Violences en Egypte: Morsi décrète l’état d’urgence dans trois provinces

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La place Tahrir au Caire lors de la manifestation pour célébrer les deux ans de la révolution (Photo: @kikhote, Twitter)
La place Tahrir au Caire lors de la manifestation pour célébrer les deux ans de la révolution (Photo: @kikhote, Twitter)
Le président égyptien Mohamed Morsi a décrété ce dimanche 27 janvier l‘état d’urgence dans trois provinces du pays où les violences ont fait 46 morts en trois jours, et a appelé à un dialogue national incluant les dirigeants de l’opposition lundi.

L‘état d’urgence, imposé durant 30 ans, avait été levé en mai 2012.

En ce troisième jour de violences, des heurts ont opposé les forces de police à des centaines de manifestants qui réclament le départ du gouvernement islamiste qu’ils accusent de dérives autoritaires.

Des affrontements à coup de pierres et de gaz lacrymogènes ont lieu ce dimanche au Caire, à la Place Tahrir, dans les rues d’Alexandrie et dans la ville de Suez


Troisième jour de violences en Égypte (source: France 24)

À Port-Saïd, où l’armée a du être déployée ce dimanche 27 janvier, 37 personnes ont péri la veille lors des manifestations qui ont la condamnation à la peine capitale de 21 supporteurs du club de football local pour leur implication dans des violences qui avaient 74 morts en 2012 après un match contre l‘équipe du Caire.

Dans un discours à la nation, diffusé par la télévision nationale, le président Morsi a annoncé des mesures exceptionnelles pour faire face à l’escalade, menaçant d’en prendre d’autres si les violences persistent.

En même temps, il a appelé les dirigeants de l’opposition à un dialogue national lundi, conviant au palais présidentiel les dirigeants du Front du salut national (FSN), principale coalition de l’opposition, Hamdeen Sabbahi, Amr Moussa et Mohammed ElBaradei.

Mohamed Baradei, sur son compte twitter samedi 26 janvier, affirmait que l’Égypte ne pourra pas trouver l’équilibre et que l’économie, que les Frères musulmans accusent l’opposition de perturber, ne pourra pas se redresser sans un gouvernement d’union nationale crédible et transparent.

Le FSN a donc réclamé une solution globale à la crise incluant un gouvernement de salut national, menaçant de boycotter les législatives prévues en mars ou avril et de réclamer une élection présidentielle anticipée.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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