Syrie: une frappe aérienne d’une station d’essence fait des douzaines de victimes

En novembre dernier, une bombe explosait dans une quartier de la capitale syrienne, tuant 5 perosnnes et en blessant 30 (Photo: OSDH)
En novembre dernier, une bombe explosait dans une quartier de la capitale syrienne, tuant 5 perosnnes et en blessant 30 (Photo: OSDH)
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La capitale et sa banlieue sont touchées par les combats qui font rage en Syrie (Photo: OSDH)
La capitale et sa banlieue sont touchées par les combats qui font rage en Syrie (Photo: OSDH)

Un avion de guerre syrien a fait exploser une station d’essence près de Damas ce mercredi 2 janvier, tuant et blessant des dizaines de personnes et provoquant un immense incendie, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Des douzaines de personnes ont été tués ou blessés par cette frappe aérienne dans le secteur de al-Maliha, près de Damas. On voit dans une vidéo tournée sur place et authentifiée pas l’OSDH, des corps calcinés et d’autres réduits en pièces area.

Cette attaque pourrait être l’une des attaques les plus sanglantes depuis plusieurs semaines en 22 mois de guerre civile.

Il y a pénurie de carburant en Syrie et les gens font souvent la queue plusieurs heures avant de pouvoir faire le plein. Le missile aurait justement atteint le sol alors que des automobilistes faisaient ainsi la queue pour avoir de l’essence.

On se rappelle que le 23 décembre dernier, dans des circonstances semblables, une attaque aérienne de l’aviation syrienne avait fait 60 morts. L’armée de l’air avait alors lâché ses bombes à proximité d’une file d’attente devant une boulangerie à Halfaya, dans la province de Hama.

Toujours ce mercredi 2 janvier, dans le nord du pays, les rebelles ont attaqué une vaste base aérienne. Les forces de l’opposition visent les aéroports dans une tentative d’enlever au régime l’avantage que lui donne la maîtrise du ciel.

Attaque aérienne d’une station d’essence (source,OSDH)

Nouveau bilan de l’ONU, au moins 60 000 morts

Par ailleurs, selon un nouveau bilan de l’ONU, au moins 60 000 personnes ont été tuées en 22 mois de conflit et non 45 000, comme on le croyait jusqu’à maintenant.

Le bureau des droits de la personne des Nations unies à Genève a déclaré en effet que des experts avaient comparé les relevés de vies perdues de sept sources différentes, incluant le gouvernement syrien, et en étaient arrivé à ce nouveau bilan.

L’analyse préliminaire, qui a duré cinq mois, a été conduite en utilisant une liste combinée de 147 349 meurtres signalés et identifiés de façon complète, avec le nom et prénom de la victime ainsi que la date et le lieu du décès. Tous les meurtres signalés mais ne comprenant pas au moins ces quatre éléments ont été exclus de la liste, dit le communiqué du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme.

Chaque décès signalé a été comparé à tous les autres cas de décès afin d’identifier les doublons et, une fois ceux-ci éliminés, l’ensemble des données combinées a réduit le nombre d’enregistrements uniques au chiffre de 59 648 décès liés au conflit à la date du 30 novembre 2012.

Toutefois, « Bien que cette analyse soit la plus détaillée et la plus large menée sur le nombre de morts à ce jour, il ne s’agit en aucun cas d’un chiffre définitif », a précisé la Haut-Commissaire, Navi Pillay, ajoutant « Lorsque la paix sera revenue en Syrie, d’autres enquêtes devront être menées pour découvrir précisément comment de nombreuses personnes sont mortes, dans quelles circonstances, et qui est responsable pour tous les crimes qui ont été commis. »

Dans ses déclarations lors de l’annonce de ce nouveau bilan, la commissaire s’est montré très critique envers le régime syrien, mais aussi envers la communauté internationale : «L’échec de la communauté internationale, et en particulier du Conseil de sécurité, à agir concrètement pour arrêter ce bain de sang fait honte à nous tous », a-t-elle déclaré, insistant pour que des préparatifs sérieux soient mis en place afin de restaurer l’ordre et l’état de droit, une fois le conflit terminé. «Investir dans un effort massif de stabilisation coûtera bien moins que des décennies d’instabilité et d’anarchie telles que celles qui ont frappé l’Afghanistan, l’Irak, la Somalie, la République démocratique du Congo et plusieurs autres États, où la transition de la dictature et du conflit à la démocratie n’a pas reçu le soutien suffisant. »

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