Tunis renforce la sécurité autour des sites pétroliers

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Photo : EPA
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Quelques jours après l’attaque du site gazier d’In Amenas, en Algérie, l’armée tunisienne redoute de nouvelles offensives terroristes et a décidé de renforcer sa présence autour des sites gaziers et pétroliers dans le grand Sud du pays.

Depuis la prise d’otage d’In Amenas, à la mi-janvier, le climat semble hostile au cœur du désert du Sahara. Inquiètes, les autorités tunisiennes ont pris les devants en renforçant la zone du grand Sud, proche de ses voisins algériens et libyens.

Depuis trois jours, de nouvelles forces ont été déployées afin d’épauler celles déjà présentes  sur le terrain. Il s’agit de précautions suite à la prise d’otage en Algérie, comme l’a confié à l’AFP une source au sein des forces tunisiennes.

«Ces mesures visent la prévention de toute attaque terroriste ciblant les champs (pétroliers et gaziers tunisiens) en particulier ceux situés à la frontière tunisio-algérienne», a déclaré une «source sécuritaire» à l’agence officielle TAP.

Des hommes et du matériel ont également pris la direction des casernes aux abords de Remada et Dehibia afin de sécuriser cette zone isolée, proche de la frontière libyenne.

Les autorités tunisiennes considèrent que cette étendue désertique, commune aux trois pays, est devenue une zone importante de trafics d’armes, pouvant notamment bénéficier aux groupes djihadistes à destination du nord du Mali.

Deux agents blessés à Kasserine

Par ailleurs, deux agents des forces tunisiennes ont été blessés, la nuit dernière, lors d’affrontements avec des djihadistes présumés, à Kasserine (centre-ouest).

Sous couvert de l’anonymat, un haut responsable policier a confié à l’AFP qu’une opération spéciale avait visé trois personnes appartenant à la mouvance salafiste djihadiste.

Deux des trois suspects ont ouvert le feu alors que les forces spéciales appréhendaient le troisième individu. Deux agents ont été blessés lors de ces heurts. L’un d’eux a été grièvement touché à la jambe et à la hanche et a été rapatrié à l’hôpital de Tunis.

Les trois salafistes ont pu prendre la fuite, abandonnant derrière eux un fusil de type Kalachnikov. Des opérations de ratissage sont en cours pour les retrouver, a ajouté cette même source policière.

Le groupe algérien Sonatrach va se renforcer

En Algérie, l’heure est également à la sécurisation. Le groupe pétrolier public Sonatrach entend prendre de nouvelles mesures afin de renforcer la sûreté de ses  différents sites.

Il y aura probablement une révision (des mesures) pour soutenir cette activité vitale, a déclaré le PDG Abdelhamid Zerguine, ce mardi, à la Radio nationale algérienne.

En revanche, Sonatrach est soumis, en tant que groupe public, à une loi datant des années 1990 sur la sécurisation des infrastructures et des travailleurs du groupe et de ses partenaires étrangers. Des sociétés de gardiennage privées avaient ainsi été autorisées à intervenir dans la sécurisation des sites pétroliers et gaziers.

M. Zerguine a néanmoins assuré que «s’il y aura une révision de la loi, le gouvernement veillera à appliquer (les nouvelles mesures) rigoureusement» avant d’ajouter que «la maîtrise de cette activité exigeait de la volonté et des techniques».

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

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