Transnistrie: un haut responsable roumain remet en cause la mission de maintien de la paix

0
Etat non reconnu internationalement, la Transnistrie reste en conflit depuis plus de 20 ans (Photo: Dniester.ru
Etat non reconnu internationalement, la Transnistrie reste en conflit depuis plus de 20 ans (Photo: Dniester.ru)

Alors que le Conseil de l’Europe tente d’apaiser les tensions en Transnistrie, le conseiller des Affaires Stratégiques et Internationales du président roumain Traian Basescu, Iulian Chifu, assure que la mission de maintien de la paix dans la région n’est que symbolique.

«Nous avons là-bas une zone de sécurité et des forces de maintien de la paix dans le seul but de contribuer au processus et non d’accomplir sa réelle mission», martèle Iulian Chifu sur le site internet Moldava.org.

Le conseiller des Affaires stratégiques et internationales du président roumain avoue rester perplexe quant à la présence de troupes militaires en Transnistrie. «La militarisation régionale peut rapidement mener à des tensions entre les résidents et les troupes qui bloquent leur liberté de mouvement», ajoute-t-il.

Depuis le début des années 90, cette région moldave, frontalière avec l’Ukraine, est devenue la République moldave du Dniestr (RMD) suite à un vaste conflit sur la loi sur la langue d’État. Situé à l’est du fleuve du Dniestr, elle n’existe que de facto puisque c’est un État indépendant, non reconnue internationalement.

Des liens formels avec la Russie

Malgré sa non-reconnaissance de la RMD, la Russie apporte un soutien économique et militaire à cette région. Pour preuve, un groupe opérationnel des forces russes est présent sur place. Une présence qui déplait au Conseil de l’Europe, exigeant en octobre dernier, le retrait des troupes.

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a également critiqué l’ouverture de bureaux de vote en Transnistrie, lors des élections russes.

«L’ouverture de tels bureaux en Transnistrie (Moldavie), en Ossétie du Sud et en Abkhazie (Géorgie), sans le consentement explicite de Tbilissi et de Chisinau, tout comme la «passeportisation» des populations de ces territoires, viole l’intégrité territoriale de ces États, comme reconnue par la communauté internationale», a déclaré l’Assemblée parlementaire dans un communiqué.

En décembre dernier, le président de cette Assemblée parlementaire, Jean-Claude Mignon, a proposé l’institution comme médiateur entre le régime moldave et les dirigeants transnistriens, lors d’une visite de travail en Moldavie.

«Même si une future adhésion à l’Union européenne demeure une motivation très forte, le Conseil de l’Europe restera, dans un avenir proche, le cadre institutionnel approprié susceptible de faire avancer les réformes», a-t-il ajouté dans un communiqué.

Les 27 lèvent les sanctions sur la Transnistrie

Depuis septembre dernier, l’ensemble des sanctions pesant sur les dirigeants de la RMD ont été levées par l’Union Européenne, reconnaissant les progrès établis dans le règlement du conflit au sein de cette République séparatiste.

Par ailleurs, l’ancien diplomate moldave et actuel professeur agrégé en sciences politiques, Aurelian Lavric, assure que la République de Moldavie et la République moldave du Dniestr ne sont actuellement pas compatibles, la Moldavie ne représentant pas «un modèle politique stable pour la Transnistrie», comme il l’a déclaré pour Moldava.org.

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

Les commentaires sont fermés.