Un vent d’espoir féminin en Afghanistan

La capitaine Bélanger rencontre la lieutenant-colonel Misbah (Photo: Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Une employée civile de l'ISAF avec des enfants afghans (U.S. Army photo by Sgt. Christopher Harper)

Seize femmes assistent aux cours au Centre d'entraînement militaire de Kaboul (Photo: Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Manifestation organisée par l'association RAWA en 2004 (Photo: RAWA)

Que va vivre la nouvelle génération née après l’invasion américaine de 2001? Si tous les espoirs sont permis, les craintes le sont aussi.

Dans les rues de Kaboul, le contraste peut être saisissant. On croise des femmes avec le foulard, des femmes intégralement voilées et des femmes s’habillant à l’occidentale.

Dans le milieu militaire, les femmes sont encore largement minoritaires et en retrait.

Le lieutenant-colonel Fahima Misbah est commandante du Bataillon d’instruction des femmes au Centre d’entraînement militaire de Kaboul (Kabul military training center, KMTC).

Elle croit fermement que l’intervention de la Coalition est positive pour les femmes, mais elle reste encore sur ses gardes.

Ainsi, lorsque 45eNord.ca l’a rencontré à son bureau en banlieue de Kaboul, en compagnie du capitaine Jessica F. Bélanger, commandante de l’équipe des dix conseillères canadiennes et jordaniennes auprès du Bataillon d’instruction des femmes et aviseure canadienne auprès de la commandante afghane, elle a insisté pour ne pas être photographiée de face. «La situation est encore difficile pour les femmes ici, nous dit-elle, c’est assez mal vu».

«Je lui [le lieutenant-colonel Misbah] apporte un soutien pour les problèmes auxquels elle peut faire face, puis d’essayer de pousser à plus haut niveau pour régler ces problèmes, nous explique le capitaine Bélanger. Je révise les horaires de cours et je fais des suggestions si je vois des choses qui pourraient être améliorées de mon point de vue de militaire canadienne.»

Les femmes vivent, dorment et étudient à l’écart de leurs homologues masculins au KMTC. C’est donc dans un autre bâtiment séparé et gardé par deux soldats que nous nous sommes rendus pour visiter les lieux.

Les dortoirs, grands et clairs, peuvent accueillir plusieurs dizaines de recrues, il n’y en a que 16 pour le moment.

Le DFAC (la cafétéria), a aussi une grande capacité et les repas sont apportés chaque jour depuis le DFAC principal de l’autre côté des murs.

Dans les salles de classe, peu de matériel, juste ce qu’il faut: livres, affiches, tableau blanc, télévision et rétroprojecteur. Une carte du pays à droite du tableau, les règles d’addition, de soustraction et de multiplication sur les murs, les femmes qui viennent ici sont comme la majorité de la population du pays: illetrées, la faute à des décennies de guerre et de domination des talibans ne voulant pas de femmes éduquées.

Toutefois, plusieurs hommes viennent travailler ici. Un a même donné des cours durant quelques semaines.

Sayeda Qeam est capitaine dans l’Armée nationale afghane, mais aussi anesthésiste à l’hôpital militaire national, dans le centre de Kaboul. Elle est la seule femme de l’hôpital à conduire.
Son rôle est de prendre en charge les militaires, leurs familles, mais aussi toute personne qui pourrait être blessée suite à un attentat par exemple.

«C’est comme une tradition que les femmes doivent travailler en gynécologie; qu’elles ne doivent pas travailler avec des hommes ou en chirurgie, nous a dit la jeune femme. Pendant deux ans, j’ai été la seule femme a travailler dans une unité de soins intensifs, mais un jour le chef de l’hôpital a dit vouloir plus de femmes. Maintenant c’est bien ici.»

Sous l’ère des talibans (1996-2001), les femmes ne pouvaient pas travailler, étudier ou même sortir de chez elles.

«Après 2014, lorsque la Coalition quittera le pays, j’ai peur pour ma carrière et pour ma fille [...], les choses se sont améliorées et c’est important pour la nouvelle génération, pour nos enfants, nous ne voulons pas revenir en arrière.»

Le gouvernement afghan s’est fixé comme objectif 10% de femmes dans les forces de sécurité dans les prochaines années… le chemin est encore long!

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