Al-Assad refuse toujours de partir et présente son « plan de paix » pour la Syrie

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Le président syrien veut vivre et mourir dans son pays (Photo: capture CNN)
Le président syrien veut vivre et mourir dans son pays (Photo: capture CNN)

 

Le président syrien Bachar al-Assad, a présenté ce dimanche 6 janvier sa « feuille de route » pour mettre fin à près de 22 mois de violences en Syrie, mais sur un ton de défi, appelant ses compatriotes à s’unir contre les « criminels meurtriers» qui exécutnet un complot étranger et cherchent à briser la nation.

Prenant la parole à l’Opéra dans le centre de Damas, Assad a déclaré devant une salle remplie de ses partisans que «nous sommes dans un état de guerre. Nous luttons contre une agression extérieure qui est plus dangereuse que les autres, parce qu’ils nous amènent à nous tuer les uns les autres.  »

« C’est une guerre entre la nation et ses ennemis, entre le peuple et les criminels meurtriers », at-il ajouté, aux acclamations du public dans la salle.

Il a insisté sur la présence d’extrémistes religieux et des éléments djihadistes parmi ceux qui se battent en Syrie, les qualifiant de «terroristes qui portent l’idéologie d’al-Qaïda» et les «ne connaissent que le langage du massacre. »

Il a déclaré en outre que « La Syrie nNacceptera pas les diktats de n’importe qui. » et a exhorté ses compatriotes à s’unir pour sauver la nation.

Dans ce discours d’une heure à la nation dans lequel il est apparu confiant et détendu, Assad a aussi ignoré les appels de la communauté internationale à sa démission et a dit qu’il est prêt à engager un dialogue mais seulement avec ceux « qui n’ont pas trahi la Syrie. » Il a offert une conférence de réconciliation nationale, des élections et une nouvelle constitution mais a demandé les pays de la région et les puissances occidentales « cessent d’abord de financer et d’armer les rebelles » qui tentent de le renverser.

Cela pourrait alors, a déclaré Al-Assad, être suivi d’un dialogue et d’une conférence de réconciliation nationale, d’une amnistie générale, et de la formation d’un gouvernement représentatif dont la première mission serait superviser de nouvelles élections, et de la rédaction une nouvelle constitution.

Toutefois, le président Assad a exprimé clairement son offre d’organiser un dialogue n’est pas ouvert à ceux qu’il considère comme des extrémistes ou des agents de l’étranger.

À la fin de son discours et alors qu’il sortait de la salle, il a été assailli par un groupe de loyalistes criant: «Avec notre sang et notre âme, nous vous rachetez, Bachar »

Il est très improbable que pareilles propositions soient accueillies favorablement par les forces de l’opposition de la Syrie, qui ont maintes fois déclaré qu’ils n’accepteront rien de moins que le départ du président, rejetant toute forme de règlement qui ne prévoit pas son départ.. En plus de cela, la nouvelle initiative d’Assad n’est pas sans rappeler les changements symboliques et les concessions que son gouvernement a faites plus tôt dans la révolte, qui ont été rejetées à l’époque comme trop peu trop tard.

Assad a très rarement parlé en public depuis le début du soulèvement contre son régime en mars 2011, et son discours d’aujourd’hui était son premier depuis juin dernier.

Dans une interview à la télévision russe de Russia Today en novembre, il avait juré de mourir en Syrie. Dans ce discours d’aujourd’hui, il semblait confiant dans la capacité de ses troupes à venir à bout des écraser les rebelles qui tentent de renverser son régime, même si la rébellion est plus proche que jamais du son siège du pouvoir à Damas, la capitale.

Pour sa part, le secrétaire britannique au Foreign Office, William Hague, a déclaré que le discours d’Assad était « au-delà de l’hypocrisie. » et qu’il s’agissait là de  » «vaines promesses de réforme qui ne tromperont personne. »

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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