Un Canadien lance sa révolution contre les islamistes au Pakistan

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Tahir ul-Qadri est rentré fin décembre au Pakistan et a appelé à une mobilisation digne de la "Place Tahrir" (Photo: The Lahore Times)
Tahir ul-Qadri est rentré fin décembre au Pakistan et a appelé à une mobilisation digne de la « Place Tahrir » (Photo: The Lahore Times)

Muhammad Tahir ul-Qadri, hostile aux talibans, a lancé ce dimanche sa «révolution pacifique» au Pakistan en marchant sur Islamabad, et ce, alors que s’approche des élections importantes.

Après des années passées à Toronto, Muhammad Tahir ul-Qadri, qui a la double citoyenneté canadienne et pakistanaise, est rentré juste avant Noël dans son pays d’origine. Il a immédiatement appelé à une mobilisation digne de la «Place Tahrir», symbole du «printemps arabe égyptien» de 2011, à partir de lundi 14 dans la capitale.

Il réclame des réformes rapides qui puissent permettre aux élections nationales prévues au printemps d’être «transparentes» et de donner plus de pouvoir aux classes inférieures.

Au siège de son organisation du Minhaj ul-Quran (Le chemin du Coran) à Lahore, un mouvement qui a plus de 500 madrassas (écoles coraniques) au Pakistan et des antennes dans «plus de 90 pays», le leader musulman lance: «Le gouvernement n’a offert que du terrorisme et de la corruption».

Dimanche, plusieurs milliers de ses partisans ont quitté Lahore avec la ferme intention d’atteindre Islamabad, située à plus 400 km de route, où ils comptent entamer lundi un sit-in jusqu’à ce que le gouvernement cède.

Ce dernier déconseille au leader et ses partisans de prendre la route et affirmant que les talibans préparent un attentat contre lui.

À Islamabad, des écoles, des commerces seront fermés lundi, et les autorités, craignant des débordements, ont barricadé l’enclave diplomatique et gouvernementale.

Qui est Tahir ul-Qadri?

Docteur en droit islamique originaire de la ville de Jhang, Tahir ul-Qadri avait fondé un petit parti politique à la fin des années 1980.

Élu député en 2002 sous le gouvernement militaire de Pervez Musharraf, il avait démissionné deux ans plus tard avec fracas et pris la route du Canada, où vit une importante diaspora pakistanaise. Il a depuis sillonné le monde, invité notamment au Forum économique mondial de Davos (Suisse).

Orateur de talent, ce leader issue de la confrérie musulmane des Barelvis, la plus importante du Pakistan, réputée pour sa tolérance, est l’auteur d’un édit (fatwa) de 600 pages jugeant non-islamiques les attentats suicide, arme de prédilection des talibans, et incarne pour certains «l’islam des lumières».

Le 23 décembre 2012, trois jours après son retour au pays, il réunit plus de 100 000 personnes à Lahore, où il dénonce les deux principaux partis, le Parti du peuple pakistanais du président Asif Ali Zardari, et la Ligue musulmane de Nawaz Sharif.

«Il tente de perturber le processus» électoral, estime Talat Masood, un ancien haut gradé de l’armée, en notant qu’il pourrait séduire certains militaires, bureaucrates ou hommes d’affaires mécontents du système actuel.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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