Syrie: il faut négocier avec toutes les parties, déclare le premier ministre russe

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Le premier-ministre russe Dimitri Medvedev (Photo: RT)
Le premier-ministre russe Dimitri Medvedev (Photo: RT)

Dans une entrevue sur les ondes de CNN, le premier ministre russe Dimitri Medvedev, qui a admis que les jours d’Assad en Syrie étaient comptés, a déclaré que toutes les forces politiques devaient être impliquées dans le règlement du conflit et qu’il ne faut exclure personne des négociations si on veut parvenir à mettre fin à la guerre civile.

«Tout le monde doit s’asseoir à la table des négociations – sunnites, chiites, Alaouites, Druzes, Chrétiens. Seulement de cette manière, il est possible d’établir un dialogue national. Et si quelqu’un est ignoré, la guerre civile va continuer.» a-t-il dit.

«Mais d’autre part, en aucun on ne doit permettre une situation dans laquelle l’élite politique actuelle est balayée par des actions armées, parce que la guerre civile va alors durer des décennies», a-t-il averti.

«C’est pourquoi la tâche pour la communauté internationale, pour tous les pays, dont les États-Unis, les Européens et les puissances régionales, comme l’Arabie Saoudite, le Qatar, et d’autres, est de s’asseoir pour négocier, et non pas seulement demander qu’Assad soit exécuté, comme [l’ancien dirigeant libyen Mouammar] Kadhafi, ou soit transporté à une audience de la cour sur une civière, comme [l’Egyptien] Hosni Moubarak», a souligné avec insistance M. Medvedev.

L’essentiel maintenant, dit-il, est de s’assurer du processus de réconciliation nationale. «C’est: soit le processus de réconciliation nationale, qui doit être contrôlé par la communauté internationale, soit une guerre civile sans fin. Il n’y a pas d’autre choix», a-t-il ajouté.


Dimitri Medvedev à l’émission GPS sur les ondes de CNN le 26 janvier

Le premier ministre russe a reconnu toutefois que le gouvernement de la Syrie n’était pas prêt pour les négociations. Le président Assad, selon Medvedev, a beaucoup trop tardé à mettre en œuvre les réformes politiques promises. «Il devrait avoir tout fait beaucoup plus rapidement, attirant une partie de l’opposition modérée, qui était prête à s’asseoir à la table avec lui, de son côté, » a dit M. Medvedev. «Ce fut une erreur importante, et peut-être un mortelle.»

«Je pense que, chaque jour, chaque semaine et chaque mois, les chances qu’il se maintienne au pouvoir sont de plus en plus petites.», a noté le premier ministre russe. «Mais, je le répète encore une fois, cela doit être décidé par le peuple syrien. Pas la Russie, et pas aux États-Unis, et pas n’importe quel autre pays.»

Selon Medvedev, il devrait y avoir un processus de réconciliation: «Nous sommes prêts à y participer. Nous l’avons dit à plusieurs reprises. Je pense que nous portons tous la responsabilité de ce qui va se passer en Syrie à long terme», a-t-il souligné.

«Si nous laissons la situation se développer selon un scénario de catastrophe, ce sera erreur colossale et une épreuve pour les décennies à venir. Tout dialogue au Moyen-Orient pourrait être impossible, alors.» a conclu le chef du gouvernement russe.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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