias du 23 janvier du brigadier-géneral Gary Deakin,directeur des opérations statégiques au QG de l’Alliance atlantique, l’Otan a déclaré opérationnelle ce week-end la première des six batteries de missiles Patriot déployées par l’Alliance atlantique en Turquie pour protéger sa frontière avec la Syrie d‘éventuelles attaques du régime d’Al-Assad.

Une fois le dispositif totalement opérationnel, l’OTAN sera en mesure de fournir une protection à quelque 3,5 millions de Turcs pour une durée d’un an.

Sur le front humanitaire

Dans un communiqué publié ce samedi 26 janvier, Médecins Sans Frontières (MSF) demande à toutes les parties au conflit en Syrie de respecter les patients, le personnel médical et les structures de santé.

L’insécurité croissante dans la région d’Alep, dit le communiqué, entrave les efforts visant à fournir des soins médicaux essentiels, ajoutant Malgré l’intensité des violences et les récents incidents de sécurité dans les zones où ses équipes interviennent, MSF demeure engagée à aider la population syrienne.

Médecins sans frontières (MSF) a appelle donc les belligérants “à respecter les structures médicales” et à faciliter l’accès aux soins.

Par ailleurs, la situation des réfugiés est de plus en plus  alarmante: on compte maintenant 600 000 réfugiés syriens.

La Jordanie à elle seule en accueille déjà quelque 300 000 et le Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) a indiqué vendredi que la Jordanie avait été le théâtre récemment d’un afflux sans précédent de réfugiés syriens, avec plus de 30 000 arrivés au camp de Za’atri depuis le début de l’année.

Des experts de la Ligue arabe étaient d’ailleurs en Jordanie samedi pour évaluer les besoins des réfugiés à quatre jours d’une réunion de donateurs à Koweït.

Beaucoup de ces réfugiés, dit le HCR, sont originaires de la ville de Dara’a et de ses environs, ainsi que Al-Yadoudeh, Al-Harak, Enkhel, Allajah, Ataman, Dael, Busr Al-Hareer, Al-Shajarah et Sayda. Ce sont principalement des familles, des ménages dirigés par une femme et des personnes âgées.

Le voyage de la douleur (source: Al-Arabiya)

Les réfugiés font état, rapporte le Haut-Commissariat, de violences généralisées et ciblées, de perte de leurs biens, de pénuries de traitements médicaux car les centres de santé sont fermés, de hausse des prix et de pénuries de vivres et d’essence, qui sont les motifs combinés de leur fuite en exil. Beaucoup rapportent que l’eau et l’électricité sont seulement disponibles pour des périodes intermittentes dans certaines régions du sud de la Syrie.

L’Agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés de Palestine (UNRWA) a aussi pour sa part appelé les donateurs à ne pas oublier les quelque 500.0000 Palestiniens installés en Syrie.

Dans le point de la situation hier, vendredi 25 janvier, l’Agence faisait état de besoins humanitaires urgents, notamment pour l’alimentation, les vêtements pour l’hiver, et services médicaux. Il est estimé, ajoutait l’Agence onusienne, que plus de 400 000 à 525 000 réfugiés palestiniens en Syrie ont besoin d’aide, ainsi que les quelque 3 000 réfugiés palestiniens qui se sont réfugiés en Jordanie et 18.000 autres réfugiés palestiniens qui ont fui la Syrie pour le Liban, dont 8 000 sont arrivés au cours du mois dernier en raison des affrontements et d’une escalade des conflits dans le camp de Yarmouk à Damas.

Les réfugiés palestiniens en Syrie deviennent donc en quelque sorte, avec le conflit syrien, de doubles réfugiés, réfugiés de Palestine en Syrie et, maintenant, de Syrie au Liban ou ailleurs.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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