Washington pourrait soutenir la France dans son intervention au Mali (MàJ)

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Touaregs et islamistes du Mali (Photo: Lareleve.ma)
Touaregs et islamistes au Mali (Photo: Lareleve.ma)

Mise à Jour 12/01/13 à 4h43

À l’occasion de l’intervention militaire française, les militants islamistes ont été chassés de Konna, qu’ils avaient capturé plus tôt cette semaine, rapporte l’Associated Presa ce samedi 12 janvier, citant un responsable militaire malien

Le lieutenant-colonel malien Diarran Kone a dit que l’armée ne contrôle pas encore la ville de Konna et que les forces maliennes sont toujours à la recherche des éléments islamistes extrémistes cachés dans la ville.

Pour sa part, un porte-parole du groupe islamiste armée Ansar Dine, Sanda Abou Mohammed, a déclaré à l’agence de presse qu’il ne pouvait pas confirmer si ses combattants étaient encore à Konna parce qu’il n’a plus de communication avec eux depuis vendredi soir.

La France, déjà engagé militairement au Mali, a demandé vendredi dans une lettre au Conseil de sécurité «d’accélérer la mise en oeuvre de la résolution 2085» qui autorise notamment le déploiement d’une force internationale, rapporte l’AFP.

La France apporte depuis ce vendredi une aide militaire à l’armée malienne pour repousser les groupes armés islamistes. Les pays d’Afrique de l’Ouest ont également autorisé l’envoi immédiat de troupes et Washington envisage de soutenir la France dans son intervention au Mali grâce à un appui «logistique» et des drones de surveillance, disant «partager l’objectif» antiterroriste de Paris. «L’armée américaine étudie la possibilité de fournir des renseignements, du ravitaillement en vol et d’autres appuis aux forces françaises au Mali», a déclaré un responsable, sous couvert de l’anonymat.

Pendant ce temps, le président de l’Union africaine et président du Bénin,Thomas Boni Yayi, encore au Canada où il a été reçu le 8 janvier par le premier ministre Stephen Harper, qui lui a signifié le refus du Canada d’intervenir militairement, a déclré le vendredi 11 janvier dans une entrevue à un quotidien de Montréal que, si le Canada n’a peut-être pas l’intention de participer directement à l’offensive militaire au Mali, mais il «ne restera pas insensible à l’évolution rapide des choses».

«Le Canada a prouvé plusieurs fois sa volonté de défendre la démocratie et les droits de l’homme», a-t-il dit, ajoutant « que le premier ministre Stephen Harper l’avait assuré, mardi à Ottawa, «de la disponibilité du Canada pour appuyer le Mali en matière d’aide humanitaire».

Thomas Boni Yayi, a quand même laissé éclater sa joie de voir la France intervenir, déclarant, « je suis aux anges ».

Le Conseil de sécurité a autorisé par la résolution 2085 du 20 décembre dernier l’envoi au Mali d’une force, essentiellement africaine, de quelque 3000 membres. La force d’intervention ne pouvait être prête avant que les puissances occidentales n’aient eu le temps de former et entraîner les soldats des pays d’Afrique de l’Ouest appelés à intervenir sur le terrain mais, entre temps, les rebelles maliens, qui n’avaient pour ainsi dire pas bougé de puis qu’ils s’étaient emparés du nord du Mali il y a neuf mois, sont partis à la conquête du sud du pays, préemtant, pour ainsi dire, l’intervention militaire des pays de la CEDAO.

Le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, a également justifié hier, le vendredi 11 janvier, l’intervention de la France en expliquant que les groupes islamistes armés voulaient y « installer un État terroriste ». « Profitant du délai entre les décisions internationales prises et le moment de leur application, les groupes terroristes et criminels sont descendus vers le sud, leur objectif étant de contrôler la totalité du Mali », a précisé Laurent Fabius.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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